Étiquette : Capsules instagram

  • 13 – faire ce qu’on aime

    13 – faire ce qu’on aime

    Je me dis chaque jour, qu’on peut décider de ce qu’on va vivre.
    Et que faire ce qu’on aime,
    c’est ce qui compte vraiment au fond.

    Ça parait évident comme ça
    pourtant c’est pas forcément ce qu’on fait.
    Je sais qu’aller vers ce qui me rend heureuse,
    ça signifie souvent m’éloigner des attentes des autres, des schémas classiques, des objectifs de performance.

    Ma vie c’est pas forcément la plus stable,
    je suis pas riche,
    j’ai pas de plan de carrière
    et je me sens parfois completement à l’ouest par rapport à d’autres personnes de mon âge.

    Par contre, je me sens tellement libre. Et je crois que c’est ça qui m’anime. 

    Demain si j’ai envie d’essayer quelque chose de nouveau, de faire un taf que j’avais jamais fait avant, de m’installer dans une ville que je connais pas, de commencer une nouvelle vie… Je me dis juste que c’est réalisable. Et c’est ça le truc, tout est à notre portée. Si on veut, on peut. On est notre propre frein, mais aussi notre propre moteur.

    J’ai pas la recette magique pour réussir.  Et je dis pas que tout sera simple, bien au contraire.  Mais j’ai plus peur. J’ai appris à écouter mon intuition.  Et je crois que c’est ça le secret. Apprendre à se faire confiance. 

    Au delà de se fixer des objectifs et de les atteindre. Aller vers ce qui nous fait vibrer, ce qui nous appelle.Et la sensation de liberté et de pouvoir qui viennent avec le passage à l’action, c’est juste incroyable. Alors vraiment, écoute cette petite voix en toi, elle sait déjà, et fonce.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Faire ce qu’on aime.
    C’est ce que je dis dans ce reel. C’est ce que je pense, profondément.
    Et pourtant, c’est étrange comme depuis quelques temps, je me sens un peu à côté de ça.

    J’ai toujours évoqué ma liberté, mais en ce moment, je me sens parfois prisonnière de mon quotidien.
    Le travail prend beaucoup de place, le temps file, et j’ai ce sentiment constant de courir après quelque chose, sans trop savoir quoi.

    Cette liberté, j’ai longtemps cru que c’était pouvoir faire ce que je veux… changer de ville, changer de job, vivre des aventures, ne pas m’ancrer.
    Comme si me poser quelque part, comme si choisir une vie, c’était renoncer à toutes les autres potentialités.
    Comme si la stabilité m’enfermait, là où l’instabilité semble m’ouvrir des portes…

    Mais est-ce toujours vrai ?
    Est-ce que je vis vraiment pour moi ? Ou pour cette image de moi — celle qui vit à fond, qui bouge, qui ose, qui inspire — mais qui parfois s’oublie un peu au passage ?
    Qu’est-ce que ma liberté ? Est-ce vraiment accumuler les expériences à l’infini ?

    Peut-être que mon vrai défi maintenant, ce n’est plus de vouloir tout vivre, mais d’apprendre à identifier ce qui me fait réellement du bien.
    Pas ce qui plaît. Pas ce qui brille.
    Mais ce qui m’apaise. Ce qui m’aligne ⚖️

    Alors ce reel, je le partage comme un point de départ.
    Parce qu’il est sincère. Il est ce que je ressens. Et parce qu’il me permet de réinterroger profondément ma définition même de la liberté et de ce à quoi j’aspire vraiment 

  • 12 – lâcher prise

    12 – lâcher prise

    J’apprends à lâcher prise.

    Ça peut paraître dingue mais toute ma vie, ou en tout une grande partie, j’ai eu cette impression d’avoir une sorte de petite Sarah tyrannique dans la tête. une petite voix qui veut que je sois parfaite, elle veut que j’en fasse toujours plus, 

    Y a vraiment ces deux énergies en moi.

    Cette Sarah là avec beaucoup d’ambition, qui va transformer chaque idée en une opportunité de briller, chaque moment en une occasion de travailler pour atteindre nos objectifs, qui va me faire me sentir nulle ou coupable quand j’arrive pas à tout gérer dans ma vie parce qu’elle pense sans cesse à construire l’avenir. 

