Auteur : Sarah Byczkowski

  • la musique pour adoucir les mƓurs

    la musique pour adoucir les mƓurs

    (publié sur le journal de sarah, le 12 janvier 2017)

    « La musique chemine en nous, c’est une grĂące de se laisser toucher par elle. Je crois volontiers qu’elle adoucit nos cƓurs et nos humeurs »

    Les heures silencieuses – GaĂ«lle Josse

    Avez-vous dĂ©jĂ  ressenti cette sensation, Ă  la fois Ă©trange et enivrante, que vous procure une chanson dĂ©crivant, avec une exactitude dĂ©concertante, les Ă©motions qui vous traversent au moment prĂ©cis oĂč vous l’écoutez ? Pendant un instant oĂč le temps semble suspendu, vous avez l’impression que vos sentiments les plus profonds ont inspirĂ© cette musique qui rĂ©sonne dans vos oreilles et dans votre cƓur. Juste comme si elle reflĂ©tait parfaitement l’essence de votre Ăąme
 Je suis certaine que cet instant, vous l’avez dĂ©jĂ  vĂ©cu au moins une fois dans votre vie (dans le cas contraire, je suis sĂ»re Ă  99,99% (toujours se laisser une marge d’erreur, on sait jamais) de pouvoir trouver LA chanson qui vous fera frissonner). En tout cas, moi je l’ai dĂ©jĂ  ressentie cette sensation, et pas qu’une fois.

    Un voyage intérieur aux confins de notre ùme

    La musique et moi, c’est une grande histoire d’amour. Aussi loin que je m’en souvienne, je l’ai toujours aimĂ©e, et je dois dire qu’elle me le rend bien, elle qui ne me déçoit jamais. C’est vrai, la musique ne fait pas 1m90, n’a ni barbe, ni tablettes de chocolat, mais elle n’en a pas besoin pour rĂ©ussir Ă  me sĂ©duire Ă  tous les coups (j’allais dire pour rĂ©ussir Ă  me faire du bien, mais j’aurais peut-ĂȘtre poussĂ© un peu trop loin le double sens). Elle m’accompagne dans tous les moments, du matin au soir : en me rĂ©veillant, en m’endormant, en travaillant, en lisant, en faisant du sport, quand je suis triste, quand je suis heureuse, quand j’ai besoin de rĂ©flĂ©chir 
 Je pense que tous les prĂ©textes sont bons pour Ă©couter de la musique. C’est bien lĂ  que se trouve toute sa beautĂ© : nul besoin de compĂ©tence particuliĂšre pour en profiter, elle s’offre Ă  nous sans barriĂšre, sans jugement, sans prĂ©tention. Au mĂȘme titre que les autres formes d’arts que sont par exemple la peinture, l’écriture, la danse ou encore le cinĂ©ma, la musique a cette facultĂ© de nous transporter, de nous faire voyager infiniment loin et en mĂȘme temps si prĂšs, au plus profond de nous-mĂȘmes. Qu’elle soit une mĂ©lodie avec ou sans paroles, vive ou douce, la musique nous entraĂźne, transperce notre Ăąme, exalte nos sens, bouleverse notre esprit, retourne notre cƓur, et ce dans une indescriptible puretĂ©. Vous savez, j’ai pour habitude de dire qu’il est important d’ĂȘtre Ă  l’écoute de nos Ă©motions, mais, contrairement Ă  ce que l’on pourrait croire, parfois il nous est difficile de comprendre ou de mettre des mots sur ce que l’on ressent. La musique nous aide Ă  traduire ce qui peine Ă  sortir de notre bouche. Pour reprendre Wagner, la musique commence lĂ  oĂč s’arrĂȘtent les mots, mais plus encore, s’exprimer en chanson plutĂŽt que par la simple parole peut souvent ĂȘtre le moyen d’extĂ©rioriser ce que nous avons au fond de nous. Les dĂ©clarations, qu’elles portent sur l’amour, la tendresse, l’amitiĂ©, la dĂ©ception, les regrets
 demandent Ă  la fois tant de naturel et tant de rĂ©flexion, qu’il est souvent difficile de dire Ă  quelqu’un toutes les choses auxquelles nous pensons Ă  l’instant prĂ©cis oĂč nous sommes censĂ©s les dire (et gĂ©nĂ©ralement tout ce qu’on aurait voulu dire nous revient mais aprĂšs, quand on a rejouĂ© la scĂšne une dizaine de fois dans notre tĂȘte
 c’est toujours comme ça que ça se passe on le sait bien). Utiliser une chanson (une belle lettre ça peut aussi marcher, c’est mon cĂŽtĂ© old school ça) pour transmettre un message, c’est peut-ĂȘtre ça la solution 
 Je sais ça parait bĂȘte mais il y a une telle force dans certaines paroles, une telle exactitude, une telle magie, qu’il serait dommage de ne pas en user pour communiquer. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ça qui est merveilleux. Comme l’amour, la musique est un langage universel. Alors, si les mots viennent Ă  vous manquer pour exprimer ce que vous ressentez, dites-le en chanson.

    « La musique est en moi. Je la sens partout Ă  la fois. Serait-elle un fluide mystĂ©rieux douĂ© d’ubiquitĂ© ou un philtre magique que l’ouĂŻe absorbe pour la dispenser dans toutes les cellules et nous apporter l’évasion ? »

    HĂ©cate – Anne Bernard

    Un chemin vers la diffĂ©rence et l’ouverture Ă  l’autre

    Je ne pense pas qu’on puisse dire que nos choix en matiĂšre de musique reflĂštent notre personnalitĂ©. En soi, ce serait un raisonnement un peu rĂ©ducteur : nous ne pouvons pas extrapoler ce que pense ou ce qu’est une personne uniquement en regardant ce qu’elle Ă©coute, ce serait clairement de la catĂ©gorisation hĂątive (une catĂ©gorisation est par essence hĂątive en fait, Ă©tant donnĂ© qu’elle ne s’attarde pas sur les dĂ©tails, pourtant essentiels). Vous savez, c’est dire par exemple que celui qui Ă©coute du rap est forcĂ©ment une racaille ou que celui qui apprĂ©cie la musique classique est clairement un gros bourge. Contrairement Ă  ce que beaucoup croient, les genres musicaux ne sont pas des catĂ©gories exclusives rĂ©servĂ©es chacune Ă  un public homogĂšne et bien dĂ©fini. Par contre, je pense que le rapport Ă  la musique peut nous en dire long sur nous-mĂȘmes. J’ai pour habitude de dire que la musique est comme la gastronomie. Un grand chef Ă©veille ses papilles Ă  tous les goĂ»ts. Il tente de dĂ©couvrir encore et toujours de nouvelles saveurs, de nouvelles textures, de nouvelles associations. Il goĂ»te sans a priori et apprend Ă  apprĂ©cier cette multitude d’arĂŽmes diffĂ©rents, s’ouvrant Ă  de nouvelles cultures, de nouvelles visions, de nouvelles idĂ©es. Eh bien, voyez-vous, je pense que c’est exactement la mĂȘme chose avec la musique. Il existe tant de styles, tant de sons, tant d’instruments, tant de voix, tant de rythmes diffĂ©rents, qui ne demandent qu’à ĂȘtre explorĂ©s. Ne pas avoir peur de sortir de sa zone de confort, de ses prĂ©conceptions, de ses certitudes, de ses habitudes et ne cesser d’apprendre de nouvelles choses, voilĂ  ce que la musique peut nous inspirer dans nos vies. DĂ©couvrir une nouvelle sonoritĂ©, c’est comme rencontrer une nouvelle personne : avant de juger si nous l’apprĂ©cions ou non, il faut Ă©couter ce qu’elle a Ă  nous raconter, comprendre son histoire, dĂ©celer ses aspĂ©ritĂ©s, la voir Ă  travers diffĂ©rents aspects, y compris ceux qui sont cachĂ©s. Évidemment, s’il y a des fois oĂč ça collera du premier coup, il y en a d’autres oĂč ça ne nous plaira pas. Mais cela ne doit pas nous Ă©loigner de cette notion fondamentale qu’est le respect. Comme je disais, notre rapport Ă  la musique peut reflĂ©ter, voire influencer notre rapport au monde :  apprendre Ă  apprĂ©cier ce qui est diffĂ©rent et nouveau, plutĂŽt que de se complaire dans ce qui nous semble familier.

    « La musique mĂ©rite d’ĂȘtre la seconde langue obligatoire de toutes les Ă©coles du monde »

    Paul Carvel

    Un refuge pour le cƓur et l’esprit

    Telle une force qui m’anime et en laquelle je porte une foi sans borne, la musique est ma religion. Et comme tout bon croyant, j’ai l’intime conviction qu’elle peut transformer le monde en un endroit plus beau, et faire de nous de meilleures personnes. Attention je ne suis pas naĂŻve, je ne crois pas que les atrocitĂ©s de ce monde puissent ĂȘtre effacĂ©es par le simple pouvoir de la musique pour laisser place Ă  la paix universelle (ça pourrait inspirer un discours de Miss France ça nan ?). Par contre, je crois sincĂšrement que la musique peut nous apaiser, rendre plus supportables ces moments dans notre vie oĂč rien ne semble aller, ces moments de doute, de peur, de crise, de perte, de tristesse. Ce n’est pas pour rien que nous aimons tant capturer ces extraits de chansons, si justes, si reprĂ©sentatifs de nos pensĂ©es et sentiments. Comme si nous cherchions dans les paroles, des rĂ©ponses, des solutions, pour nous aider Ă  faire face Ă  nos Ă©motions, au-delĂ  de simplement les exprimer. Cela nous renvoie inĂ©vitablement Ă  nous-mĂȘmes et Ă  notre dĂ©sir profond de ne pas ĂȘtre seul : Ă©couter ces mots qui rĂ©sonnent dans la bouche d’une autre personne, comme pour nous rassurer sur le fait que nous ne sommes pas les seuls Ă  les Ă©prouver, ces Ă©motions qui nous transpercent le cƓur. Il suffit parfois d’une voix, d’une mĂ©lodie, pour nous accompagner et nous soulager. C’est ce que j’appelle le pouvoir invisible et infini de la musique.

