Auteur : Sarah Byczkowski

  • 2026

    2026

    Premier jour de 2026.

    En un claquement de doigt, 
    une étincelle dans le ciel,
    on passe de la fin au commencement.

    Je réalise combien j’ai appris sur moi
    ces dernières années,
    et plus encore ces derniers mois.

    J’ai longtemps cherché ce qui me ressemblait,
    ce qui me faisait vibrer,
    ce qui me donnait ce sentiment de liberté.

    Et dans cette quête du toujours plus,
    j’ai découvert tellement –
    sur moi, sur les autres, sur le monde.

    Mais je me suis aussi perdue.

    Dans mes excès,
    mes peurs,
    mes doutes,
    mes démons.

    Aujourd’hui, je sais
    qu’il me reste encore beaucoup à apprendre.
    Mais je sens aussi que j’arrive à la fin d’un cycle.

    Comme si j’avais grandi jusqu’ici.
    Comme si j’avais collecté, une à une,
    les pièces qui ouvre le prochain niveau. 
    Comme si ce prochain niveau était devant moi. 

    Il est arrivé le moment d’évoluer
    vers une toute nouvelle version
    de ce que je suis,
    et de ce que je vis.

    Pour 2026, ni résolutions
    ni promesses à tenir.
    Je fais de la place;
    je me laisse de l’espace.
    Pour devenir.

  • quand tout bascule

    quand tout bascule

    Je ne sais pas bien par où commencer. Alors je vais commencer par Bondi.
    Parce que pour moi, Bondi, c’est devenu synonyme de maison. 
    Je me sens connectée à Sydney de manière générale. Mais Bondi, en particulier, me donne ce sentiment de sécurité, ce sentiment de paix que j’ai ressenti dès la première fois que j’y ai mis les pieds.
    J’y ai vécu des moments inoubliables, malgré le monde, malgré le bruit. Y revenir après dix mois, c’est un peu étrange. Revenir là où tout semble identique, mais où tout a changé pourtant. Comme moi. 
    Ce retour c’est à la fois la douceur de retrouver un chez moi, mais la sensation d’être en décalage avec tout ce qui est autour de moi.

    Et alors que, dans ces premiers balbutiements, je me reconnecte doucement avec de nouvelles habitudes, l’impensable arrive. 
    Des coups de feu qui viennent exploser la bulle de candeur de ce dimanche d’été. Je suis à 200 mètres du lieu où ça tire. 
    Je me souviens de ces bruits lourds qui fendent l’air. La musique qui s’arrête, les affaires laissées au sol, les cris des enfants. L’incompréhension qui fait place à la survie. J’ai couru, je me suis réfugiée avec mes amis. J’ai eu peur. Peur pour moi, pour tous ceux que je connais à Bondi, pour l’endroit que j’aime. C’était rapide. C’était brutal. 

    Et depuis, tout est remonté. Le décalage que je ressens depuis mon retour, les anciennes peurs, les doutes, les questionnements, mon corps encore fragile, ma vie bruxelloise laissée derrière moi,… Tout se mélange. Je me sens paralysée. Comme si j’avais appuyé sur pause. Sans savoir encore comment relancer la machine. Aujourd’hui, alors que mon cerveau peine encore à réaliser tout ce qui s’est passé depuis une semaine, j’essaie de comprendre. Comprendre ce qui, dans tout ce méli-mélo de pensées, relève de la guérison, de l’épuisement, de l’intuition, de la peur ou simplement du temps qu’il faut laisser passer.

    _______________________________________________

    Contexte

    Après les évènements qui se sont passés à Bondi ce dimanche 14 décembre 2025, le temps semble s’être arrêté. Je suis passée par plusieurs phases, et je continue de traiter ce tourbillon d’émotions et de pensées que j’ai dans la tête.

    Ces derniers jours, j’ai vu passer beaucoup d’images de Bondi. Des vidéos lumineuses, des mots doux, des hommages. Et je crois que c’est aussi une manière, pour beaucoup, de travailler ce qui s’est passé. Moi, j’avais pas envie de donner l’impression de surfer sur une vague, celle d’un attentat qui a fait de nombreuses victimes et qui nous a profondément affectés. Mais ce que j’ai vécu, et ce que cet événement a réveillé en moi, j’avais besoin de le déposer quelque part.