    Et puis l’autre Sarah, qui est dans l’instant présent, qui a envie de profiter de chaque instant, envie de vivre, de faire les choses par plaisir et pas par contrainte, envie d’essayer sans forcément performer. 

    C’est souvent plein d’émotions contradictoires dans ma tête. C’est un vrai combat interieur entre ce besoin de faire et de toujours produire ET ce besoin d’être et de vivre. Souvent j’ai du mal à faire les choses juste comme ça, genre me poser pour regarder un film ou juste paresser, faire une grasse mat, si je suis seule j’arrive pas. Parce que je culpabilise de pas utiliser ce temps pour autre chose. De pas écrire, de pas monter une nouvelle vidéo, de pas lancer un nouveau projet, de pas développer de nouvelles interactions.

    Mais là je le sens presque physiquement, j’apprends vraiment à lâcher prise sur ce besoin de tout controler, sur ce besoin de transformer chaque moment en mission, et j’apprends à essayer de faire les choses comme je les ressens, sans me mettre cette pression infernale. En fait j’essaye de laisser plus de place à cette autre Sarah en moi qui aspire à être heureuse plus qu’à être parfaite.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Quand j’ai commencé ce texte, j’ai senti que c’était le bon moment d’écrire là dessus.
    Ma vie, ça a toujours été ce combat intérieur entre ces deux Sarah qui font de moi celle que je suis.
    Entre cette énergie de s’étendre, de créer et ce besoin de vivre l’instant présent.
    Entre ce besoin de faire et ce besoin d’être.

    Il y a cette partie de moi, cette Sarah tyran comme je l’appelle, qui a tout fait pour être la personne que je suis aujourd’hui ; sociable, capable de connecter facilement avec les gens, avec l’envie de créer, et pour ça je l’en remercie. Mais avec le temps… elle a pris trop de place?

    J’ai réalisé à quel point je peux être dure avec moi-même. Et ça fait longtemps que j’ai commencé à prendre conscience de ça mais sans vraiment réussir à m’en détacher. Cette voix, elle s’insinue dans chaque moment où elle perd le contrôle et je me retrouve à culpabiliser dès que je fais une pause. Elle m’empêche de vivre sans objectif à atteindre, elle me détourne du moment présent. Elle est mon anxiété.

    Pour elle, si je ne produis pas, je stagne.
    Et dans une quête impossible de perfection, j’ai la sensation de ne jamais faire assez, de ne jamais être à la hauteur de mes ambitions, et en même temps de ne jamais profiter à 100%. Et ce paradoxe permanent m’épuise.

    Je remarque que depuis que je me suis installée à Bruxelles, j’apprends à lâcher prise sur ce besoin d’être dans la productivité permanente, de contrôler chaque aspect de ma vie, de vouloir atteindre sans cesse des objectifs. J’ai l’impression de reprendre du pouvoir sur ma capacité à vivre l’instant présent à l’apprécier, et à cultiver ma capacité à être heureuse.

    Le chemin est encore long mais je sais que j’avance

  • 11 – revenir

    11 – revenir

    Je suis rentrée à la maison… enfin, c’est ce qu’on me dit.
    Mais c’est étrange, parce que je ne me sens pas vraiment chez moi.

    Revenir ici, c’est comme retrouver un ancien décor… mais avec une nouvelle version de moi.
    L’impression d’être au point de départ, alors que j’ai tellement changé.

    C’est quoi, au fond, la maison ?
    Un lieu ? Un sentiment ? Une habitude ?
    J’ai vécu à Augsbourg, à Munich, à Sydney, à Rossville, à Cooktown, à Sydney à nouveau… et maintenant, me revoilà ici, à Mons.

    C’est comme si je me retrouvais face à une page blanche.
    Et devant la page blanche, il y a toujours cette peur.
    “Qu’est-ce que j’écris ?” “Par où je commence ?”

    Mais sur le chemin, j’ai compris une chose.
    C’est en étant perdue que je me retrouve et que je comprends ce dont j’ai besoin. Genre à chaque fois.
    Et c’est en avançant que l’histoire, je l’écris

    Le passé n’est plus là, et le futur n’est pas encore arrivé. Et ça, ça laisse tellement de possibilités. 