    « La vĂ©ritĂ©, c’est qu’il y a des moments dans l’Histoire, des moments comme celui que nous vivons, oĂč tout ce qui empĂȘche l’homme de dĂ©sespĂ©rer, tout ce qui lui permet de croire et de continuer Ă  vivre, a besoin d’une cachette, d’un refuge. Ce refuge, parfois, c’est seulement une chanson, un poĂšme, une musique, un livre »

    Éducation europĂ©enne, Romain Gary

  • #7 – Une annĂ©e en BaviĂšre

    #7 – Une annĂ©e en BaviĂšre

    (publié sur le journal de sarah, le 20 août 2022)

    le contexte

    […]

    le texte

    Assise sur mon siĂšge, je peine Ă  Ă©tendre mes jambes, sous la climatisation beaucoup trop forte d’un Flixbus arrĂȘtĂ© Ă  Karlsruhe. Quelques relents nausĂ©abonds se font sentir dĂšs que quelqu’un ouvre la porte des toilettes. MĂȘme le parfum puissant de ma menthe poivrĂ©e n’y fait rien. Alors que le jour se couche presque, j’ai dĂ©cidĂ© de taper quelques mots sur le clavier de ma tablette. Le bus a repris sa route, rendant cette tĂąche encore plus ardue qu’elle ne l’était dĂ©jĂ , au vu du peu d’espace disponible devant moi. Je regarde le paysage Ă  travers la vitre dĂ©corĂ©e de traces de doigts, la musique rĂ©sonnant dans mes Ă©couteurs. Contre toute attente peut-ĂȘtre, je me sens bien. Certainement une bonne allĂ©gorie de ces derniers mois de ma vie. Dans l’instabilitĂ© incessante, j’ai trouvĂ© une forme d’équilibre dans laquelle je suis heureuse. Ça a pris du temps et de l’énergie. Ça a demandĂ© des efforts, des remises en question et des doutes. Mais je peux dire que j’ai un regard positif sur ma vie. Elle est trĂšs agrĂ©able quand mĂȘme, je m’en rends compte. Les petites vagues d’émotions nĂ©gatives, les petits dĂ©tails du quotidien qui me touchent plus que de raison, les moments de vide, je ne les sens plus. Ou en tout cas, ils sont moins frĂ©quents, moins longs, moins forts. C’est ce qui explique notamment mon absence sur ce journal. Je l’avais dĂ©jĂ  dit ici, quand je me sens bien, je n’écris pas. Je vis. J’avance.

    Une année de changements

    Ça va faire bientĂŽt un an que je suis arrivĂ©e en Allemagne. Un an que j’ai commencĂ© cette nouvelle vie ici. Presque naturellement, je ressens le besoin de faire le bilan. Vous savez les cycles de la vie, tout ça. Revenir sur mes dĂ©buts ici, sur les milles Ă©motions diffĂ©rentes qui m’ont habitĂ©e, sur la personne que je suis devenue en une pĂ©riode qui semble si courte et si longue Ă  la fois. Mon histoire d’amour, celle qui m’a menĂ©e ici, m’a suivie pendant de longues semaines, me donnant le sentiment, comme le ressentent tous les cƓurs brisĂ©s et déçus, de ne jamais pouvoir m’en remettre. De ne jamais pouvoir oublier chaque moment, chaque mot, chaque sourire. Ou de ne pas savoir comment faire pour y arriver. Et puis un jour, sans crier gare, ce sentiment disparait. Un dĂ©clic, un instant, dont on ne se rend mĂȘme pas compte. Comme la bougie qui s’éteint quand elle n’a plus d’oxygĂšne. C’est une douce sensation. Une fois de l’autre cĂŽtĂ©, c’est fini, on ne se retourne plus. Je ne me souviens plus du moment prĂ©cis oĂč c’est arrivĂ©. Mais celui oĂč j’ai su, oui. Et une fois libĂ©rĂ©e de la rancƓur, quand les souvenirs ne sont plus des chambres tristes, mais juste des chapitres clos d’un livre oĂč il reste tant Ă  Ă©crire, la vie prend une toute autre tournure. Le fait d’ĂȘtre ici ne me faisait plus penser Ă  cette relation, elle n’en dĂ©pendait plus. J’ai construit ma vie Ă  travers chaque personne rencontrĂ©e, chaque lieu visitĂ©, chaque moment vĂ©cu. Mes expĂ©riences, mes rires, mes dĂ©couvertes, mes dĂ©ceptions. Cette aventure, je l’ai faite mienne. Et j’en suis si fiĂšre

    La douceur de l’étĂ©

    Je dois dire que depuis mai, ma vie a Ă©tĂ© un voyage continu. J’ai beaucoup bougĂ©. Tout a commencĂ© avec mon retour en Belgique, il m’a fait du bien, vraiment. Je revenais aux sources, mais j’étais devenue une nouvelle personne. Une autre approche de vie et certainement moins de barriĂšres. Je me suis sentie tellement bien que ça m’a donnĂ© envie de revenir dans ma ville Ă  peine un mois aprĂšs, me laissant profiter d’un pĂ©riple dans le nord de l’Italie entre les deux. Cette annĂ©e a marquĂ© le retour du Doudou, ce qui a rendu toute particuliĂšre cette Ă©dition Ă©videmment. Mais au-delĂ  de ça, c’était une annĂ©e spĂ©ciale pour moi car je cĂ©lĂ©brais Mons sans plus y vivre. Et quel sentiment incroyable de se sentir tant entourĂ©e, tant considĂ©rĂ©e par toutes ces personnes que j’apprĂ©cie et qui ont jalonnĂ© mon chemin. Je suis maintenant si loin et je me suis pourtant sentie si proche. A partir de lĂ , j’ai senti une transformation en moi. J’éprouvais de moins en moins le besoin d’accumuler les amitiĂ©s superficielles, d’ĂȘtre de toutes les fĂȘtes. J’ai ressenti que je n’avais plus besoin de ça pour me sentir appartenir Ă  l’endroit oĂč je vis, pour me sentir chez moi. Je ne dis pas que mon besoin d’ĂȘtre reconnue et aimĂ©e a disparu, mais il ne guide plus mes actions et pensĂ©es. Evidemment il est normal qu’à mon arrivĂ©e, je voulais trouver ma place dans ce nouvel environnement. Mais au bout d’un moment, on sent que certaines affinitĂ©s se dĂ©veloppent plus que d’autres. Je ne recherche plus la quantitĂ©, mais j’essaie plutĂŽt de passer des moments de qualitĂ© avec les gens que j’aime. Et parfois mĂȘme, je prends du temps rien que pour moi. Waouh. Vous savez cette peur de manquer quelque chose, de ne pas ĂȘtre partout Ă  la fois, de ne pas exister continuellement dans l’esprit des gens ? Je ne la ressens plus vraiment en ce moment. Parce que ma vie, telle qu’elle Ă©volue, me plait. Peut-ĂȘtre pas tout Ă©videmment, la perfection n’existe pas. Mais j’aime le rythme et la direction qu’elle a pris.

    Un nouvel équilibre à challenger

    C’est dans mon jardin en Belgique que j’écris ce dernier paragraphe. Sous le soleil brĂ»lant que ma peau apprĂ©cie particuliĂšrement. Je me pose un instant. Je prends une grande inspiration. Je me sens bien. Je me sens chanceuse. Une annĂ©e, c’est court et en mĂȘme temps tellement de choses peuvent s’y passer. Chaque choix que j’ai fait m’a menĂ©e lĂ  oĂč je suis, m’a menĂ©e Ă  celle que je suis. Une annĂ©e, dans un nouvel environnement, c’est peut-ĂȘtre le temps qu’il faut pour s’y acclimater en fait. Trouver ses marques. Et ce nouvel Ă©quilibre fragile. Je pourrais me contenter de cette espĂšce de zone de confort que j’ai rĂ©ussi Ă  crĂ©er. Mais la vie, non exempte de ma propre volontĂ©, en a dĂ©cidĂ© autrement. Une annĂ©e Ă  me balancer entre Augsburg et Munich, Ă  chercher de la stabilitĂ© entre deux vies diffĂ©rentes, Ă  apprendre Ă  concilier toutes mes habitudes ici et lĂ . J’ai fini par me sentir un peu chez moi aux deux endroits, mais jamais totalement. Vous le savez, mon cƓur a toujours dĂ©sirĂ© poser ses bagages Ă  Munich. Pourtant, je m’étais finalement bien habituĂ©e Ă  Augsburg. Ma nouvelle colocataire dĂ©barquĂ©e en mars y est certainement pour beaucoup. Elle m’a donnĂ©e l’envie de prendre le temps de vivre dans cette ville, elle m’a aidĂ©e Ă  ne plus me sentir Ă©trangĂšre, et Ă  apprĂ©cier les moments passĂ©s et les rencontres faites ici. Il en aura fallu du temps, mais oui, je me suis vraiment sentie chez moi. D’ici peu, une nouvelle vie Ă  Munich m’attend. RecrĂ©er des repĂšres, des habitudes, et par-dessus tout modifier quelque peu l’équilibre que j’avais trouvĂ©, la zone de confort dans laquelle je m’étais lovĂ©e. Ça pourrait me faire peur oui. Mais en mĂȘme temps, je trouve ça terriblement excitant. Rien que de penser Ă  toutes les nouvelles choses que je vais vivre, toutes les surprises qui vont jalonner Ă  nouveau cette prochaine annĂ©e en BaviĂšre, ça me remplit de joie. Ça me donne des papillons dans le ventre. AprĂšs tout ce temps, j’ai enfin acceptĂ© de vivre avec l’incertitude de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Je ne sais pas vraiment ce qui m’attend, ni ce dont j’aurais envie. Mais je sais que ce sera bien. Parce que je l’ai dĂ©cidĂ©. J’ai choisi de profiter de ces instants que je n’aurais jamais pensĂ© vivre il y a quelques annĂ©es. J’ai choisi de faire confiance aux opportunitĂ©s de la vie. J’ai choisi de me faire confiance.