    Beaucoup de choses sont remontées. Cette sensation brutale que la vie tient à un fil. Que chaque décision qu’on prend a des conséquences. Et que parfois, quand tout se mélange – le choc, le changement, la fatigue, les peurs – ça devient difficile de (re)trouver ses repères.

    Alors voilà, je vous partage ça. Sans conclusion, sans grande leçon, sans phrase inspirante. Juste avec l’envie de déposer quelque chose que je traverse.
    Et peut-être, aussi, de faire écho, à celles et ceux qui ressentent ce flou, sans réussir à trouver les mots.

  • changer d’air

    changer d’air

    Pendant longtemps j’ai pas été heureuse. 

    Pas heureuse, c’est peut-être fort,
    mais disons que j’avais une sensation inconfortable,
    une sensation de vide qui était toujours présente en moi.

    J’avais ce sentiment de pas vivre vraiment. 
    Ou en tout cas de pas vivre ce que j’avais envie de vivre. 
    Tu sais, un peu l’impression de subir.
    En pilote automatique.

    Mes démons et mes traumas,
    j’ai travaillé dessus, je le sens.
    C’est encore présent,
    comme mon hypersensibilité.
    Mais pas de la même manière qu’avant.
    Et pourtant, ça m’arrive encore de ressentir cette dissonance.

    Parfois, on se sent pas bien, on a l’impression de pas avancer,
    et on croit que le problème c’est nous.
    Mais peut-être que le problème c’est pas que nous. 
    Peut-être que cette sensation elle vient aussi
    de l’environnement dans lequel on vit,
    des habitudes qu’on répète,
    des gens qui nous entourent. 

    Parfois, peut-être qu’on a juste besoin de partir. 

    Changer d’air.
    Changer de ville,
    changer de pays,
    changer de routine,
    changer de cercle. 

    Explorer l’inconnu,
    créer de nouveaux liens,
    essayer quelque chose de différent.

    Pour se comprendre.
    Et comprendre ce qui aidera notre développement.
    Comprendre qu’il ne suffit pas juste
    de se changer soi-même,
    mais que changer ce qui nous entoure
    fait aussi partie du processus.
    Ça fait toute la différence.

    _______________________________________________

    Contexte

    Parce qu’évidemment, le bonheur, c’est lié à nous, à notre façon de voir les choses, mais pas que.
    On verra pas une plante grandir et se développer sainement, si le sol dans lequel elle prend racine ou les conditions qui l’entourent ne sont pas faits pour elle…
    Et c’est la même chose pour nous.
    C’est pas simple, ça demande du temps souvent, des remises en question, et puis surtout un apprentissage de soi.

    Quand on a changé sa manière de voir les choses, les gens, le monde, et soi-même, revenir dans des lieux chargés d’anciennes versions de soi, c’est étrange. Les souvenirs, les gens, les habitudes.
    On se retrouve face à quelque chose qui n’existe plus vraiment en nous et qui nous met justement face à nos changements.

    Apprendre à se connaître, c’est aussi ça je crois :
    savoir lire ses ressentis, reconnaître ce qui nous fatigue et ce qui nous élève.
    Comprendre ce qu’on veut, pour mieux discerner ce qui est bon pour nous.

    Dire « ok, j’ai changé », c’est aussi apprendre à dire non.
    Non à certaines habitudes.
    Non à des schémas qu’on répète par confort ou par fidélité au passé.
    C’est pas rejeter ce qu’on a connu,
    mais juste avoir compris que ce n’est plus ce qu’on veut.

  • j’ai arrêté de vouloir plaire à tout le monde

    j’ai arrêté de vouloir plaire à tout le monde

    J’ai passé beaucoup de temps à courir après l’amour, la reconnaissance, la validation des autres.
    Avec ce sentiment profond et destructeur de ne pas être assez.
    J’ai tellement cherché à me rendre disponible pour tout le monde, tout le temps, à entretenir un max de contacts, de relations, d’interactions.
    Pour être sûre d’exister dans la vie des autres, pour être sûre d’exister tout court.
    Que je me suis trop souvent perdue là-dedans.

    Le pire c’est que donner autant d’énergie aux autres, ça m’a toujours fatiguée. Je le savais, je le disais souvent. Sans vraiment réussir à comprendre pourquoi. 
    Mais après tant de fois à me retrouver dans le trop-plein d’interactions, j’ai fini par réaliser. 
    Réaliser à quel point j’avais besoin de solitude, de calme.
    Des moments où personne ne m’attend, où je n’ai rien à donner, rien à prouver. 