    Mais la seule chose qui compte : c’est ici et maintenant.

    Alors je choisis de voir ce retour comme un nouveau chapitre.
    Pas comme une pause, pas comme une parenthèse avant la prochaine aventure. Mais précisément, comme une aventure à part entière.

    Parce que l’aventure, elle est pas qu’à l’autre bout du monde. Elle est en nous. Elle est dans ce qu’on construit, dans ce qu’on transforme.

    J’ai envie de mettre à profit tout ce que j’ai appris en voyage, ici, dans un endroit qui m’a vu grandir mais où je ne me reconnais plus vraiment. Plutôt que de juste le voir comme un retour en arrière, j’ai envie d’en faire quelque chose de nouveau.

    Parce que ce qui compte, c’est pas ce qu’on vit mais comment on décide de le vivre.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Ce texte je l’écris à peine quelques jours après être rentrée en Belgique.
    Et avec ce retour, inévitablement un tourbillon d’émotions. Et mille questions déjà.
    C’était étrange de revoir les images de ce que j’ai vécu avant. Quand j’y pense, on dirait presque que c’était un rêve dont je venais de me réveiller. Si ça me rendait évidemment nostalgique, ça me remplissait surtout de gratitude. Je suis heureuse parce que c’est arrivé. Et de tout ce qui peut encore arriver.

    Alors oui, j’aurais pu prolonger mon PVT, et enchaîner directement sur une deuxième année en Australie…
    Oui mais…
    J’ai senti que c’était pas le moment.
    J’ai senti que je devais rentrer.
    Parce que l’aventure, c’est pas toujours ailleurs.
    Parfois, c’est surtout en nous.
    C’est prendre tout ce qu’on a vécu, tout ce qu’on a appris, et transformer ce qu’on est.

    Ces derniers mois, j’ai compris que voyager, c’était pas seulement bouger à travers le monde. C’est aussi explorer ses idées, plonger dans ses projets et se challenger d’une autre manière.

    Alors ce retour, je voulais pas le voir comme une fin, ni comme une attente avant le prochain départ, mais comme une nouvelle expérience.
    Revenir avec un regard différent.
    Même lieu, nouvelles perspectives.

    5 mois plus tard, c’est fou à quel point je me rends compte que ce retour que j’ai senti nécessaire, l’était bel et bien.

  • 10 – le regard des autres

    10 – le regard des autres

    J’ai toujours eu cette peur d’être banale,
    de ne pas marquer les esprits.
    Dans tout ce que je fais je crois,
    il y a une volonté de me démarquer. 
    J’ai cette envie dévorante,
    dévorante, c’est vraiment le mot,
    de briller.
    C’est quelque chose qui m’a longtemps obsédée.
    Et qui me suit encore beaucoup.
    C’est au-delà de vouloir juste
    être au centre de l’attention.
    C’est même pas forcément toujours le cas. 

    Je crois juste que ma valeur,
    je la perçois beaucoup à travers les yeux des autres. 
    Ou en tout cas à travers l’idée que je m’en fais. 
    Je sais que ça devrait pas prendre autant de place
    mais j’arrive pas à m’en défaire. 
    J’arrive pas à faire abstraction de ça.
    Pas complètement en tout cas.

    J’ai tellement besoin de reconnaissance.
    Tellement besoin de me sentir spéciale. 
    Et quand je me sens pas valorisée,
    j’ai l’impression que je suis pas assez. 
    En fait parfois j’attends trop des autres
    qu’ils m’apportent le sentiment d’être extraordinaire.
    Parce qu’au fond de moi c’est ce que j’ai envie d’être.
    Et c’est ce que j’ai envie que tout le monde voit.

    Parce que si on me voit pas, est-ce qu’on peut m’aimer ? 

    Pourtant je sais aussi que la valeur qu’on a,
    c’est pas quelque chose qui varie en fonction des autres.
    C’est quelque chose qui dépend de nous,
    de ce qu’on ressent pour nous-mêmes.
    Et ça reste un de mes plus grands défis d’intégrer ça.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Intégrer que ma valeur, elle ne vient pas de comment les autres me font me sentir, je sais que c’est quelque chose qui me suit depuis toujours. Même si j’ai travaillé dessus.