    le mot du présent

    […]

  • #6 – A la recherche d’un Ă©quilibre

    #6 – A la recherche d’un Ă©quilibre

    (publié sur le journal de sarah, le 4 avril 2022)

    le contexte

    […]

    le texte

    J’ai commencĂ© Ă  Ă©crire ce texte, ou en tout cas quelques bribes, en fĂ©vrier. Mais le temps est passĂ© et je l’ai laissĂ© dans un coin de ma tĂȘte et de mon ordinateur, me disant que je le continuerai plus tard. Ce qui a finalement mis du temps Ă  arriver. On est en avril. Oups. Au vu de ce qui se passe dans le monde, le fait que j’oublie de publier sur mon journal pendant plus d’un mois reste finalement un Ă©vĂšnement relativement peu intĂ©ressant, soyons honnĂȘtes. Je n’ai pas forcĂ©ment Ă©prouvĂ© le besoin d’écrire durant ces derniĂšres semaines, prĂ©fĂ©rant le tumulte d’une vie Ă  cent Ă  l’heure. Et puis, me revoilĂ . AprĂšs tout ce temps. Face Ă  mon Ă©cran. Cherchant le calme et mes mots. Ça fait du bien de se poser et de poser mes pensĂ©es par Ă©crit. J’ai beaucoup de choses Ă  dire je crois. Tout est assez fou en ce moment, et ce qui m’anime, plus encore que d’habitude, c’est la recherche d’un Ă©quilibre. A chaque instant. Dans chaque domaine de ma vie.

    Augsburg. Alors que j’aime cette ville, j’ai parfois l’impression d’ĂȘtre arrivĂ©e au bout d’une histoire. Et quelle histoire. Ce lieu, ce n’était pas mon choix et pourtant, je ne regrette pas une seule minute d’ĂȘtre venue ici. J’y ai rencontrĂ© des personnes qui comptent beaucoup pour moi. Augsburg, c’est la famille, c’est le calme (enfin, quoique quand je pense Ă  certains Ă©pisodes de la vie qu’on mĂšne ici avec mes amis, je dirais que ça ne l’est pas toujours), c’est les repĂšres, c’est le home sweet home.

    Et puis, il y a Munich. C’est plus grand, et ça bouge beaucoup plus. J’aime tellement son Ă©nergie. Je m’y sens inspirĂ©e, je m’y sens vivante, je m’y sens forte. LĂ  aussi j’ai rencontrĂ© des gens que j’apprĂ©cie beaucoup et avec qui je passe des moments super. J’aime la personne que je suis quand j’y suis.

    Le problĂšme c’est les 65 km entre ces deux villes. Les trajets c’est pas toujours faciles. En soi ce n’est que 40 minutes en train, ok. Mais parfois c’est lourd. La plupart du temps je reste quelques jours Ă  Munich quand je viens. J’ai de la chance de connaitre des gens adorables qui m’hĂ©bergent. C’est pratique. Oui. Mais c’est pas le mieux non plus. Le paradoxe, c’est que je me sens chez moi Ă  deux endroits. Et si pour l’instant, j’arrive Ă  jongler plus ou moins entre les deux, je sais que la situation ne pourra pas ĂȘtre viable ad vitam eternum. A terme, je sais que j’aimerais m’installer Ă  Munich. Mais ça veut dire que je devrai renoncer au confort de mon appartement actuel (j’ai la chance de payer un loyer raisonnable, d’avoir une super coloc et d’ĂȘtre extrĂȘmement bien situĂ©e en centre-ville, pas sĂ»re de retrouver ça aussi facilement Ă  Munich). On sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on trouve, c’est certain. Et puis choisir, c’est renoncer. Un peu. Si je pars Ă  Munich, quelle relation garderai-je avec Augsburg ? Mes amis, mes habitudes, ma vie ici
 tout ça me manquera indĂ©niablement. Mais on verra ça plus tard. Le moment venu.

    Munich, c’est aussi le lieu oĂč je travaille. Enfin, oĂč j’ai dĂ©cidĂ© de travailler. Initialement, je travaillais dans des bureaux au milieu des champs Ă  Dachau. Mais sans voiture (plus besoin de vous expliquer mon fameux accident 3 semaines aprĂšs mon arrivĂ©e ici), forcĂ©ment c’est moins accessible. Augsburg-Munich par contre c’est plus simple, en train ça se fait bien, et puis ça me permet de vivre ma vie lĂ -bas aussi. Je travaille dans le service client pour le marchĂ© francophone d’une boite d’impression photo (myposter, je suis corporate donc je vous invite Ă  aller voir le site 😉 ). Pas le salaire le plus Ă©levĂ© que je pourrais avoir, ni les tĂąches qui me procurent le plus de responsabilitĂ© et de stimulations intellectuelles, soyons clairs. Mais j’aime l’ambiance de cette boite. C’est pas partout qu’on peut se servir dans un Ă©norme frigo rempli de biĂšres Ă  chaque Feierabend, voire mĂȘme faire un beer pong au bureau (histoire vraie). La hiĂ©rarchie est assez plate, je rigole bien avec mes collĂšgues, c’est jeune, c’est dynamique, c’est trĂšs start-up. Jusqu’ici j’étais tout le temps en tĂ©lĂ©travail, hormis une ou deux fois par semaine oĂč je me rendais dans les bureaux de Munich. Ce qui fait que j’organisais mon temps comme bon me semblait. Se lever Ă  7h15, commencer le travail Ă  7h30 et terminer Ă  16h30, pour profiter du reste de la journĂ©e comme je le veux, c’est le top. Mais, le covid devenant de moins en moins une contrainte, on dĂ©laisse progressivement le tĂ©lĂ©travail. Pas totalement, mais il n’est plus la rĂšgle. Évidemment tout ça remet un peu en question cette organisation spontanĂ©e que j’avais jusqu’à prĂ©sent. Je suis un peu dans un moment charniĂšre oĂč l’équilibre que j’avais trouver jusqu’à prĂ©sent est mis en pĂ©ril. Ce qui, Ă©videmment, gĂ©nĂšre pas mal de stress. Heureusement, cette pĂ©riode correspond aussi Ă  de gros changements dans ma maniĂšre de vivre. La fĂȘte, la biĂšre et la nourriture riche (trĂšs riche), c’est ce qui rime mon quotidien depuis que je suis ici. Alors ça fait plaisir, j’aime bien vivre, mais l’excĂšs ne peut durer qu’un temps. Mon corps me fait sentir que j’atteins quelques limites. J’ai dĂ©cidĂ© de me reprendre en main. De prendre plus de temps pour moi, pour me reposer. J’ai repris le sport (mĂȘme si le covid m’a laissĂ©e avec des poumons qui suffoquent dĂšs que je tape un sprint pour ne pas louper mon train) et une alimentation Ă©quilibrĂ©e (sans sucre, ce qui veut dire avec moins d’alcool
 je l’écris ici pour en faire une garantie que je vais tĂącher de respecter). Vous savez ce qu’on dit : un esprit sain dans un corps sain.

    Et en parlant de corps justement, ça me donne envie d’évoquer les relations (Sarah, pro des transitions ou pas?). Je me rends compte que j’en parle souvent pour quelqu’un qui disait prĂ©cisĂ©ment ne pas vouloir trop en parler, non ?