    C’est fou comme on peut passer sa vie à chercher à être vu.e, alors qu’en vrai, ce dont on a besoin, c’est de se voir soi-même.

    Petit à petit, j’ai commencé à comprendre que je n’avais pas besoin d’être aimée de tout le monde. Que ce truc de vouloir la reconnaissance, être l’amie de tout le monde, toujours plaire… non seulement ça m’épuise, mais en plus ça m’éloigne de ce que moi je veux, ça m’éloigne de ma vie à moi.

    On se construit avec les autres mais par en fonction des autres.
    Avec les réseaux sociaux aussi, on a fait grandir cette tendance à montrer au lieu de faire, à avoir au lieu d’être, à incarner au lieu d’exister.
    Et je crois que c’est aussi ça finalement tout le propos : c’est d’abord pour nous qu’on vit notre vie.

  • au revoir bruxelles

    au revoir bruxelles

    En mars, je revenais d’Australie.
    Nous voilà en décembre et j’y repars.
    Neuf mois en toi Bruxelles.
    Neuf mois à construire un nouveau morceau de vie.
    Neuf mois comme un symbole ;
    celui d’un cycle,
    celui de la naissance d’une nouvelle version de moi.

    Ces mois passés ici m’ont offert une douceur que je n’attendais pas.
    Bruxelles, tu m’as ramenée à ce qui m’anime.
    Bruxelles, tu m’as fait du bien.
    J’ai trouvé un rythme, un souffle, une façon de me projeter.
    J’ai commencé à m’y voir vivre, à m’y ancrer.
    Et je crois que c’est toujours ça qui rend un départ si particulier :
    quitter une vie en train de se construire.

    Quand j’ai laissé ma vie à Munich en 2023,
    je quittais aussi ce que j’avais construit là-bas.
    Mais c’était différent,
    parce que je savais que c’était terminé.
    Je partais en Australie sans attentes, sans direction précise.

    Et cette première année loin de tout m’a transformée.
    Elle m’a appris qui j’étais, ce que j’aimais, ce que je ne voulais plus.
    Elle m’a offert une clarté intérieure que je n’avais jamais eue. Aujourd’hui, si je repars, c’est avec une intention différente.
    Parce que cette fois, je sais où je veux revenir.
    Je sais que mes projets, mes envies, mon intuition…
    pointent vers toi Bruxelles.

    Alors de nouveau, je ressens cette drôle de sensation :
    celle de mettre sur pause
    quelque chose que j’ai à peine commencé.
    De laisser derrière moi
    des tas de brouillons et de portes ouvertes,
    en espérant que lorsque je reviendrai,
    elles seront encore là.

    Malgré tout cet amour,
    Bruxelles, je pars.
    Parce que je sais,
    parce que je sens
    que je dois le faire.
    Je porte en moi cette vérité ;
    celle qui me dit :
    on ne sait jamais ce qui peut arriver.

    Nos plus grandes convictions,
    nos plans les mieux ficelés,
    ce que l’on croyait vouloir pour toujours ;
    tout ça peut basculer,
    se réinventer,
    renaître autrement.

    Il y a neuf mois, je nourrissais cette volonté
    de revenir à Sydney
    pour y vivre définitivement.
    Aujourd’hui, je me sens ancrée à toi Bruxelles.
    Et c’est dans cet ancrage que je me projette.
    Finalement, la vie n’est-ce pas toujours ce qui se passe ici et maintenant ?

    Je sais qu’il existe toujours quelque part un bouton reset.
    Un imprévu, une rencontre, une intuition, un détour,
    capable de tout changer en une seconde.
    Alors c’est ainsi que je te quitte Bruxelles :
    tu es ma maison, mais je reste ouverte ;
    tu es ma stabilité, mais je reste en mouvement.
    Je sais où je veux aller, mais je sais aussi que tout peut arriver.
    Et peut-être que c’est ça, finalement,
    la plus belle manière d’avancer.

    Au revoir Bruxelles,
    au revoir ma belle.
    Au revoir ma ville
    où le gris rayonne
    où la pluie résonne
    sur tes vieux pavés.
    Si la bière coule à flot,
    l’amour aussi,
    et si ici on a chaud
    c’est parce qu’on rit.
    Je t’ai rencontrée,
    je t’ai aimée
    et même si aujourd’hui je te quitte,
    c’est pour mieux te retrouver ensuite.
    Bruxelles, ne m’oublie pas,
    même au bout du monde,
    je continuerai de parler de toi.

