Étiquette : hypersensibilité

  • 10 – le regard des autres

    10 – le regard des autres

    J’ai toujours eu cette peur d’être banale,
    de ne pas marquer les esprits.
    Dans tout ce que je fais je crois,
    il y a une volonté de me démarquer. 
    J’ai cette envie dévorante,
    dévorante, c’est vraiment le mot,
    de briller.
    C’est quelque chose qui m’a longtemps obsédée.
    Et qui me suit encore beaucoup.
    C’est au-delà de vouloir juste
    être au centre de l’attention.
    C’est même pas forcément toujours le cas. 

    Je crois juste que ma valeur,
    je la perçois beaucoup à travers les yeux des autres. 
    Ou en tout cas à travers l’idée que je m’en fais. 
    Je sais que ça devrait pas prendre autant de place
    mais j’arrive pas à m’en défaire. 
    J’arrive pas à faire abstraction de ça.
    Pas complètement en tout cas.

    J’ai tellement besoin de reconnaissance.
    Tellement besoin de me sentir spéciale. 
    Et quand je me sens pas valorisée,
    j’ai l’impression que je suis pas assez. 
    En fait parfois j’attends trop des autres
    qu’ils m’apportent le sentiment d’être extraordinaire.
    Parce qu’au fond de moi c’est ce que j’ai envie d’être.
    Et c’est ce que j’ai envie que tout le monde voit.

    Parce que si on me voit pas, est-ce qu’on peut m’aimer ? 

    Pourtant je sais aussi que la valeur qu’on a,
    c’est pas quelque chose qui varie en fonction des autres.
    C’est quelque chose qui dépend de nous,
    de ce qu’on ressent pour nous-mêmes.
    Et ça reste un de mes plus grands défis d’intégrer ça.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Intégrer que ma valeur, elle ne vient pas de comment les autres me font me sentir, je sais que c’est quelque chose qui me suit depuis toujours. Même si j’ai travaillé dessus.

    C’est pas quelque chose qui est présent tout le temps. Mais je dirais que ça arrive par crise, souvent quand je me sens émotionnellement fragile ou que je doute de moi. J’ai besoin de sentir que les gens m’aiment et j’ai besoin de sentir qu’ils me trouvent spéciale. J’ai envie de sentir que je compte à travers les yeux des autres. Sentir que j’existe dans la vie des autres.

    Je dirais que j’ai à la fois un ego surdimensionné et pas toujours confiance en moi.
    Je crois que j’ai d’autant plus besoin de me sentir aimée et valorisée, précisément dans les moments où je me sens vulnérable. J’ai besoin qu’on m’aime et qu’on me trouve spéciale parce que sinon j’ai l’impression que je ne suis personne. Comme s’il y avait pas d’entre deux. Soit j’ai la sensation de briller plus fort que tout le monde, soit je me sens éteinte.

    Et dans ces moments-là, ça impacte mes humeurs et mes interactions. Surtout que mon hypersensibilité intensifie toujours tout. Un mot, un détail, et je peux avoir l’impression qu’on me rejette, qu’on ne m’aime pas, que je ne suis pas importante. Et ce ressenti il impacte la manière dont je me perçois moi-même.

    Cet impact, je l’apprivoise avec le temps. Quand j’ai écrit ce texte j’étais en Australie, et je sais que ça m’a aussi beaucoup aider pour ça. J’ai appris plus fort que jamais, qu’on est tous spéciaux à notre manière, et qu’on peut briller en même temps sans s’éteindre les uns les autres.

    Mais il me reste encore du chemin. Pour continuer d’apprendre que la manière dont les gens me perçoivent, et à fortiori l’interprétation que j’en fais, n’est pas vérité absolue. Et aussi pour détacher ce (supposé) jugement, de la valeur que je me porte 

  • 2 – je déborde

    2 – je déborde

    Depuis toujours, je ressens tout très fort. Les joies comme les peines. Les moments de solitude, les moments de fête. Je suis dans une sorte d’hypersensibilité constante. Ce qui semble être un détail pour beaucoup, moi, peut me toucher très fort.

    Je suis bien souvent l’excès. Je suis bien souvent le trop plein. J’ai la sensation d’être en permanence dans des montagnes russes.  D’abord il y a l’ascension. Je ressens une énergie et une motivation sans limites, ce qui me donne l’impressionque je pourrais soulever des montagnes. Je me sens aimée et puissante. C’est dans ce genre de moment que mon esprit va s’agiter et que je vais réussir à donner corps à mon imagination. J’ai mille idées et la brûlante envie de les mettre en œuvre. Et puis il y a la redescente. Où j’étouffe sous la pression. Où je me noie dans le stress de mes envies et de mes ambitions. Dans ces moments-là, je me sens perdue, et j’ai l’impression d’être paralysée. J’ai cette sensation que j’évoque souvent, celle de ne “pas être assez”. 

    Et dans ces oscillations incessantes, j’ai l’impression parfois que je ne connais que peu la nuance. Soit j’exulte, soit je m’éteins. Qu’il s’agisse de plaisir, de mélancolie, d’amour, de rire, de pensées, de vie. En fait, je déborde toujours. Mais c’est qui fait que je me sens vivante.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Depuis aussi loin que je m’en souvienne, ça a toujours été dur de gérer l’intensité de mes émotions. J’ai souvent cité Flaubert qui disait “ce qui érafle les autres, me déchire”
    Quelles qu’elles soient, elles arrivent bien souvent comme pourrait arriver une tornade. Et on n’arrête pas une tornade. On peut juste apprendre à reconnaître les signes, et à s’en protéger.
    J’ai appris à anticiper mais je me laisse quand même encore souvent emporter. C’est juste que, plus j’avance, plus j’apprends à me connaître et à comprendre ce qui va m’apaiser. Et moins je laisse la tornade faire des dégâts.