    C’est parce que, mĂȘme si je vis Ă  sent Ă  l’heure, ça reste indĂ©niablement un sujet qui occupe mon esprit. Mais j’ai envie de parler de mon rapport aux autres, et ce dans toutes les relations. Les rencontres, qu’elles soient amicales ou plus, sont un vĂ©ritable moteur pour moi. Je sais que je me nourris de mes interactions avec les gens et, surtout, des liens que je crĂ©e. « Sarah, tu connais tout le monde ! » C’est une phrase que j’entends souvent et on en rigole beaucoup. J’écris ces mots sans prĂ©tention. Je sais juste qu’en effet j’aime beaucoup dĂ©velopper mon rĂ©seau. C’était dĂ©jĂ  le cas en Belgique, et en 7 mois ici en BaviĂšre, c’est la mĂȘme chose. Au-delĂ  de ma sociabilitĂ©, j’ai besoin de ces interactions avec les gens. Beaucoup de gens. J’aime tisser ces connexions. Alors Ă©videmment, je ne peux pas entretenir une relation forte avec tout le monde (ce serait tout bonnement impossible). Mais en crĂ©ant ces liens autour de moi, je me sens spĂ©ciale. Je me sens nourrie dans mon besoin de reconnaissance et d’amour. Mais parfois je ne peux empĂȘcher mes dĂ©mons de ressortir. La jalousie, l’envie, la compĂ©tition et la volontĂ© d’ĂȘtre la meilleure, d’ĂȘtre celle qui brille. Parfois, ces sentiments s’emparent Ă  nouveau de moi et me font croire, encore, que ma vie n’est pas « assez », que je ne suis pas « assez ». En amitiĂ©, je ressens tellement que je suis moi-mĂȘme Ă©tonnĂ©e parfois de m’attacher si peu d’un point de vue amoureux, ou Ă  tout le moins romantique. Vraiment. AprĂšs quelques rendez-vous – souvent jamais plus de trois sauf exception – je n’y arrive plus. Une part de lassitude, certainement. Mais surtout, je me sens obligĂ©e, oppressĂ©e, comme si l’homme que j’avais en face de moi Ă©tait dans une sorte d’attente (rĂ©elle ou prĂ©sumĂ©e). D’un cĂŽtĂ© je n’ai pas envie de m’impliquer plus, de m’investir, de prendre plus de temps pour lui, et de l’autre je me sens mal rien qu’à l’idĂ©e de pouvoir faire du mal Ă  quelqu’un (ne serait-ce qu’à son ego). Et dans ce paradoxe Ă©motionnel, je finis toujours par prendre la voie de la fuite. C’est drĂŽle parce que parfois, et parfois seulement, je me dis qu’il serait doux d’aimer quelqu’un. De ressentir Ă  nouveau ce frisson, ces papillons, ce feu. Mais en mĂȘme temps, j’aime ĂȘtre un Ă©lectron libre. J’aime ces moments de jeu, de sĂ©duction, de sensualitĂ©. Ce n’est peut-ĂȘtre pas incompatible en soi. Je ne sais pas trop. Souvent c’est compliquĂ© pour moi de savoir ce que je veux ou ce que je ne veux pas.

    Sur ces mots, je vous avoue que je ne sais pas trop quelle conclusion apporter Ă  tout ça. C’est aussi difficile d’écrire cette fin que de trouver l’équilibre dont j’ai parlĂ© tout au long de ce texte. A vrai dire, ce qui est particulier avec lui, c’est qu’il est toujours Ă©phĂ©mĂšre. A chaque changement, aussi infime soit-il, il peut-ĂȘtre remis en question. C’est un Ă©tat de stabilitĂ© entre deux forces qui s’opposent, et l’harmonie qui en dĂ©coule peut vite s’écrouler. Et c’est encore une fois un paradoxe qui me dĂ©finit bien : je cherche un simulacre de stabilitĂ©, tout en la fuyant en mĂȘme temps. Je veux que ça bouge, je veux vivre mille choses Ă  la fois, je veux tout. Mais en mĂȘme temps, dĂšs que ça arrive, prĂ©cisĂ©ment, je me noie et cherche de nouveau Ă  retrouver un certain Ă©quilibre. Je suis une Ă©ternelle insatisfaite, comme si je ne pouvais jamais me contenter de ce que j’ai ici et maintenant. Il faut que je mette moins de pression je crois. Accepter aussi les moments oĂč je ne vis pas Ă  cent Ă  l’heure, accepter que la vie est une succession d’étapes et qu’il faut penser au positif de chacune parce qu’elles sont toutes lĂ  pour une raison. Je dois ralentir surtout. ApprĂ©cier les moments que je vis, sans toujours penser Ă  la suite. Le prĂ©sent d’abord. Pour le reste, on verra plus tard.

    le mot du présent

    […]

  • #5 – Sortie de quarantaine

    #5 – Sortie de quarantaine

    (publié sur le journal de sarah, le 23 janvier 2022)

    le contexte

    le texte

    AprĂšs deux ans Ă  l’éviter, mĂȘme si c’est pas faute d’avoir tentĂ© le diable parfois je dois dire, il a fini par s’intĂ©resser Ă  moi. Oui, j’ai chopĂ© le covid. Et Ă©videmment pas dans la simplicitĂ©. Sinon c’est pas drĂŽle. Comme pour tout dans ma vie, ce fut une histoire complexe avec lui. Cas contact (quatre fois en deux semaines alors que je ne l’avais jamais Ă©tĂ© en deux ans), quarantaine anticipĂ©e avec ma pote, rĂ©sultats de mon PCR nĂ©gatif alors que le sien est bien positif, alors rebelotte, de nouveau cas contact, quarantaine et finalement PCR positif. La mĂȘme semaine que mes rĂšgles. VDM. Montagnes russes dans mes Ă©motions. Sans compter le premier jour de l’an qui s’est avĂ©ré  comment dire
 particulier. De la fĂȘte aux larmes en quelques heures. Ah beh ça donnait le ton. 2022, t’as pas bien commencĂ© mais j’espĂšre que tu seras cool quand mĂȘme.

    Au moment oĂč j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire ce paragraphe, j’étais clairement dans un « tough moment ». Le problĂšme avec moi, c’est que mes Ă©motions me contrĂŽlent bien souvent. Parfois j’ai l’impression que tout va bien. Mais en rĂ©alitĂ© c’est parce que je suis dans l’action. Je fuis mes Ă©motions nĂ©gatives. Mais je ne m’en dĂ©barrasse jamais vraiment. DĂšs que je me retrouve seule, que je ne cours pas dans tous les sens, que je me retrouve dans la banalitĂ© (prĂ©sumĂ©e en tout cas) de la vie quotidienne, c’est comme si je me sentais vide. Et puis d’autres fois, je pense Ă  tout ce que j’ai dĂ©jĂ  fait et tous les projets qui se mettent en place, ou ceux qui sont en construction. Et je me sens si remplie dans ces moments. Je me sens poussĂ©e des ailes, je pourrais dĂ©placer des montagnes. Et je me sens tellement heureuse. Je m’en veux parfois d’ĂȘtre d’humeur si fluctuante. Tout comme je m’en veux d’ĂȘtre parfois si nostalgique d’un passĂ© qui n’existe plus, de personnes qui ne font plus partie de ma vie et de moments qui n’étaient pourtant pas aussi heureux que dans mes souvenirs. C’est parfois tellement dur de passer Ă  autre chose. Pas tant dans les sentiments, mais plutĂŽt dans les habitudes. C’est juste difficile de ne plus ĂȘtre dans la vie de quelqu’un qui a comptĂ©. J’ai ce besoin tellement immense d’ĂȘtre aimĂ©e, d’ĂȘtre vue, d’ĂȘtre reconnue. J’ai du mal Ă  accepter l’absence, ou en tout cas le peu d’intĂ©rĂȘt des gens pour ma personne. Du mal Ă  me dire que je ne peux pas plaire Ă  tout le monde. J’ai toujours cette tendance Ă  vouloir sĂ©duire, Ă  vouloir qu’on me trouve gĂ©niale. Pourtant, on a le droit de ne pas « matcher » avec quelqu’un. Parfois nos personnalitĂ©s sont diffĂ©rentes et ne sont pas compatibles, ça arrive. Je sais que ça ne retire aucune valeur, ni Ă  moi ni aux autres. Mais savoir quelque chose ne me prĂ©munit pas de ressentir l’inverse. Et je sais que c’est un point sur lequel je dois continuer Ă  travailler. LĂącher prise. Me dĂ©tacher du regard des autres. De l’importance que j’accorde aux relations. Et aussi, de cette compĂ©tition dans laquelle je suis en permanence. Vouloir ĂȘtre la meilleure, vouloir ĂȘtre aimĂ©e, vouloir briller, vouloir ĂȘtre plus, toujours plus. C’est Ă©reintant. Comme je disais, lĂącher prise. Et juste vivre.