  • actrice de ma vie

    actrice de ma vie

    Je crois que le bonheur c’est pas quelque chose qu’on trouve ;
    c’est quelque chose qu’on crée.
    C’est pas une quête extérieure,
    pas un objectif, 
    pas un état qu’on atteint une fois qu’on a coché toutes les cases.

    Je crois que le bonheur c’est une manière d’être.
    C’est une façon de percevoir les choses ;
    c’est une décision ;
    c’est ce sourire du cœur,
    cette petite voix à l’intérieur qui dit : “je vis” 

    Tous les jours, j’essaie de me rappeler que je suis le personnage principal de ma vie ;
    que c’est moi qui écris mon histoire ;
    moi qui décide surtout comment je réagis aux éléments extérieurs.

    Si quelque chose ne me plaît pas, je le transforme,
    ou je change le regard que je porte dessus,
    ou je pars.
    Mais je refuse de subir.

    J’ai pas envie d’attendre.
    La fin de la journée, le week-end, les vacances, le “bon moment”.
    J’ai pas envie d’attendre de vivre.
    Parce que vivre, c’est pas ailleurs que maintenant.

    Et aujourd’hui, je ressens cette excitation à la fois douce et brûlante.
    Celle de tourner une page pour en écrire une nouvelle ;
    celle de pouvoir créer, essayer, me tromper, recommencer ;

    Me mettre hors de ma zone de confort.
    Parce que c’est là que tout commence.
    Parce que c’est comme ça que je me sens vivante.

    _______________________________________________

    Contexte

    C’est drôle parce que je revendique beaucoup cette idée d’être actrice de ma vie.
    De pouvoir écrire mon histoire, faire mes choix, créer mon bonheur, sortir de ma zone de confort. C’est vraiment quelque chose que j’essaie d’avoir en tête tous les jours, et c’est ce qui me drive dans la plupart de mes décisions.

    Mais la vérité, c’est que j’ai aussi vachement la trouille.
    Parce qu’être consciente que je suis responsable de mon bonheur, ça vient avec une pression énorme : la peur de pas y arriver, de pas faire assez, de me planter, de décevoir.

    Dès que je suis face à l’arrivée imminente du changement, quand je me retrouve à la fin d’un chapitre, juste avant une nouvelle page blanche, je commence toujours à paniquer. J’ai l’impression d’être submergée par tout ce qu’il me reste à faire. Je vois juste l’énorme montagne à gravir, et ça me fait peur. Mais c’est ça le truc : c’est souvent exactement le signe qu’il faut que je fonce.

    C’est un sentiment tellement ambivalent : à la fois une sensation de surpuissance, et en même temps une vulnérabilité immense. En fait, je crois que l’un ne va pas sans l’autre. Sortir de ma zone de confort, ça me fait me sentir vivante, ça me sort de cet espèce de pilote automatique; et ça m’apporte des choses incroyables, ça me donne la sensation de construire la vie que je veux vraiment.
    Mais ça vient toujours avec une forme d’instabilité permanente, c’est angoissant, ça me fait douter de tout.Et pourtant… c’est ce qui rend la fierté encore plus grande au final.

    Parce que quand tu te dis que tu as bien fait de saisir l’opportunité de prendre un risque, quand tu relèves le challenge même si c’est juste le fait d’avoir surmonté ta peur, c’est un sentiment incroyable.
    Genre, tout est possible.
    Et c’est souvent là que tu grandis le plus.

  • j’écris

    j’écris

    (texte déclamé pour la première fois le 21 août 2025 à Bruxelles à la scène ouverte Lost Words)

    J’écris.
    Sans cesse.
    Comme pour capturer l’essence des choses,
    des moments,
    de la vie.
    La pureté des émotions,
    dans leur naissance,
    dans leur spontanéité.

    J’écris comme je respire.
    Je crée comme j’écris.
    C’est une manière pour moi,
    je crois,
    de figer le temps,
    d’en garder une trace.
    Du temps ou de la vie peut-être ?
    Dans son impermanence,
    dans sa fugacité.

    J’écris sur tout.
    Parfois avec sens et raison.
    Souvent dans un chaos,
    me laissant porter,
    sans logique, 
    suivant mes idées et mes ressentis.
    Et mon esprit les met ensuite en musique. 
    Un peu comme un fil rouge,
    qui connecte chaque pièce,
    chaque morceau de pensée, 
    chaque réflexion.