    C’est pas quelque chose qui est présent tout le temps. Mais je dirais que ça arrive par crise, souvent quand je me sens émotionnellement fragile ou que je doute de moi. J’ai besoin de sentir que les gens m’aiment et j’ai besoin de sentir qu’ils me trouvent spéciale. J’ai envie de sentir que je compte à travers les yeux des autres. Sentir que j’existe dans la vie des autres.

    Je dirais que j’ai à la fois un ego surdimensionné et pas toujours confiance en moi.
    Je crois que j’ai d’autant plus besoin de me sentir aimée et valorisée, précisément dans les moments où je me sens vulnérable. J’ai besoin qu’on m’aime et qu’on me trouve spéciale parce que sinon j’ai l’impression que je ne suis personne. Comme s’il y avait pas d’entre deux. Soit j’ai la sensation de briller plus fort que tout le monde, soit je me sens éteinte.

    Et dans ces moments-là, ça impacte mes humeurs et mes interactions. Surtout que mon hypersensibilité intensifie toujours tout. Un mot, un détail, et je peux avoir l’impression qu’on me rejette, qu’on ne m’aime pas, que je ne suis pas importante. Et ce ressenti il impacte la manière dont je me perçois moi-même.

    Cet impact, je l’apprivoise avec le temps. Quand j’ai écrit ce texte j’étais en Australie, et je sais que ça m’a aussi beaucoup aider pour ça. J’ai appris plus fort que jamais, qu’on est tous spéciaux à notre manière, et qu’on peut briller en même temps sans s’éteindre les uns les autres.

    Mais il me reste encore du chemin. Pour continuer d’apprendre que la manière dont les gens me perçoivent, et à fortiori l’interprétation que j’en fais, n’est pas vérité absolue. Et aussi pour détacher ce (supposé) jugement, de la valeur que je me porte 

  • 9 – les amitiés en voyage

    9 – les amitiés en voyage

    Quand tu pars seul.e à l’étranger, au final tu l’es jamais vraiment.
    En vérité, tu rencontres tellement de gens sur la route.
    Et quand t’es loin de chez toi, c’est dingue à quel point les connexions, elles se créent super rapidement. Et tout ce que tu vis, tout ce que tu partages avec les autres, c’est intense, c’est fort. 

    Je crois que c’est parce qu’on vit des choses uniques ensemble. Peu importe d’où on vient, peu importe ce qu’on a vécu avant. On partage la même expérience de voyageurs. Surtout quand tu crées des habitudes avec les gens pendant des semaines, des mois. 

    Je vous promets que même si on sait que les au revoir ça fait partie de l’aventure, vraiment, c’est dur. C’est dur à chaque fois. Parce que c’est un peu les repères que tu te crées. C’est ce sur quoi tu te reposes. C’est justement ce qui t’aide à pas te sentir seul.e.

    Et au fond, dès que tu rencontres des personnes avec qui tu partages un petit bout d’aventure, tu sais que tu pourras plus jamais vraiment revivre l’amitié de la même façon. Même si on reste en contact, même si on reste amis, même si on se revoit. Et je crois que dans les amitiés à l’étranger, c’est justement ce caractère éphémère, cette sensation d’avoir vécu quelque chose d’unique, qui rend le truc encore plus beau et fort.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Vous le savez forcément si vous êtes backpackers, on rencontre tellement de gens sur son chemin quand on voyage.

    En Australie, encore plus que quand j’étais expat à Munich (je pouvais le sentir aussi mais différemment parce que quand on est expat, on n’est pas dans cette dynamique de nomadisme), j’e sens’ai senti cette intensité qui va de paire avec le côté éphémère des relations.

    Il y a des connexions qui se créent au fil du temps, d’autres instantanément. On partage des moments ensemble, parfois juste pour quelques jours ou quelques semaines ou quelques mois, et tout est décuplé ici. Il y a quelque chose de spécial, probablement parce que l’aventure l’est aussi.