    Ce qui me caractĂ©rise aussi, c’est mon envie de grandes choses. J’ai souvent l’impression de ne pas ĂȘtre assez, de ne pas faire assez, de ne pas vivre assez. Alors, pour combler ce vide, cette peur en moi, j’ai besoin d’ambition et de projets. Des tas de projets. J’ai besoin de me sentir Ă©voluer. Et la base de l’évolution c’est le changement. Je n’ai pas envie de stabilitĂ©. En tout cas je n’y aspire pas pour le moment. Et au dĂ©tour d’une conversation avec une amie ici Ă  Augsbourg, je me suis posĂ©e cette question : « pour combien de temps suis-je ici ?« . Quand j’ai pris la dĂ©cision de partir en Allemagne, j’avais planifiĂ© d’y rester deux annĂ©es, en tout cas au minimum. Parce que cela ne dĂ©pendait pas que de moi, et ce n’était donc pas sur moi que je me basais pour me projeter. Ce qui est diffĂ©rent maintenant. Je n’ai plus de contraintes, et plus de plans Ă  vrai dire. Je me sens toujours quelque peu dĂ©pendante parce qu’évidemment j’ai rencontrĂ© des gens que j’aime ici, et je ne peux pas m’empĂȘcher de me dire que s’ils partent, je ne sais pas si moi je resterai au mĂȘme endroit. Et puis, maintenant que je sais que OUI c’est possible de se crĂ©er une nouvelle vie Ă  l’étranger, je sais que j’ai envie d’explorer d’autres lieux. Voyager beaucoup bien sĂ»r, mais je dois avouer qu’il y a certains endroits oĂč j’aimerais vivre. Alors Ă  l’heure actuelle, je reste toujours sur une limite de deux ans ici. Mais j’ignore ce qui se passera d’ici lĂ . C’est peut-ĂȘtre ça qui est le plus rassurant dans une vie « stable ». Je ne juge pas les gens qui choisissent de suivre le schĂ©mas que la sociĂ©tĂ© a fabriquĂ© pour nous. Études, CDI, maison, couple, enfant(s)
 C’est tellement plus simple de connaitre Ă  l’avance la prochaine Ă©tape. C’est une maniĂšre de « sĂ©curiser » son avenir. Et vraiment, je peux le comprendre. Moi j’ai jamais voulu ça. Je me reconnais pas lĂ -dedans. Il n’y a pas de notion de « c’est mieux » ou « c’est moins bien ». Mais le fait est que que je vis dans l’incertitude et je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait, moins en tout cas que celles et ceux qui ont un plan de vie un peu plus ordonnĂ© que le mien. Par contre j’ai des objectifs. Et je sais que je mettrai ces deux annĂ©es (ou plus, ou moins, seul l’avenir nous le diras) Ă  profit pour construire mes projets, apprendre de nouvelles compĂ©tences, acquĂ©rir de l’expĂ©rience, faire des rencontres, et saisir les opportunitĂ©s sur mon chemin. Et c’est prĂ©cisĂ©ment l’état d’esprit dans lequel je suis maintenant. Je vois des perspectives d’évolution dans mon boulot (je crois que je consacrerai un article sur ma situation professionnelle ici, ça pourrait ĂȘtre sympa), je planifie de nouvelles formations, je crĂ©e de nouveaux contacts,
 Mais malgrĂ© tout, mĂȘme si je pense Ă  l’avenir, je profite d’abord du prĂ©sent.

    Le mois de janvier a clairement Ă©tĂ© compliquĂ©. J’ai eu l’impression de ne plus trouver de sens dans ma vie, d’ĂȘtre au point mort, de me sentir vide et seule. Les hormones n’ont pas aidĂ© non plus. Mais j’ai la chance d’avoir tellement de belles personnes dans ma vie, qui m’entourent et me soutiennent. Qui me comprennent et m’aident Ă  ĂȘtre plus tolĂ©rante avec moi-mĂȘme. MĂȘme quand elles sont Ă  des kilomĂštres de moi. Chanceuse. Oui vraiment. Je me sens chanceuse. De ce que j’ai, de ce que je vis. Et j’essaie de m’en souvenir Ă  chaque fois que j’ai un coup de mou. Je rĂ©pĂšte souvent que la vie est trop courte pour voir le nĂ©gatif. Que le bonheur ce n’est pas vraiment une destination, ou quelque chose Ă  atteindre, mais plutĂŽt un Ă©tat d’esprit. Un choix presque. C’est parfois difficile pour moi d’appliquer ça mais j’y travaille.

    J’ai retrouvĂ© un nouvel Ă©lan et une nouvelle source de motivation pour les mois Ă  venir. Des tas de voyages. Mais aussi des objectifs. Pas forcĂ©ment tous grands ou ambitieux. Mais des petits dĂ©fis ou des petites choses positives qui me rappellent que le quotidien peut aussi ĂȘtre cool. 2022, non t’as pas bien commencĂ©, mais j’en fais la promesse, tu vas ĂȘtre incroyable.

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    […]

  • #4 – Fin d’annĂ©e et nouveaux dĂ©parts

    #4 – Fin d’annĂ©e et nouveaux dĂ©parts

    (publié sur le journal de sarah, le 24 décembre 2021)

    le texte

    4 mois depuis le dĂ©but de ma nouvelle vie en Allemagne. MĂȘme si pour le coup, ces mots je les Ă©cris en Belgique, prĂšs du sapin de NoĂ«l dans la maison oĂč j’ai grandi. Évidemment j’aime ma vie en Allemagne, et j’ai dĂ©jĂ  hĂąte de dĂ©couvrir toutes les nouvelles aventures que je m’apprĂȘte Ă  vivre en 2022. Mais me retrouver ici pour cette pĂ©riode, ça me fait un bien fou. Alors qu’on s’apprĂȘte Ă  refermer le chapitre de 2021, c’est l’occasion pour moi de dresser mon petit bilan personnel, et de rĂȘver de nouveaux projets, de nouveaux voyages, de nouveaux dĂ©fis.

    Des hauts et des bas. Dans mes Ă©motions. Dans ma vie. C’est ce qui rĂ©sume mon annĂ©e (pour ne pas dire ma vie, mais bon c’était d’autant plus le cas en 2021). Alors qu’on tentait plus ou moins de retrouver une vie sociale aprĂšs les diffĂ©rents confinements et mesures, je sentais dĂ©jĂ  que ce serait une annĂ©e de chamboulements dans ma vie. Il faut dire que tout a commencĂ© sur les chapeaux de roue. J’étais amoureuse, je me sentais vivante et invincible.

    Pourtant, j’ai surtout l’impression d’avoir vĂ©cu les premiers mois de 2021 en vase clos. Je voyais moins de gens. Mais moi, j’ai besoin des gens, j’ai besoin d’ĂȘtre entourĂ©e. Et si on croit parfois pouvoir combler ce besoin avec une seule et mĂȘme personne, la rendant indispensable Ă  notre vie, c’est une erreur. Petit Ă  petit, je commençais Ă  ressentir un sentiment Ă©trange au fond de moi. Je pleurais souvent. Et je sentais que quelque chose n’allait pas. Que derriĂšre l’impression que j’avais d’aller bien et d’ĂȘtre heureuse de la vie que je vivais, se cachait l’envie d’autre chose. Pendant des mois, je me suis aussi posĂ© beaucoup de questions sur mon dĂ©part en Allemagne. Est-ce que j’en ai vraiment envie ? Est-ce que je le fais vraiment pour moi ?

    Et puis, la suite vous la connaissez. Je suis arrivĂ©e en Allemagne et rien ne s’est passĂ© comme je l’avais planifiĂ©. Mais mĂȘme si la peur et les larmes ont continuĂ© de se mettre sur mon chemin au dĂ©but de ce changement de vie, pas une seule fois je n’ai doutĂ© qu’ĂȘtre partie pour vivre cette nouvelle vie ailleurs Ă©tait la meilleure des dĂ©cisions que je puisse prendre.

    2021 restera Ă  jamais l’annĂ©e oĂč je suis sortie de ma zone de confort. Et ça avec un grand saut. A 26 ans, je prenais petit Ă  petit mon envol. Il n’est jamais trop tard non. Jour aprĂšs jour, je me suis vue grandir et devenir une jeune femme indĂ©pendante. Aujourd’hui, je me sens de nouveau puissante et inarrĂȘtable. Je vis tellement de choses incroyables. Je continue de m’affirmer et de dĂ©couvrir ce dont j’ai envie (et Ă  contrario ce dont je n’ai pas envie) dans ma vie.

    Durant cette annĂ©e Ă©coulĂ©e, j’ai par exemple compris que la musique Ă©tait pour moi essentielle. Chanter et partager des Ă©motions. Ça me dĂ©mange Ă  chaque minute. Je sais que j’ai envie de laisser plus de place Ă  cette passion. De m’y mettre plus sĂ©rieusement et de m’épanouir lĂ -dedans. C’est devenu un vrai moyen d’expression pour moi. Et j’aimerais pouvoir commencer Ă  crĂ©er ma propre musique. La composer, l’écrire. En faire quelque chose de plus personnel encore. Comme avec ce journal finalement. It’s time to shine.

    Cette pĂ©riode, je l’avais Ă©voquĂ©, c’est aussi celle oĂč j’ai vu mon papa s’éteindre. Ce qui rend tout un peu plus sensible chez moi. Je me demande souvent ce qu’il penserait de tout ça. De cette nouvelle vie. De tout ce que j’ai vĂ©cu depuis qu’il n’est plus lĂ . Si vous saviez comme j’aimerais pouvoir Ă©changer avec lui, mĂȘme quelques minutes. Juste pour qu’il me dise qu’il est fier de la jeune femme que je suis devenue et de ce que j’accomplis. Juste quelques mots et un cĂąlin. En Ă©crivant ces lignes, j’écoute MillĂ©sime d’Obispo. Notre chanson. Celle qu’il Ă©coutait avec les yeux brillants, les larmes au bord du cƓur. J’aimerais beaucoup la chanter pour lui. Mais je suis submergĂ©e par tant d’émotions Ă  chaque fois que je l’écoute qu’il est difficile pour moi, impossible mĂȘme, d’aligner deux lignes sans avoir les lĂšvres qui tremblent et le cƓur lourd. A chaque fois que je chante, je le fais un peu pour lui. Et malgrĂ© toute ma rationalitĂ©, je l’imagine quelque part Ă  m’écouter le sourire en coin. Cette pensĂ©e, elle m’aide beaucoup. Notamment Ă  relativiser. J’ai vĂ©cu des choses difficiles cette annĂ©e, c’est vrai. Mais rien n’égale la perte de mon papa. Et ça j’y ai survĂ©cu. Alors le reste
 S’il Ă©tait lĂ , il me dirait que la vie est trop courte et trop belle pour ne pas la croquer Ă  pleines dents (et puis il aurait rigolĂ© parce que lui pouvait pas trop croquer, il avait un dentier ahah).