    Ma vie ressemble à ça :
    une succession,
    ou plutôt un empilement, 
    un univers même, 
    de textes.
    Des notes ici et là.
    Des mots éparpillés, 
    des listes,
    des esquisses,
    des diatribes,
    des poèmes,
    des projets.

    Voilà ce qu’est ma vie,
    une maison remplie de brouillons.
    Une maison de mots 
    qui respirent entre les murs.

  • électron libre

    électron libre

    J’ai toujours été un électron libre.

    Je croise des gens, je tisse des liens, je crée des habitudes; et puis la vie m’emmène ailleurs.

    On croit souvent que les relations doivent durer,  qu’elles doivent s’entretenir coûte que coûte.  Que si elles s’essoufflent ou s’éteignent, c’est qu’on a mal fait les choses.
    Mais est-ce forcément le cas ?

    Je crois que chaque relation existe pour ce qu’elle est,  simplement et pleinement, tant qu’elle a du sens. Les gens entrent, sortent, reviennent parfois. Rien n’est figé, tout évolue.

    Il y a évidemment, parmi ce mouvement permanent, des personnes qui restent.  Et que je compte sur les doigts d’une main. Celles avec qui la loyauté n’a pas besoin de preuves ni de messages quotidiens. Une présence parfois discrète, une évidence.

    Mais malgré tout, dans tout ça, je reste ma seule priorité.
    En amour comme en amitié. Parce qu’on fait notre chemin seul·e, même entouré·e.

    Mon cercle change, se transforme, s’étire et se resserre  au gré de mes étapes, de mes voyages, de mes changements intérieurs. Les gens que j’attire ressemblent souvent à ce que je suis au moment où je les rencontre, ou à ce que j’aspire à devenir. Ils reflètent des parts de moi : celles que je découvre, celles que je cultive, celles que je construis.

    Et je crois que c’est ça la beauté des relations : on se nourrit les uns les autres, sans se posséder, et sans rien attendre, simplement en étant là, sur le même chemin, pour une durée indéterminée.

    On se croise, on s’éclaire, on s’inspire,  et on poursuit notre route, avec quelque chose de différent en nous, plus riches, plus lucides, plus fort.e.s.

    _______________________________________________

    Contexte

    Ce texte, il peut sembler détaché.  Mais c’est pas vraiment le cas.
    C’est juste que je vis autrement mon rapport aux autres et ma manière d’aimer.

    J’ai longtemps eu des comportements toxiques dans certaines relations d’amitié trop fusionnelles. Chez moi, l’attachement a souvent rimé avec possession, contrôle, peur de perdre.
    Aujourd’hui, je travaille à créer un attachement plus sain : sans dépendance, sans emprise.
    Dans la bienveillance, le respect, et la liberté de chacun.e.

    Mais je sais aussi que la frontière est fine… entre détachement et distance, entre paix et fuite.
    Inconsciemment, je peux être dans une logique d’auto-sabotage : me détacher avant d’avoir mal, couper le lien avant d’être blessée.
    Comme si mon cerveau se mettait en mode “off”.
    Et je confonds alors ce vide avec de l’indifférence, alors que c’est peut-être juste la peur inconsciente, tapie en moi, qui parle. Mon plus grand défi c’est justement de trouver cet équilibre entre ressentir et lâcher-prise.

    Mais ce texte, c’est aussi une façon de rappeler que les gens qui sont autour de nous, ici et maintenant, ne nous sont pas liés à jamais. Notre entourage évolue en même temps que nous on évolue aussi.
    On attire les gens qui vibrent à la même fréquence que nous, et cette fréquence change.
    S’éloigner, c’est pas forcément trahir. C’est parfois grandir. C’est parfois juste avancer.

    Je pense que c’est ok de dire au revoir à des gens, sans drame, sans rancune, sans culpabilité. Juste parce qu’à ce moment-là, nos vies, nos visions, nos chemins, ne sont plus alignés.

  • l’audace d’être soi

    l’audace d’être soi

    Est-ce que la confiance en soi, ça se juge ?

    Je me suis posée la question quand on m’a dit : ”c’est bien d’avoir de l’ego mais il ne faut pas qu’il soit trop disproportionné” en réponse à vidéo que j’avais postée. Une vidéo de moi qui aime le reflet que le miroir me renvoie.