    Je dis pas qu’aucune amitié est destinée à durer dans le temps. En vrai j’aimerais bien rendre visite à bon nombre de copains rencontrés ici et qui viennent de partout dans le monde. Mais le truc c’est que ce sera forcément différent de ce qu’on a vécu, parce que c’est plus le même contexte. Et on peut pas garder la même intensité tout le temps, certainement pas avec tout le monde…

    Alors on se dit au revoir, on pleure, on se dit qu’on se reverra (et je pense qu’on y arrivera pour certains), et puis on continue notre chemin et on avance. On avance parce que ça fait partie de l’aventure, on le sait. Les séparations à répétitions, c’est dur, c’est triste. Mais c’est probablement ce qui fait aussi la beauté de chaque moment partagé.

  • 8 – être loin

    8 – être loin

    En partant au bout du monde, je ne pensais pas que je ressentirais autant le manque. J’avais déjà vécu à l’étranger et je pensais que c’était ok pour moi. Mais c’est la première fois que je reste si longtemps loin de mes proches.

    D’un côté, être à l’autre bout du monde et se sentir aimée et entourée malgré tout, c’est un sentiment incroyable. On est loin de nos repères mais on s’en crée de nouveaux et on vit des trucs uniques, et c’est beau. Mais de l’autre côté, il y a l’absence qui pèse. Pas tout le temps, mais à certains moments plus que d’autres. Ces soirées autour du feu que j’aimerais partager avec ma famille. Ces couchers de soleil où j’aimerais que mes amis soient là avec moi. Ces balades dans la nature que j’aimerais vivre avec ma maman. Je leur donne un aperçu de ma vie, mais ils sont pas là pour les vivre avec moi. 

    Et me dire que je manque tellement de choses de la vie des personnes que j’aime, c’est pas simple en vrai. ça me fait mal de pas pouvoir assister aux événements importants, ni à tous ces petits moments du quotidien. Et parfois je me sens coupable. Coupable de pas être aussi présente que je le voudrais. De pas envoyer assez de nouvelles, de pas en prendre assez. Je sais qu’on vit sa vie pour soi et pas pour les autres. Et je suis reconnaissante pour tous ces moments incroyables que je vis. Mais il a fallu que je parte à l’autre bout du monde, pour réaliser à quel point c’est important pour moi d’être proche des gens que j’aime. Je suis loin mais si vous saviez à quel point je pense à vous.

    _______________________________________________

    Contexte :

    C’est dur parfois d’être celle qui est loin. Celle qui rate les petits et les grands moments de la vie des gens qu’elle aime. Celle qui voyage et qui ne sait jamais trop quand elle reviendra.

    Choisir c’est toujours un peu renoncer. Et en choisissant de partir, j’ai renoncé à cette vie que j’avais. En Belgique, mais aussi en Allemagne. A ces moments avec les personnes que j’aime et qui partageaient ma vie. A ces habitudes. A tout ce qui aurait pu être.
    Et je sais pourquoi je l’ai fait.
    C’est dur, oui, mais cette vie que je mène, j’en suis tellement heureuse. Et je ne voudrais revenir en arrière pour rien au monde.
    Et c’est en ça que ce sentiment il est ambivalent.
    Il y a le manque et la nostalgie de tout ce qu’on a laissé d’un côté,
    et puis la joie et l’excitation de vivre autant de choses qui nourrissent mon âme.

    Mon bonheur il se trouve à la fois auprès des gens que j’aime (et c’est aussi pour ça que je réalise désormais que je pourrais pas vivre aussi loin pour toujours), et dans les aventures que je vis pour moi (c’est pour ça que je pourrais jamais rester au même endroit juste pour être avec les gens que j’aime).
    Je pense que je pourrais jamais vraiment décider ce qui est le plus important. Je le veux pas d’ailleurs. Le seul moyen de pas trop en souffrir, c’est de trouver un équilibre entre les deux

  • 7 – être seule

    7 – être seule

    Je me rends compte de jour en jour à quel point c’est important, essentiel même, de vivre sa vie pour soi. De comprendre ce qui est bon pour nous, ce qui nous apporte de la joie, et d’aller vers ça. 

    Le truc c’est que si on attend sans cesse de nos relations, amicales, familiales, amoureuses – peu importe – qu’elles nous comblent, qu’elles nous définissent, on ne sera jamais réellement heureux.