    Alors cap sur 2022. Apprendre l’allemand, dĂ©velopper ma passion pour la musique, continuer Ă  vivre plein d’aventures incroyables dans plein d’endroits diffĂ©rents et toujours m’entourer de positif. A 7 jours de cette nouvelle annĂ©e, j’ai dĂ©jĂ  plein de rĂ©solutions dans la tĂȘte. Et aujourd’hui, je peux le dire : je me sens heureuse. Je le sens au fond de moi, lĂ  dans ma poitrine. Et j’ai le sourire en l’écrivant. J’ai envie de me dire que mĂȘme les larmes que j’ai versĂ©es, mĂȘme les moments oĂč je me sentais seule et vide, mĂȘme les personnes toxiques qui ont croisĂ© mon chemin, mĂȘme les pires instants, je n’ai pas envie de m’en plaindre. Je me sens reconnaissante, et je ne regrette aucun des choix que j’ai faits. Parce que mĂȘme si certains me semblaient ne pas ĂȘtre les bons, ils m’ont prĂ©cisĂ©ment menĂ©e lĂ  oĂč je suis maintenant. Et c’est exactement lĂ  oĂč je veux ĂȘtre.

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    […]

  • #3 – CĂ©lĂ©bration et nostalgie

    #3 – CĂ©lĂ©bration et nostalgie

    (publié sur le journal de sarah, le 24 novembre 2021)

    le contexte

    le texte

    Au moment prĂ©cis oĂč j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire ces mots, il y a une semaine tout pile j’étais Ă  Berlin en train de vivre un week-end incroyable oĂč la fĂȘte Ă©tait le mot d’ordre, la religion mĂȘme. Samedi 20 novembre, je suis affalĂ©e dans mon canapĂ©, malade comme jamais. Le contraste est plutĂŽt saisissant, je vous assure. A l’intĂ©rieur de moi, je me sens bizarre Ă  vrai dire. Comme si plein d’émotions paradoxales venaient se loger dans mon esprit. A l’approche de mon anniversaire, jour que je n’apprĂ©cie pas particuliĂšrement, et de ce mois de cĂ©lĂ©brations, c’est d’autant plus perceptible. Entre films de NoĂ«l, vin chaud et chansons de Sinatra, voici venu le temps (des rires et des chants, oui aussi, si vous avez la rĂ©f) du bilan de mon troisiĂšme mois ici.

    Cette pĂ©riode de fĂȘtes, elle est toujours assez particuliĂšre pour moi. D’abord parce qu’elle a toujours suscitĂ© chez moi un mĂ©lange d’émotions positives et nĂ©gatives. Une joie presque enfantine et, Ă  la fois, une certaine mĂ©lancolie inexplicable. Depuis deux ans, ce moment est d’autant plus Ă©trange pour moi. Deux ans. Depuis ces longues semaines qui ont prĂ©cĂ©dĂ© la mort de mon papa. L’annĂ©e passĂ©e, je vivais les dĂ©buts d’une histoire d’amour, les papillons dans le ventre et l’esprit insouciant. Cette annĂ©e, je suis au dĂ©but d’une nouvelle vie en Allemagne. Seule, mais pas vraiment. Avide de dĂ©couvertes et de nouvelles expĂ©riences. Alors, je vous avoue, le fait d’ĂȘtre dans cette quasi quarantaine, presque H24 chez moi, seule, Ă  tourner en rond et Ă  forcĂ©ment trop penser, m’a rendu particuliĂšrement nostalgique.

    Quand je suis arrivĂ©e ici, je me disais que le covid, c’était un peu de l’histoire ancienne. On y a tou.te.s cru peut-ĂȘtre. Mais force est de constater qu’on en a pas encore fini. Je suis venue en BaviĂšre en me disant qu’une nouvelle vie commençait. Alors quand je vois ces mesures qui redeviennent de plus en plus strictes, j’ai la sensation de revenir un an en arriĂšre. Entre tĂ©lĂ©travail forcĂ©, Ă©mois d’une nouvelle relation, notes de piano et chocolat chaud. Je m’en souviens comme si c’était hier. Et je me replonge inĂ©vitablement dans le souvenir de ces moments que j’ai vĂ©cus Ă  cette pĂ©riode, et aux Ă©motions que je ressentais alors. Nostalgique d’instants perdus, suspendus, dans des minutes qui n’existent plus. D’un passĂ© rĂ©volu. Et c’est tant mieux en fait. La vie est faite pour avancer. Mais ces pensĂ©es sont propices Ă  m’engouffrer dans une petite bulle de morositĂ©. Telle est ma personnalitĂ©, entourĂ©e par mille et une questions sur le sens de ma vie. Et puis, bientĂŽt mon anniversaire, bientĂŽt un an de plus. Et inĂ©vitablement, j’ai l’impression de ne pas avancer aussi vite que je le devrais. Par rapport Ă  qui, Ă  quoi ? Je ne sais pas. Mais ce sentiment de vide, cette impression que je dois me fixer des objectifs pour rĂ©ussir ma vie, me reviennent. Comme un boomerang des jours passĂ©s. Mais je suis consciente que c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui m’empĂȘche de profiter de l’instant. Depuis que je suis ici, j’essaie de cultiver un maximum le positif en moi, savourer chaque instant parce que je sais que j’ai la chance de les vivre. Mais je reste humaine, et je flanche parfois. Je redeviens perfectionniste et trop exigeante avec moi-mĂȘme.

    Cette remise en question, elle effleure tous les aspects de ma vie en ce moment. Et forcĂ©ment aussi le domaine relationnel. A chaque texte, je vous dis que je ne m’étalerai sur ma vie intime – et dans une certaine mesure je ne donnerai pas tous les dĂ©tails certes – mais je ne peux pas y Ă©chapper. Je veux dire, c’est aussi quelque chose que j’ai besoin d’exprimer. Depuis que je suis ici, cĂ©libataire de surcroĂźt, j’entends bien profiter de la vie. Comme je l’ai globalement toujours fait. Un Ă©lectron libre. Sans attaches. Ça peut sembler un peu paradoxal – et je le suis indĂ©niablement – mais j’ai en mĂȘme temps un besoin d’affection immense et un dĂ©sir de libertĂ© irrĂ©mĂ©diable. J’aime partager des moments. J’aime Ă©changer. J’aime connecter. Et je dois dire que j’ai aussi aimĂ© le fait d’ĂȘtre avec une personne, d’avoir quelqu’un sur qui compter et avec qui vivre chaque moment. C’était inĂ©dit pour moi. Mais d’un autre cĂŽtĂ©, j’ai besoin de nouvelles rencontres, d’instantanĂ©itĂ©, de parenthĂšses. Comme pour tout dans ma vie, je me lasse facilement sans challenge, sans nouvelles aventures Ă  vivre. J’ai en moi un dĂ©sir virulent d’indĂ©pendance. Et je sais qu’ĂȘtre dans un couple conventionnel peut dans une certaine mesure rĂ©duire le champ des possibles. Moi j’ai envie d’explorer le monde et de vivre ma vie, sans frein ni entrave. Pour moi. C’est d’ailleurs pour ça que j’aspire Ă  ĂȘtre ma propre patronne. (Oui je change de sujet, j’en ai assez dit sur mon intimitĂ© pour cette fois, mais j’en reparlai inĂ©vitablement). Quand je me remets en question, ça me booste aussi. J’ai des projets dans la tĂȘte. Des envies pour mon avenir. Et il est parfois nĂ©cessaire d’une Ă©tincelle pour dĂ©marrer le feu, pour commencer Ă  mettre des choses en place. J’ai des idĂ©es mais qui sont encore en brouillon. BientĂŽt la fin d’une annĂ©e et peut-ĂȘtre le moment d’envisager d’en faire une copie plus propre et ordonnĂ©e. Je le sens.

    Beaucoup d’ambition pour ce dernier texte de mes 26 ans. A l’heure oĂč je termine cette phrase, j’entends Unstoppable de Sia (vraiment) qui rĂ©sonne dans mes oreilles. Et c’est la sensation que j’ai en moi Ă  cet instant prĂ©cis. Ironique quand on repense aux premiĂšres lignes de ce texte. Mais c’est tout moi. Aussi bas je tombe, aussi haut je me relĂšve et m’envole. Cap sur le club des 27 (mais bien dĂ©cidĂ©e Ă  ne pas m’arrĂȘter lĂ , ce serait cool).

    le mot du présent

    […]

  • #2 – Home sweet home

    #2 – Home sweet home

    (publié sur le journal de sarah, le 26 octobre 2021)

    le texte

    Deux mois. DĂ©jĂ . J’ai l’impression que ça fait Ă  peine quelques jours depuis le dernier texte que je vous avais partagĂ©, c’est fou. Le temps passe vite. Et en mĂȘme temps, j’ai la sensation d’ĂȘtre ici depuis des annĂ©es. AprĂšs les pĂ©ripĂ©ties – si l’on peut dire – du dĂ©but, je commence Ă  trouver un Ă©quilibre, progressivement. Entre obligations et amusement, je vis des choses inĂ©dites qui me poussent toujours plus loin de ma zone de confort. Bienvenue dans une nouvelle vie (d’adulte) Sarah.

