4 – m’attacher

J’ai jamais trop réussi à m’engager réellement, ni voulu je pense.
J’ai toujours beaucoup papillonné.
Toujours eu ce côté très libre et très changeant.
Je me lasse vite et j’ai besoin de nouvelles expériences. 

Du coup ca a toujours été très compliqué pour moi de m’attacher.

Et puis, je crois que j’ai tellement toujours eu peur d’être décue, rejetée, pas aimée, que je me suis construite avec des barrières mentales qui me font toujours ressentir une forme de détachement.
Je crée des connexions, oui. et j’aime beaucoup ça.
Mais pas assez pour laisser les barrières tomber et m’attacher vraiment. 

Pourtant, je vous jure, je brûle d’envie de ressentir des papillons dans le ventre.

Et ça m’est déjà arrivé. De laisser grandir cet attachement, le rendant presque viscéral. Le genre de relation où on plonge à corps perdu. Où on se dit qu’on n’avait pas vraiment connu l’amour avant et qu’on le connaîtra plus jamais comme ça. 

J’ai aimé, vraiment. Je me suis attachée. Très fort.
Et j’ai souffert. Beaucoup.
Et parfois, j’ai peur de ne plus tomber amoureuse. Que ce soit impossible de ressentir quelque chose de si fort, de si intense. Ni même de me laisser le ressentir tout court.
Même si je sais que c’est pas comparable.
L’amour passionnel c’est presque inévitablement toxique. On brûle donc on ressent très fort, oui. Mais on brûle, donc ça nous détruit.
Et je veux plus ça.

Mais j’ai peur que ce qui séduise chez moi ce soit précisément mon détachement. Ce caractère éphémère et insaisissable que je peux avoir. J’ai peur que la conquête de mon coeur soit juste un défi à relever. Alors que moi ce dont je rêve c’est quelqu’un qui soit prêt à conquérir le monde avec moi.

_______________________________________________

Contexte :

J’avais commencé à écrire ces mots quelques semaines avant de publier ce texte sur instagram. Une succession de petites choses, et puis un déclic. Moi qui m’étais toujours un peu dit je ne pourrais jamais réellement m’engager dans une relation de couple, je commençais petit à petit à réaliser que ça pourrait être aujourd’hui quelque chose que j’aimerais beaucoup vivre. Et pour laquelle je pourrais être ouverte. Une relation saine et constructive, avec un coéquipier de choc. Une relation où on rit, on découvre, on cultive le plaisir, on se soutient, on s’inspire, on s’élève. Et ça c’est en grande partie parce que je vivais une romance à distance. Qui aura quand même duré quelques mois avant de s’essoufler (si au début la distance pouvait créer une forme de fantasme de la rencontre, mon détachement a repris le dessus, par l’absence de vrais contacts physiques et la disparition progressive d’un manque idéalisé)

Ceci étant, je crois que j’ai compris à ce moment là, qu’aimer c’est une condition nécessaire pour une relation mais pas forcément une condition suffisante. On peut s’aimer mais s’aimer mal. On peut s’aimer mais ne pas se correspondre. Que même en étant attachés l’un à l’autre, même quand on ressent un amour infiniment puissant, ça ne veut pas forcément dire qu’il est sain ni qu’il est fait pour durer. Parce que l’amour ça se ressent, mais une relation ça se construit. Et il m’aura fallu vivre trois relations avec la même personne pour réaliser ça.

Aujourd’hui, j’ai encore des peurs mais j’évolue, je le sens.
Chaque expérience m’amène un peu plus à comprendre ce que je veux, et ce que je ne veux plus. Je peux dire que j’aimerais réapprendre à faire tomber mes barrières. Sentir que je peux prendre le risque et lâcher prise. Sans attentes, ni pression, j’ai senti à ce moment là, que j’étais à nouveau prête à aimer et à l’être.

Aujourd’hui, c’est toujours un sentiment qui me traverse, même si je m’interroge beaucoup sur les modalités des relations auxquelles j’aspire. Sur ma sexualité, sur la définition de la liberté, sur le polyamour… Mais j’y reviendrai sans aucun doutes sur de prochains textes…

Commentaires

Laisser un commentaire