    Je ne peux pas m’empêcher de ressentir mes émotions mais je les canalise en rationalisant, en relativisant, et surtout, en passant à l’action. Quand je touche le fond, c’est précisément là que je rebondis le mieux. C’est là que je me force à créer l’impulsion qui me fera remonter à la surface. En d’autres termes, c’est là que je me bouge le cul.

    C’est aussi important pour moi d’accepter cette dualité en moi : on voit souvent mon côté solaire, et c’est vrai qu’il rayonne beaucoup ; mais j’ai aussi ma part d’ombre, et il peut apparaître avec la même intensité.

    Mais s’il y a une chose que j’ai appris à me répéter, c’est celle-ci : c’est dans la nuit la plus noire, qu’on apprécie la plus faible des lumières.
    Quand je souffre, je me rappelle toujours que l’intensité avec laquelle je ressens la douleur, elle sera la même quand je ressentirai le moindre petit bonheur. Chaque coucher de soleil, chaque nouveau paysage, chaque rencontre, chaque caresse, chaque rayon de soleil sur ma peau, chaque fou rire. Déborder de bonheur, c’est quelque chose vous savez. Et franchement, ne serait-ce que pour ça, je ne changerais rien.

  • 1 – être moi

    1 – être moi

    Ce que je trouve génial sur les réseaux, c’est ce champ infini des possibles. On échange, on s’inspire. Mais on se compare aussi beaucoup. Ce qu’on montre, c’est qu’une petite fenêtre de ce qu’on vit. Je le sais. Sauf que je me retrouve souvent dans une quête impossible de la perfection. 

    Parce que “suis-je assez si je suis pas parfaite ?”.

    Cette question elle m’ a toujours obsédée. C’est fou parce que je suis heureuse, et je suis plutôt fière de moi. Mais je finis toujours par voir tout ce que j’ai pas. Tout ce que je fais pas. Tout ce que je suis pas. Et à force de scroller, ça renforce mon sentiment de pas être assez. 

    Des fois j’ai juste l’impression d’être nulle, de pas avancer, de pas pouvoir réussir mes projets aussi bien que les autres. C’est un gros frein en vrai.

    Mais plus je réfléchis à tout ça, plus je me rends compte que moi ce qui me touche et m’inspire, c’est l’authenticité . 

    Et en fait c’est ça le sens que j’ai envie de donner à ce que je partage. 

    Être moi. 

    Avec ma curiosité et mon audace, et puis aussi mes peurs et mes failles. 

    C’est ce que j’ai envie de montrer et c’est ce que j’ai envie de voir aussi. Du vrai. Juste être soi, oui. Parce que c’est ce qu’on fait le mieux finalement. 

    Alors voilà ce que je veux qu’on voit de moi : précisément tout ce que je suis  quand personne ne me voit.

    _______________________________________________

    Contexte :

    Toutes ces choses que j’ai en tête, je les partage beaucoup en privé, dans la vraie vie ou par messages interposés. J’ai toujours essayé de donner corps à mes introspections. C’est aussi ce que je faisais en écrivant sur mon blog. Souvent je me perds parce que mon besoin de reconnaissance, mon perfectionnisme maladif et mon envie de briller m’amènent à trop réfléchir à l’image que je renvoie. J’ai toujours eu cette peur de pas être à la hauteur et qu’on ne voit pas tout ce que j’ai en moi. 

    Le truc c’est que spoiler alert : je suis pas parfaite. J’aime courir mais je suis pas marathonienne, j’aime écrire mais je sors pas des articles toutes les semaines, j’aime chanter mais je suis pas chanteuse, j’aime cuisine mais je me destine pas à être Chef étoilé, j’aime en apprendre sur le vin mais je suis loin d’être oenologue, j’aime créer du contenu mais je veux pas être influenceuse. 

    En fait, je suis juste moi. Avec mon envie d’essayer, d’échouer, d’apprendre, de progresser. Je suis juste moi. Comme la plupart d’entre nous. Intéressée par tellement de choses, mais sans être experte en tout.

    Plus j’avance et plus je suis convaincue d’une chose : ce qui m’anime c’est partager. Des émotions, des réflexions, des opinions, et des moments. J’ai cette soif immense de découvrir. De vivre intensément sans me mettre de limites. Et c’est ça que j’ai envie de transmettre ici. Dans toute la complexité et l’hétérogénéité de nos êtres. échanger c’est ce qui me nourrit. J’adore raconter ma vie, mais j’aime aussi beaucoup écouter ce que vous avez à raconter sur la vôtre.

    Alors tout ça prendra probablement plusieurs formes, plusieurs chemins. Je ne veux pas me limiter ou me catégoriser. ça évoluera et fluctuera en même temps que moi. Mais je sens que c’est ma voie. Mon fil d’ariane. 

    A l’heure où l’instantanéité est légion, tout va vite et les vues guident les contenus. A l’heure où on n’a pas le temps, moi j’ai envie d’en prendre. 

    Je fais ça pour moi, parce que j’en ai besoin. Mais aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule à avoir tout ça en moi. Peut-être pas toujours avec la même intensité, ni exactement de la même manière. Mais j’aimerais que vous qui, comme moi, vous sentez parfois seuls face à toutes vos émotions et pensées, vous puissiez sentir qu’en réalité vous ne l’êtes pas.