    Ce qui distingue un voyage d’un dĂ©mĂ©nagement Ă  l’étranger, c’est la durĂ©e du sĂ©jour d’abord, mais aussi et surtout les obligations que cela implique. Et par obligations, je pense Ă  toutes les dĂ©marches administratives nĂ©cessaires lorsqu’on arrive sur le territoire. Notamment, trouver oĂč loger 
 Et ça, c’est loin d’ĂȘtre un dĂ©tail. Ce qui est assez drĂŽle quand j’y pense c’est que j’ai ramĂ© pendant des mois pour trouver un appartement pour deux, finissant par choisir l’option du airbnb, histoire d’avoir un pied Ă  terre tout en pouvant continuer les recherches une fois sur place
 alors qu’une fois sur place, les recherches ne fut pas beaucoup plus fructueuses. Et finalement, lorsque j’ai dĂ» trouver un endroit pour moi seule, j’ai trouvĂ© aprĂšs la premiĂšre visite. Et quelle trouvaille. J’ai de la chance d’avoir un coloc fantastique et je me sens enfin vraiment chez moi. Ce n’est peut-ĂȘtre pas le hasard tout ça. En tout cas, c’est dĂ©finitivement les rencontres qui m’ont menĂ©e lĂ . Quand on vient d’arriver dans un nouvel endroit, c’est compliquĂ© parce que l’on perd tous ses repĂšres. Et je dois bien avouer que trouver des personnes qui parlent ma langue (bon, qui sont tous Français, mais je leur en veux pas) a Ă©tĂ© particuliĂšrement rĂ©confortant. Dans un premier temps, les groupes Facebook d’expatriĂ©.e.s francophones dans la ville/ le pays oĂč on dĂ©mĂ©nage sont une vraie planche de salut.

    AprĂšs mon accident et mes changements de vie, ça a Ă©tĂ© difficile de m’habituer Ă  ma nouvelle routine. Routine, si je peux appeler ça comme ça; en vĂ©ritĂ©, chaque jour passĂ© ici est diffĂ©rent. Sans voiture, j’ai cru que j’allais perdre toute mon autonomie, et finalement je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi indĂ©pendante. Hormis pour le trajet jusqu’au travail que je fais avec une (super) collĂšgue (parce que oui, je suis tombĂ©e dans une Ă©quipe gĂ©niale et je me ferai un plaisir de vous en parler un peu plus au prochain Ă©pisode), je fais tout en transports en commun ou Ă  pied. J’ai la chance d’ĂȘtre en centre-ville, ce qui me place Ă  proximitĂ© de tout. Avant je ne prenais jamais le bus ni le train alors que maintenant c’est mon quotidien. Et ça peut paraitre bĂȘte, mais je me sens grandir Ă  travers ce genre de petits dĂ©tails. Je ne suis plus la petite fille qui attend qu’on vienne la prendre par la main. J’évolue et je dois dire que je suis fiĂšre de moi. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis persuadĂ©e que partir Ă  l’étranger Ă©tait ce qui pouvait m’arriver de mieux. J’ai la sensation que rien n’est impossible dĂ©sormais. Je ne sais pas encore ce qui m’attend mais je sais que je peux aller n’importe oĂč et que je peux vivre des milliers de merveilleuses aventures.

    MalgrĂ© tout, il y a des moments oĂč je me sens quelque peu submergĂ©e. OĂč j’ai l’impression de ne pas m’arrĂȘter, et de ne pas avoir de temps pour moi. L’impression aussi que je dois absolument ĂȘtre en mouvement pour ne pas me retrouver seule et trop penser. Ceci Ă©tant, si c’est quelque chose qui m’arrivait souvent en Belgique, c’est beaucoup plus rare ici. La majoritĂ© du temps, je me sens apaisĂ©e. Je me sens Ă  ma place. Et contrairement Ă  avant, je ne me laisse submerger que quelques instants. Je ne m’enferme plus dans cette spirale de nĂ©gativitĂ©. Je ne broie pas du noir, mais j’avance. Je pense Ă  ce « PPP » que m’aide Ă  dĂ©velopper Fanny, ma premiĂšre amie ici – maintenant indispensable Ă  ma vie. PensĂ©e Positive PerpĂ©tuelle. Je suis sur une pente ascendante, et les difficultĂ©s ne me font plus baisser les bras. Et quand bien mĂȘme, mes amis seraient lĂ  pour me pousser en avant. Être entourĂ©e des bonnes personnes, c’est ce qui m’aide Ă  devenir la meilleure version de moi. Ça peut paraitre bateau, mais je sens au fond de moi que c’est vers ça que je tends. Et ça me donne une force incroyable.

    Comme je l’ai rĂ©pĂ©tĂ© Ă  plusieurs reprises, les rencontres sont une part importante de notre Ă©panouissement, d’autant plus lors d’une expĂ©rience Ă  l’étranger. Évidemment, mĂȘme si je me sens comme Ă  la maison avec toutes ces personnes qui m’entourent et qui parlent français, je suis Ă  l’étranger et quel intĂ©rĂȘt cela aurait d’ĂȘtre partie de la Belgique si je ne faisais aucun effort pour m’intĂ©grer en rencontrant des locaux. Au-delĂ  des connexions qui peuvent se faire de cercles en cercles, je dois bien avouer que les applications de rencontre sont particuliĂšrement utiles. Surtout dans ma vie de cĂ©libataire retrouvĂ©e. Je ne m’éterniserais pas sur ce sujet, vous le savez, je le fais rarement. Ce que j’ai envie de vous partager, c’est le fait que je retrouve progressivement un Ă©quilibre entre ma vie sociale et moi. Je vous ai souvent Ă©voquĂ© cette impression de ne pas vivre pour moi mais pour les autres. Mais, pour paraphraser quelque peu le paragraphe prĂ©cĂ©dent, je sens que je pense davantage Ă  moi et Ă  ce que j’ai envie de faire. Je me sens actrice de ma vie. Actrice, c’est ça. Je n’ai plus la sensation de subir quelque chose que je ne veux pas. Je ne ressens plus ces doutes incessants sur ce qui est bon ou pas pour moi. Et surtout, je ne suis plus dans l’attente de quelque chose qui semble ne pas arriver. Ça faisait longtemps que je n’avais plus ressenti cette sensation. J’apprĂ©cie les moments que je vis et la vie que je mĂšne. Je me sens libre et prĂȘte Ă  franchir tous les obstacles. Et ça fait du bien. What’s next ?

    le mot du présent

    […]

  • #1 – ArrivĂ©e en terre inconnue

    #1 – ArrivĂ©e en terre inconnue

    (publié sur le journal de sarah, le 23 septembre 2021)

    le contexte

    […]

    le texte

    Tout quitter (ou presque) pour vivre sa vie ailleurs. C’est quelque chose Ă  laquelle beaucoup de gens pensent. Quelque chose Ă  laquelle moi j’ai souvent pensĂ© en tout cas. Mais entre y penser et franchir le pas, il y a tout un monde parfois. Je ne compte pas le nombre de fois oĂč j’ai Ă©voquĂ© des projets Ă  l’étranger, oĂč je me suis projetĂ©e ailleurs que dans ma petite Belgique. Non seulement pour prendre mon indĂ©pendance et me sentir libre (mĂȘme si la notion de libertĂ© est finalement toute relative dans notre sociĂ©tĂ© oĂč l’on est bien souvent alliĂ©nĂ©.e.s Ă  une sĂ©rie de schĂ©mas de vie et de pensĂ©e) mais aussi pour sortir de ma zone de confort et vivre d’autres expĂ©riences. Alors, je me rĂȘvais au Canada, en Nouvelle-ZĂ©lande ou encore en Australie, Ă  vivre une vie remplie de beaux paysages, de road trips improvisĂ©s, de balades en forĂȘts, de couchers de soleil
 Bref une vision quelque peu idĂ©alisĂ©e de l’expatriation, en effet. Ceci Ă©tant, tous ces projets n’étaient jusqu’alors que de doux fantasmes dans mon esprit. MalgrĂ© ma frustration, je me sentais bien dans mon petit confort quotidien, dans cette routine que pourtant j’exĂšcre. Mais aujourd’hui, alors que je vous Ă©cris ces mots, ces fantasmes n’en sont plus. Enfin presque. Mes envies d’ailleurs ont Ă©tĂ© comblĂ©es, mais d’une maniĂšre Ă  laquelle aucun de mes plans ne m’avait prĂ©parĂ©e. Wilkommen in Deutschland.

    Je ne m’attarderai pas sur les origines de ce dĂ©part, tellement l’histoire est longue et tortueuse. Je dirai simplement que pendant des mois (depuis mars Ă  vrai dire), l’opportunitĂ© de partir en Allemagne s’est prĂ©sentĂ©e mais toujours entre parenthĂšses, comme si je ne rĂ©alisais pas que ça allait rĂ©ellement se produire ni ce que ça impliquait vraiment. Pendant des mois, j’ai prĂ©parĂ© ce changement de vie et ce n’est pourtant que lorsque j’ai commencĂ© mon premier jour dans mon nouveau boulot (on y reviendra dans un autre billet, lĂ  je brĂ»le les Ă©tapes oups) que j’ai vraiment pris conscience de ce qui se passait, que tout ça Ă©tait bel et bien rĂ©el. Et du coup, je ne rĂ©siste pas Ă  l’envie d’écrire lĂ -dessus. L’envie de vous partager ce que je vis, et les diffĂ©rentes Ă©tapes par lesquelles passe cette nouvelle aventure. Un journal de bord en plusieurs parties, Ă  mi-chemin entre un rĂ©cit personnel et des histoires communes qui pourront peut-ĂȘtre faire Ă©cho Ă  l’un.e ou l’autre d’entre vous.