    Et j’ai trouvé ça marrant. Enfin, entendons-nous, pas drôle, mais interpellant comme réflexion. Et par extension, intéressant à analyser.
    Cette manière subtile de vouloir amoindrir l’estime que quelqu’un a de lui-même. Comme si c’était aux autres de décider où se situe la limite entre s’aimer et trop s’aimer.

    Mais pourquoi faudrait-il s’excuser de se sentir bien dans sa peau ?

    S’affirmer ça fait peur, ça fait parler.
    Si je dis que je me sens bien avec moi-même, que je m’aime, que je me trouve belle, que je suis fière de moi et de ce que j’accomplis, est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’arrogant ?
    Je trouve ça fascinant à quel point la confiance en soi peut être perçue comme une provocation, comme un excès. De fierté, d’ego, de soi.
    Comme s’il fallait toujours doser, mesurer, minimiser.
    Comme si aimer qui on est devait rester discret.
    On nous apprend à être modestes, à ne pas trop briller, à nous faire petits pour ne pas déranger.
    Mais à force de se faire discret, ne finit-on pas par s’éteindre ?

    Avoir confiance en soi, ce n’est pas se croire meilleur.e ou supérieur.e aux autres. C’est simplement reconnaître sa valeur. 
    Sans avoir besoin de la prouver.
    Sans avoir besoin de la faire valider.
    On peut être fier.e de soi sans arrogance, on peut briller sans éteindre personne, s’élever sans rabaisser qui que ce soit.
    Soyons humbles, mais pas modestes.

    Dans le fond, juger la confiance de l’autre, qu’est-ce que ça dit de nous?

    Cette réflexion, elle fait justement écho à des mots que j’écrivais il y a quelques mois à peine.
    A propos de la jalousie.
    La jalousie que j’ai souvent ressentie dans ma vie.
    Pas de manière continue, mais par phases.
    Comme des épisodes brefs mais intenses d’envie envers la vie des autres.
    Quand quelqu’un parlait de ses réussites et affirmait ses qualités avec assurance, ça m’agaçait.
    Ce que je ressentais c’était pas tant de la colère envers les autres, mais envers moi-même. 
    De la frustration. 
    Parce que les gens qui étaient eux-mêmes, qui s’accomplissaient, et qui en étaient fiers, ça me renvoyait à ce que moi je n’osais pas encore faire.

    Et ce n’est qu’en devenant lucide sur ce mécanisme que je reproduisais encore et encore, que j’ai compris une chose essentielle ; cette frustration, elle disparaissait toujours quand je me mettais en action. Quand je créais, quand j’avançais, quand je me bougeais enfin.
    Je n’avais alors plus à envier la lumière des autres puisque j’allumais la mienne.
    Agir, c’est reprendre le pouvoir sur sa vie.

    Aujourd’hui, je me sens alignée, je me sens à ma place.
    Et je n’ai plus ce sentiment agréable quand je vois les gens, autour de moi, briller. Ou en tout cas, plus aussi fort, plus aussi longtemps.
    Au contraire, j’ai envie de leur dire : “rayonnez, foncez, et soyez en fier.e.s”.
    Je ne me dis plus que leur lumière m’éteint ; à l’inverse, elle m’inspire. Et je me rappelle surtout qu’on peut toutes et tous briller en même temps.

    Alors oui, soyons humbles, mais pas modestes.
    Remettons-nous en question, faisons preuve de respect et de gratitude, oui.
    Mais ne minimisons pas nos forces, nos réussites, nos joies.
    Aimons-nous sans limite, parlons de nous sans avoir peur que ce soit perçu comme de la vantardise.
    Brillons.
    Toujours plus fort.
    Et faisons briller les autres avec nous.

  • peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ?

    peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ?

    (j’ai commencé à écrire ce texte dans mon carnet le 19 juin 2025)

    Mais c’est quoi l’amour en fait ?

    L’amour ou l’attirance ? L’affection ? La projection? Ou même le fantasme de ce qui pourrait être ? S’il existe plusieurs amours, comment savoir celui dont on a besoin ?  Celui qui nous correspond le mieux ? N’existe-t-il pas un amour propre à chaque personne ? Et donc par extension, à chaque relation ?