    Apprécier les moments de solitude… Et même au-delà de ça, juste construire sa vie seul.e, être capable de penser à soi et à ce qu’on veut dans la vie, sans dépendre des autres, sans attendre les autres, ça s’apprend.

    Moi j’ai toujours cru que je n’aimais pas être seule. Peut être parce qu’être seule c’est me confronter à moi-même. A mes pensées, à mes peurs, à mes parts d’ombres aussi.

    Aujourd’hui j’accepte de plus en plus cet aspect de moi. Et je dirais même que j’ai besoin de ces moments à moi. Besoin de prendre mes propres décisions, de suivre mes propres envies. 

    Ça ne veut pas dire que c’est toujours simple, mais en vrai vous savez ce qui est incroyable ?  Le sentiment de se dire “Oui je suis actrice de ma vie”

    _______________________________________________

    Contexte :

    Je suis à Cooktown quand j’écris ces mots, dans le far north queensland, et je travaille dans un resort pour mes 88 jours. Je vis en communauté, entourée de gens, depuis plus de deux mois… Les moments où je suis seule sont rares, et j’ai compris à quel point je les chéris. C’est pendant cette période que je réalise véritablemen cette dissonance en moi entre la Sarah sociable et la Sarah solitaire. Ce moi introverti qui demande à reprendre sa place. J’ai, à ce moment-là, un vrai déclic, que je développerai à plusieurs reprises par la suite.

    Faire sa vie seul.e, ça ne veut pas dire qu’on l’est vraiment. Je me sens entourée et c’est quelque chose dont j’ai besoin. Mais ce que j’ai réalisé, et ce sur quoi je travaille depuis longtemps, c’est que je ne dois pas attendre des autres qu’ils me rendent heureuse. J’ai compris que mon bonheur c’est moi qui le crée. Je ne peux pas contrôler ce qui se passe autour de moi, ce que font les gens, ce qu’ils pensent. Mais je peux contrôler ma manière d’y réagir.

    Je me sens actrice de ma vie. Auteure même. Je la façonne à ma façon par les choix que je fais. Et c’est ça le truc : c’est moi qui prends les décisions pour ma vie et mon bonheur. Je ne me sens pas spectatrice de ce qui se passe autour de moi. Je me sens libre. Libre d’être où je veux, d’être qui je veux, de faire ce que je veux.
    Ça c’est incroyable.

    Partir en Australie, je crois que ça a été un game changer pour ça. Parce que plus que jamais je sais que rien ne peut m’arrêter. Que si j’ai envie d’atteindre quelque chose, je peux le faire. Et ça, ça me donne le sentiment d’avoir un vrai pouvoir sur ma vie.

  • 6 – me trouver

    6 – me trouver

    A 26 ans j’ai décidé de partir vivre à l’étranger. Et je me dis souvent
    que c’est comme si ma vie avait commencé à ce moment là.
    Comme si tout ce que j’avais vécu avant
    était une répétition.
    Ou plutôt un entrainement.
    Construisant la personne que je suis,
    en me préparant à ce que j’allais vivre ensuite.

    Je crois que c’est ce que j’attendais depuis toujours.
    Partir.
    Parce que j’ai toujours eu du mal
    à me sentir à ma place chez moi.
    J’ai toujours eu l’impression d’étouffer,
    de manquer de quelque chose.
    J’ai jamais, je crois, voulu partir pour fuir,
    mais plutôt pour me trouver.
    Pour découvrir autre chose.

    Et parfois je me dis que ce serait plus simple
    si j’étais en pilote automatique.
    Si j’avais suivi un chemin tout tracé.
    Carrière, maison, mariage, enfants.
    Mais j’arrivais pas à me projeter là dedans. J’aspirais à autre chose.
    Et c’est toujours le cas d’ailleurs.

    J’ai 29 ans
    et quand on me demande ce que je fais dans la vie,
    ou quels sont mes projets,
    je sais pas trop quoi répondre.
    Je me sens perdue parfois.
    Et je doute souvent.
    Mais ce dont je suis sûre,
    c’est que je veux me sentir libre.