    Je vous avoue que j’avais ici prĂ©vu initialement de vous dĂ©crire les premiĂšres Ă©tapes de cette arrivĂ©e en Allemagne, vous contant les difficultĂ©s de trouver un logement, de rĂ©aliser les dĂ©marches administratives, de rencontrer des gens, et cela avec juste un soupçon d’état d’ñme. Mais en un mois tout juste Ă©coulĂ©, il s’est passĂ© bien des choses. Alors je me retrouve lĂ  Ă  vous Ă©crire, remplie d’une multitudes d’émotions en moi et Ă©coutant sur Spotify une radio liĂ©e Ă  James Bay (j’ai dĂ©finitivement besoin de ce mood pour Ă©crire). Ce qui devait ĂȘtre un nouveau dĂ©part l’est plus encore que je ne l’avais imaginĂ©. Avant de partir, j’en ai eu des doutes. Si vous saviez. Combien de fois j’ai dit « je ne pars pas », combien de fois je me suis rĂ©pĂ©tĂ© « j’ai peur ». Mais j’y suis allĂ©e, je l’ai fait. Parce que quelque chose en moi Ă©tait convaincu que ce serait, quoi qu’il arrive, une bonne expĂ©rience pour moi. J’en reste convaincue malgrĂ© tout, malgrĂ© ce que je m’apprĂȘte Ă  vous raconter.

    Car en Ă  peine une semaine, je dirais mĂȘme en Ă  peine trois jours, tout a basculĂ©. L’aventure que j’avais plus ou moins planifiĂ©e ici a soudain pris une tout autre tournure.

    Vendredi 17 septembre 23:36.

    Je commence presque par la fin parce que cela me semble ĂȘtre l’évĂšnement le plus marquant. AprĂšs une soirĂ©e pour fĂȘter les 10 ans de l’entreprise dans laquelle j’ai commencĂ© Ă  travailler il y a alors tout juste deux semaines, j’avais dĂ©cidĂ© de rentrer chez moi. J’étais fatiguĂ©e et pas dans mon assiette (j’y reviendrai). J’avais une heure de route Ă  faire, et je me dis a posteriori que j’aurais peut-ĂȘtre dĂ» accepter les propositions pour rester dormir chez l’un.e ou l’autre collĂšgues. Mais j’ai pris la voiture. Et vous savez, cette route, je la connais trĂšs bien. Ça faisait deux semaines que je la prenais, matin et aprĂšs-midi. Mais il faisait noir. Et je le rĂ©pĂšte j’étais fatiguĂ©e, physiquement et Ă©motionnellement. J’ai peut-ĂȘtre roulĂ© un peu vite. Enfin pas peut-ĂȘtre, c’est certain en fait. Alors quand ce virage est arrivĂ©, je ne l’ai tout simplement pas anticipĂ©. J’ai dĂ©rapĂ© sur la route glissante de la nuit. J’ai freinĂ©. J’ai perdu le contrĂŽle. Et je me suis retrouvĂ©e propulsĂ©e avec ma voiture. Comme dans les films, j’ai fait des tonneaux. Et chaque seconde a durĂ© une Ă©ternitĂ©. Je me suis dit « c’est la fin ». Et alors que la voiture retombait sur ses roues, je regardais autour de moi. J’étais dans un champ, le long d’une route de campagne, sans lumiĂšre, sans bruit, sans personne. Je peux encore sentir le froid me glacer le dos. Mes appels tĂ©lĂ©phoniques restaient sans rĂ©ponse, il Ă©tait tard. J’ai quittĂ© la voiture et tentĂ© de rejoindre la route. Par chance, une voiture est passĂ©e et un couple m’a aidĂ©e du dĂ©but jusqu’à la fin. J’étais en Ă©tat de choc. Puis l’ambulance est arrivĂ©e, j’ai Ă©tĂ© emmenĂ©e Ă  l’hĂŽpital. J’ai eu beaucoup de chance, je le rĂ©alise. L’issue de cet accident aurait pu ĂȘtre bien plus grave. Ma voiture est dĂ©truite certes, j’ai quelques blessures certes, mais je suis vivante. Il faudra du temps pour surmonter le choc, je le sais. Quand je ferme les yeux, je me revois perdre le contrĂŽle de ma voiture. Mais je le rĂ©pĂšte, je suis lĂ . Et ça peut paraitre bateau ou niais, mais j’ai compris plus que jamais que la vie est courte, que je dois en profiter intensĂ©ment et que je ne peux pas perdre mon temps Ă  vivre des situations qui me rendent malheureuse.

    Jeudi 16 septembre 23:53.

    Vous le savez, je ne me suis jamais vraiment Ă©panchĂ©e sur ma vie amoureuse et intime. Mais j’ai besoin d’écrire, j’ai besoin de parler, pour rendre les choses rĂ©elles et pour avancer aussi. Je suis venue ici accompagnĂ©e, pensant que j’allais vivre une vie Ă  deux. AprĂšs des mois de hauts et de bas. AprĂšs des mois Ă  se convaincre que rester ensemble Ă©tait la meilleure solution. AprĂšs des mois Ă  me demander si c’était rĂ©ellement ce que je voulais et ce dont j’avais rĂ©ellement besoin. J’y ai cru. Ça oui. On se disait « ça ira mieux en Allemagne ». Spoiler alert : c’est le contraire. Alors arrive ce moment tant redoutĂ©, tant repoussĂ©. Celui oĂč on se dit « c’est fini ». Trois mots qui brisent le cƓur, l’amour et le temps que l’on s’était donnĂ©s. Trois mots qui nous ramĂšnent Ă  la rĂ©alitĂ©. C’est dur 
 mais c’est la bonne dĂ©cision
. oui mais c’est dur. RĂ©apprendre Ă  vivre seule et se dĂ©barrasser des habitudes que l’on a ancrĂ©es en soi pendant des mois. Puis faire le deuil des souvenirs et des « Et si 
 ». Parce que c’est lĂ  que l’absence fait le plus mal. C’est dĂ©finitivement compliquĂ© de renoncer Ă  ce que l’on a connu depuis des mois, de renoncer Ă  ce que l’on ressent au fond de soi. Certes c’est la fin de quelque chose oui. Quelque chose qui Ă©tait destinĂ© Ă  se terminer. Quelque chose qui ne nous rendait plus heureux, ou en tout cas moins que l’inverse. Mais c’est le dĂ©but d’autre chose. D’une infinitĂ© de choses. LĂ  aussi il faudra du temps. Mais ne dit-on pas que c’est lui qui guĂ©rit nos blessures ?

    Je suis arrivĂ©e ici dans un airbnb partagĂ©, ni la solution la moins chĂšre ni la plus agrĂ©able certes, mais la plus simple pour s’installer temporairement et pouvoir prendre ses marques.

    On avait rĂ©servĂ© jusqu’à la fin novembre, de quoi s’assurer le temps de trouver un vrai chez soi. J’avais envie de vous raconter les dĂ©tails de cette cohabitation non conventionnelle, et je le ferai certainement dans d’autres « Ă©pisodes » de ce journal de bord. Mais il est clair que dĂ©sormais la question du logement Ă  trouver se pose plus vite que prĂ©vu. Et maintenant ? Les critĂšres de recherches changent, je me retrouve seule Ă  chercher. Enfin pas vraiment. Parce que l’Univers se charge toujours de me montrer la voie, j’ai rencontrĂ© sur ce nouveau chemin de formidables personnes. On se connait depuis si peu de temps mais le lien est dĂ©jĂ  si fort et je sais que je peux compter sur eux.elles. Moi qui suis trĂšs sociable, me retrouver sans toutes les personnes qui m’entouraient me faisait tellement peur. J’ai le besoin irrĂ©pressible d’interagir et de partager des choses avec les gens, de faire de nouvelles rencontres, de sortir. C’est ma maniĂšre de fonctionner. Et quand je suis privĂ©e de ça, je me sens indĂ©niablement seule. Non pas que je n’apprĂ©cie pas de me retrouver avec moi-mĂȘme, mais je ne me sens bien que si je peux crĂ©er et dĂ©velopper des liens avec les autres. C’est vital pour moi. Alors, c’est vrai que mĂȘme entourĂ©e lorsque j’étais chez moi, je me sentais parfois seule. Ce sentiment existe aussi parce qu’en 26 ans d’existence, je ne me suis jamais vraiment retrouvĂ©e seule face Ă  moi-mĂȘme, seule responsable de mes choix et de mes actes. J’ai toujours eu besoin d’ĂȘtre accompagnĂ©e. On en revient Ă  ce que j’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans ce journal, je me sens exister Ă  travers le regard et la validation des autres. C’est peut-ĂȘtre ça aussi qui explique Ă  quel point j’ai tant besoin d’avoir des gens Ă  mes cĂŽtĂ©s (au-delĂ  de la simple sociabilitĂ©). Mais je vais dĂ©sormais apprendre Ă  me dĂ©brouiller seule, Ă  vivre pour moi et Ă  compter sur moi. Et je sais que je serai soutenue dans cette nouvelle vie et dans la quĂȘte de cette nouvelle version de moi-mĂȘme.

    Une chose est sĂ»re, rien n’arrive par hasard. Cette derniĂšre annĂ©e m’a prĂ©parĂ© Ă  ce que je m’apprĂȘte Ă  vivre ici. Et cet accident m’a rappelĂ© que la vie est prĂ©cieuse et que je dois penser Ă  ce dont j’ai envie, Ă  ce dont j’ai besoin. Ça prendra du temps. Et il y aura des jours plus difficiles que d’autres. Mais j’y arriverai. Je vais vivre ma meilleure vie.

    le mot du présent

    […]