(publié sur mon instagram, le 20 janvier 2024)
Depuis toujours, je ressens tout très fort. Les joies comme les peines. Les moments de solitude, les moments de fête. Je suis dans une sorte d’hypersensibilité constante. Ce qui semble être un détail pour beaucoup, moi, peut me toucher très fort.
Je suis bien souvent l’excès. Je suis bien souvent le trop plein. J’ai la sensation d’être en permanence dans des montagnes russes. D’abord il y a l’ascension. Je ressens une énergie et une motivation sans limites, ce qui me donne l’impressionque je pourrais soulever des montagnes. Je me sens aimée et puissante. C’est dans ce genre de moment que mon esprit va s’agiter et que je vais réussir à donner corps à mon imagination. J’ai mille idées et la brûlante envie de les mettre en œuvre. Et puis il y a la redescente. Où j’étouffe sous la pression. Où je me noie dans le stress de mes envies et de mes ambitions. Dans ces moments-là, je me sens perdue, et j’ai l’impression d’être paralysée. J’ai cette sensation que j’évoque souvent, celle de ne “pas être assez”.
Et dans ces oscillations incessantes, j’ai l’impression parfois que je ne connais que peu la nuance. Soit j’exulte, soit je m’éteins. Qu’il s’agisse de plaisir, de mélancolie, d’amour, de rire, de pensées, de vie. En fait, je déborde toujours. Mais c’est qui fait que je me sens vivante.
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Contexte :
Depuis aussi loin que je m’en souvienne, ça a toujours été dur de gérer l’intensité de mes émotions. J’ai souvent cité Flaubert qui disait “ce qui érafle les autres, me déchire”
Quelles qu’elles soient, elles arrivent bien souvent comme pourrait arriver une tornade. Et on n’arrête pas une tornade. On peut juste apprendre à reconnaître les signes, et à s’en protéger.
J’ai appris à anticiper mais je me laisse quand même encore souvent emporter. C’est juste que, plus j’avance, plus j’apprends à me connaître et à comprendre ce qui va m’apaiser. Et moins je laisse la tornade faire des dégâts.
Je ne peux pas m’empêcher de ressentir mes émotions mais je les canalise en rationalisant, en relativisant, et surtout, en passant à l’action. Quand je touche le fond, c’est précisément là que je rebondis le mieux. C’est là que je me force à créer l’impulsion qui me fera remonter à la surface. En d’autres termes, c’est là que je me bouge le cul.
C’est aussi important pour moi d’accepter cette dualité en moi : on voit souvent mon côté solaire, et c’est vrai qu’il rayonne beaucoup ; mais j’ai aussi ma part d’ombre, et il peut apparaître avec la même intensité.
Mais s’il y a une chose que j’ai appris à me répéter, c’est celle-ci : c’est dans la nuit la plus noire, qu’on apprécie la plus faible des lumières.
Quand je souffre, je me rappelle toujours que l’intensité avec laquelle je ressens la douleur, elle sera la même quand je ressentirai le moindre petit bonheur. Chaque coucher de soleil, chaque nouveau paysage, chaque rencontre, chaque caresse, chaque rayon de soleil sur ma peau, chaque fou rire. Déborder de bonheur, c’est quelque chose vous savez. Et franchement, ne serait-ce que pour ça, je ne changerais rien.

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