(publié sur mon instagram, le 25 janvier 2024)
J’ai souvent dit qu’il me faudrait deux vies au moins : une pour les autres et une pour moi. Mais c’est pas comme ça que ça marche. Et je suis seulement en train de le réaliser.
J’aime profondément les gens. Créer des liens, connecter avec les autres. Et puis aussi cette sensation que me procure une conversation intéressante avec quelqu’un d’intéressant. Je me nourris beaucoup des interactions que j’aies. Mais c’est presque comme une drogue… ça me fait du bien mais c’est pas forcément toujours bon pour moi. Je ressens trop souvent ce besoin de devoir me rendre disponible pour tout le monde. De devoir accorder du temps à chaque personne qui me sollicite. Tellement que je m’oublie. Je fais passer les envies des autres avant les miennes, leurs demandes avant mes besoins. Probablement parce que je cours après ce désir de me sentir aimée et importante. Mais je commence à comprendre que je peux pas accorder mon temps à tout le monde. Que je peux pas vivre pour exister dans la vie des autres. Parce que la vie est précieuse. Parce que le temps est compté.
J’ai des rêves, des envies et des projets à réaliser. Et pour ça, j’ai besoin de temps pour moi, et d’énergie aussi. Je me rends compte aujourd’hui que les personnes qui m’aiment, et qui croient en moi, elles me font pas me sentir coupable quand je suis absente. Au contraire, elles me comprennent et me soutiennent. C’est l’énergie que je choisis. Parce que c’est ma vie, et la vie n’ en a qu’une. C’est trop important. Si on vit pas en pensant à soi, qui le fera pour nous ?
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Contexte
Le fait que je sois sociable et empathique, ça me fait créer beaucoup de liens. Je me sens reconnaissante d’avoir autant de gens autour de moi, qui m’apprécient, qui prennent de mes nouvelles, qui veulent passer du temps avec moi… Mais d’un autre côté c’est beaucoup de pression.
En prenant sans cesse du temps pour les autres, j’ai l’impression de créer des attentes aussi. Mais je ne me sens pas capable de laisser croire à quelqu’un qu’il ne compte pas ou que je m’en fous. J’ai peur que mon absence ou mon indisponibilité donne l’impression que l’autre n’est pas important. Et peut-être aussi me fasse tomber dans l’oubli. Je crois que j’ai besoin qu’on ait besoin de moi en fait. Besoin de me sentir utile, aimée, importante. FOMO (Fear of missing out) en plein dans le mille, ouais.
Presque inconsciemment, je fais tout mon possible pour que ceux qui croisent mon chemin m’apprécient, mais cet effort permanent aspire mon temps et mon énergie, et me fait me sentir mal, inexorablement. Je finis souvent par me sentir coupable ou utilisée, et probablement jamais à la hauteur de l’omniprésence souhaitée.
J’ai souvent écrit que j’allais prendre du temps pour moi et me détacher de ce besoin des autres. Mais cette fois je sais que je suis sur la bonne voie. Partir c’est souvent le meilleur moyen de déconnecter. Et aussi de voir les personnes qui restent dans notre vie. Peu importe la distance et le temps. Choisir les personnes qui nous soutiennent quand on doute et sont heureuses quand on se sent bien.
“It’s not your work to exist for people and give your life to them” disait Anthony Hopkins (dans une longue réflexion que je vous invite à aller lire). Ça m’a foutu une claque. Je suis tombée par hasard dessus, et j’ai pris ça comme un signe. J’ai compris que je ne pouvais plus distribuer mon temps et mon énergie sans limite. Pas pour ne penser qu’à moi, loin de là. J’en serai incapable de toute façon. Mais se mettre en priorité pour créer notre propre vie. Parce que personne ne le fera à notre place.

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