    J’en reviens donc à cette question. Peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ? Amoureusement, passionnément, intellectuellement, tendrement, affectueusement, romantiquement,… De multiples façons ? Relations libres, polyamour… ce sont des notions qui m’ont toujours intriguée, fascinée, interrogée.  Je me disais que c’était probablement le paroxysme du détachement de l’égo dans une relation, mais j’ai longtemps cru que je ne pourrais jamais vraiment vivre ça. Aujourd’hui, j’ai du mal à m’imaginer dans une relation qui soit strictement exclusive.  Pas parce que j’ai nécessairement envie d’aller voir ailleurs – même si l’instinct de conquête est grand chez moi et que cette phase de séduction agit comme un shot de dopamine –  mais parce que je n’ai pas envie qu’on puisse m’en ôter la possibilité.  Parce que la condition essentielle à mon épanouissement c’est l’absence du sentiment de possession. 

    Possession. Un mot fort, oui, et pourtant c’est ce qui caractérise souvent la relation amoureuse exclusive telle qu’on la connaît.  “Je suis à toi”.  La notion d’appartenance y tient un rôle central, en ce qu’elle justifie les limites qu’on lui donne. Dans une relation libre, j’ai l’impression qu’on s’en éloigne. Autant que faire se peut. On aime l’autre en soi, pas pour le sentiment de l’avoir.  On n’a pas les gens, on ne les possède pas, personne ne nous appartient. Même sans mettre d’étiquette, se détacher de ce sentiment nous fait avancer vers une autre vision des rapports. 

    Mais peut-on aimer sans avoir un peu peur de perdre l’autre ? J’ai longtemps cru que l’attachement venait indissociablement avec cette peur. Et pourtant, aujourd’hui je crois qu’on peut aimer dans l’éphémère. Sans penser au futur, en ne projetant pas sans cesse le fantasme d’un avenir fait de potentiels possibles et de désirs illusoires. Juste ici et maintenant. Parce qu’il n’y a que ça qui compte, non ? 

    Alors oui je sais, on peut se demander si c’est réellement désirable ? De ne vivre que dans l’instant présent, dans ce que la relation est, et sans imaginer ce qu’elle sera. Est-ce que c’est juste un attachement sans dépendance ou ce n’est alors au final qu’une certaine forme de détachement ? Je suis dans cet entre-deux permanent à vrai dire. J’ai envie de croire qu’on peut aimer les gens en acceptant qu’ils ne seront pas nécessairement dans notre vie pour toujours. Je sais qu’on a aussi besoin de certitude, de se projeter … Mais c’est peut-être ça le problème ? 

    Moi, je sais que je fais ma vie seule. Peu importe la multitude de relations et d’aventures que j’expérimente, j’ai toujours vécu ma vie seule. Je vis pour moi. Pourtant aujourd’hui je peux le dire : je sais que je suis capable d’aimer intensément, fort, réellement. Mais je ne suis juste pas dépendante d’une relation. J’aime l’idée d’un amour si fort d’une personne qui me complète entièrement, que sa seule présence me suffit. Mais j’aime aussi le fait que plusieurs personnes puissent m’apporter des choses différentes. Que je puisse apprendre et développer à travers elles, des manières différentes d’aimer, de vivre, de penser, de toucher,…

    Alors, peut-être qu’au fond, la question n’est pas vraiment “peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ?” mais plutôt “comment choisir d’aimer ?”. Que l’important ce n’est pas de décider entre l’éphémère ou l’éternel, mais simplement d’accueillir ce qui se présente à nous. Chaque rencontre est unique et devient une nuance singulière qui n’efface pas les autres mais les enrichit.  L’amour comme un paysage à traverser, sans cesse mouvant, toujours à redécouvrir.

    Aimer, selon moi,  c’est accepter l’impermanence sans renoncer à l’intensité.  C’est savoir que rien ne nous appartient et pourtant s’abandonner pleinement. Alors oui, on peut aimer plusieurs personnes à la fois … parce qu’on ne divise pas l’amour, on le multiplie.  Et peut-être qu’au fond, la seule fidélité qui compte est celle que l’on se porte à soi-même. Parce que l’amour n’a pas une seule forme, ni une seule vérité. Il se réinvente dans chaque relation, dans chaque rencontre, dans chaque instant. 

    Je crois profondément qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’aimer, tant que l’on est sincère. Avec soi-même et avec l’autre. On peut aimer plusieurs personnes à la fois, mais différemment. On peut aimer dans l’éphémère ou dans la durée. L’amour est multiple, mais unique à chaque fois. 

    Et c’est peut-être là que réside la seule certitude :
    aimer, c’est vivre.