    Découvrir le monde.
    Accumuler les premières fois
    et les moments qu’on n’oublie pas.
    Dans le frisson des nouvelles expériences.
    C’est là que je me sens à ma place.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Je revenais d’Indonésie où je suis restée 3 semaines après avoir quitté Sydney, et ça m’a beaucoup questionnée (une fois de plus) sur la vie que je voulais. Après m’être projetée à Sydney, j’étais là sur un scooter à Bali en train de me dire que je pourrais vivre d’amour et d’eau fraiche, simplement, les pieds dans l’eau, entre deux séances de yoga et d’écriture.

    Depuis toujours, j’ai ce sentiment de vouloir toujours plus. L’envie de tout faire. De tout vivre. Je dis souvent que je cours après le temps. Parce que j’ai peur d’en manquer. Peur de rater des choses. De ne pas vivre assez. De ne pas trouver ce pour quoi je suis faite.

    C’est quelque chose que je ressens d’autant plus fort quand je me compare aux autres. Encore plus dans ce chapitre nouveau qu’est la trentaine (je n’y étais pas encore au moment de publier ce texte).
    Pourtant je sais que le timing est personnel et que chaque chemin est différent.
    Et on n’aspire pas toutes et tous à la même chose.
    Mais bon, ça génère beaucoup de questions et de peurs en moi.
    Quand on dévie de la route principale, on ne sait jamais si le chemin dérobé qu’on a choisi sera le bon chemin.

    Et depuis que je suis partie loin de chez moi, il y a ce sentiment d’instabilité permanente. Une instabilité qui me pousse d’autant plus à me remettre en question et à douter. Une instabilité qui me demande de sortir de ma zone de confort. C’est inconfortable du coup, mais en même temps je sais que c’est ce qui me plait.
    Quand j’ai peur, mais que ce n’est pas ça qui m’arrête .

    J’ai encore beaucoup de choses à découvrir, sur le monde et sur moi-même. Je ne me sens pas toujours à la hauteur de mes ambitions, j’ai encore trop souvent des pensées et comportements limitants. Je sais que je douterai encore mille fois, et que je ne cesserai de remettre en question mes choix.
    Mais je sais aussi que ça fait partie du chemin.
    Et je crois que c’est ok 

  • 5 – mes paradoxes

    5 – mes paradoxes

    Je suis solaire,
    pourtant j’ai mes parts d’ombre.
    Je suis remplie d’espoir et de positif,
    pourtant je peux être très mélancolique.
    J’ai confiance en moi,
    pourtant j’ai souvent la sensation de ne pas être assez.
    J’aime aller de l’avant,
    pourtant parfois je ne peux m’empêcher de repenser à des situations passées.
    J’essaie de développer des relations saines,
    pourtant je peux avoir des comportements toxiques.
    Je suis remplie d’amour,
    pourtant je peux être très détachée.
    Je suis un petit coeur, pourtant je peux m’énerver pour un rien.
    Je suis quelqu’un d’extraverti et de sociable,
    pourtant c’est seule que je recharge mes batteries.

    Les paradoxes font partie de moi.
    Pas à pas, j’apprends à les dompter.
    Entre le jour et la nuit,
    le feu et la glace,
    le silence et le bruit.
    J’essaie de trouver un équilibre.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Je suis pétrie de contradictions, je le sais. Quel humain ne l’est pas, vous me direz.
    Je vous parle souvent de l’intensité avec laquelle je ressens, avec laquelle je vis.
    Ça se marque aussi dans les paradoxes qui font de moi celle que je suis.
    Dans le contraste des contraires en moi.

    Parfois je trouve ça fou de me dire que je peux être si différente selon les moments.
    Comme si plusieurs personnalités coexistaient en moi.
    C’est pour ça que j’essaie toujours de comprendre ce qui se passe en moi. Ce qui déclenche tel ou tel sentiment, tel ou tel comportement. ça demande beaucoup d’énergie de s’analyser et de se remettre en question.

    C’est inconfortable aussi, parce que je prends conscience de mes défauts et des choses que je pourrais améliorer. Je me confronte à ces parts d’ombre qui ne sont pas celles que je veux montrer. Et qui existent pourtant. Que je ne peux cacher parfois. Mais je sais que c’est ce qui m’aide à apprivoiser ces paradoxes. Et à en tirer le meilleur. C’est ce qui m’aide à évoluer 

  • 4 – m’attacher

    4 – m’attacher

    J’ai jamais trop réussi à m’engager réellement, ni voulu je pense.
    J’ai toujours beaucoup papillonné.
    Toujours eu ce côté très libre et très changeant.
    Je me lasse vite et j’ai besoin de nouvelles expériences. 

    Du coup ca a toujours été très compliqué pour moi de m’attacher.

    Et puis, je crois que j’ai tellement toujours eu peur d’être décue, rejetée, pas aimée, que je me suis construite avec des barrières mentales qui me font toujours ressentir une forme de détachement.
    Je crée des connexions, oui. et j’aime beaucoup ça.
    Mais pas assez pour laisser les barrières tomber et m’attacher vraiment. 

    Pourtant, je vous jure, je brûle d’envie de ressentir des papillons dans le ventre.

    Et ça m’est déjà arrivé. De laisser grandir cet attachement, le rendant presque viscéral. Le genre de relation où on plonge à corps perdu. Où on se dit qu’on n’avait pas vraiment connu l’amour avant et qu’on le connaîtra plus jamais comme ça. 

    J’ai aimé, vraiment. Je me suis attachée. Très fort.
    Et j’ai souffert. Beaucoup.
    Et parfois, j’ai peur de ne plus tomber amoureuse. Que ce soit impossible de ressentir quelque chose de si fort, de si intense. Ni même de me laisser le ressentir tout court.
    Même si je sais que c’est pas comparable.
    L’amour passionnel c’est presque inévitablement toxique. On brûle donc on ressent très fort, oui. Mais on brûle, donc ça nous détruit.
    Et je veux plus ça.

    Mais j’ai peur que ce qui séduise chez moi ce soit précisément mon détachement. Ce caractère éphémère et insaisissable que je peux avoir. J’ai peur que la conquête de mon coeur soit juste un défi à relever. Alors que moi ce dont je rêve c’est quelqu’un qui soit prêt à conquérir le monde avec moi.

    _______________________________________________

    Contexte :

    J’avais commencé à écrire ces mots quelques semaines avant de publier ce texte sur instagram. Une succession de petites choses, et puis un déclic. Moi qui m’étais toujours un peu dit je ne pourrais jamais réellement m’engager dans une relation de couple, je commençais petit à petit à réaliser que ça pourrait être aujourd’hui quelque chose que j’aimerais beaucoup vivre. Et pour laquelle je pourrais être ouverte. Une relation saine et constructive, avec un coéquipier de choc. Une relation où on rit, on découvre, on cultive le plaisir, on se soutient, on s’inspire, on s’élève. Et ça c’est en grande partie parce que je vivais une romance à distance. Qui aura quand même duré quelques mois avant de s’essoufler (si au début la distance pouvait créer une forme de fantasme de la rencontre, mon détachement a repris le dessus, par l’absence de vrais contacts physiques et la disparition progressive d’un manque idéalisé)

    Ceci étant, je crois que j’ai compris à ce moment là, qu’aimer c’est une condition nécessaire pour une relation mais pas forcément une condition suffisante. On peut s’aimer mais s’aimer mal. On peut s’aimer mais ne pas se correspondre. Que même en étant attachés l’un à l’autre, même quand on ressent un amour infiniment puissant, ça ne veut pas forcément dire qu’il est sain ni qu’il est fait pour durer. Parce que l’amour ça se ressent, mais une relation ça se construit. Et il m’aura fallu vivre trois relations avec la même personne pour réaliser ça.

    Aujourd’hui, j’ai encore des peurs mais j’évolue, je le sens.
    Chaque expérience m’amène un peu plus à comprendre ce que je veux, et ce que je ne veux plus. Je peux dire que j’aimerais réapprendre à faire tomber mes barrières. Sentir que je peux prendre le risque et lâcher prise. Sans attentes, ni pression, j’ai senti à ce moment là, que j’étais à nouveau prête à aimer et à l’être.

    Aujourd’hui, c’est toujours un sentiment qui me traverse, même si je m’interroge beaucoup sur les modalités des relations auxquelles j’aspire. Sur ma sexualité, sur la définition de la liberté, sur le polyamour… Mais j’y reviendrai sans aucun doutes sur de prochains textes…