12 – lâcher prise

J’apprends à lâcher prise.

Ça peut paraître dingue mais toute ma vie, ou en tout une grande partie, j’ai eu cette impression d’avoir une sorte de petite Sarah tyrannique dans la tête. une petite voix qui veut que je sois parfaite, elle veut que j’en fasse toujours plus, 

Y a vraiment ces deux énergies en moi.

Cette Sarah là avec beaucoup d’ambition, qui va transformer chaque idée en une opportunité de briller, chaque moment en une occasion de travailler pour atteindre nos objectifs, qui va me faire me sentir nulle ou coupable quand j’arrive pas à tout gérer dans ma vie parce qu’elle pense sans cesse à construire l’avenir. 

Et puis l’autre Sarah, qui est dans l’instant présent, qui a envie de profiter de chaque instant, envie de vivre, de faire les choses par plaisir et pas par contrainte, envie d’essayer sans forcément performer. 

C’est souvent plein d’émotions contradictoires dans ma tête. C’est un vrai combat interieur entre ce besoin de faire et de toujours produire ET ce besoin d’être et de vivre. Souvent j’ai du mal à faire les choses juste comme ça, genre me poser pour regarder un film ou juste paresser, faire une grasse mat, si je suis seule j’arrive pas. Parce que je culpabilise de pas utiliser ce temps pour autre chose. De pas écrire, de pas monter une nouvelle vidéo, de pas lancer un nouveau projet, de pas développer de nouvelles interactions.

Mais là je le sens presque physiquement, j’apprends vraiment à lâcher prise sur ce besoin de tout controler, sur ce besoin de transformer chaque moment en mission, et j’apprends à essayer de faire les choses comme je les ressens, sans me mettre cette pression infernale. En fait j’essaye de laisser plus de place à cette autre Sarah en moi qui aspire à être heureuse plus qu’à être parfaite.

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Contexte :

Quand j’ai commencé ce texte, j’ai senti que c’était le bon moment d’écrire là dessus.
Ma vie, ça a toujours été ce combat intérieur entre ces deux Sarah qui font de moi celle que je suis.
Entre cette énergie de s’étendre, de créer et ce besoin de vivre l’instant présent.
Entre ce besoin de faire et ce besoin d’être.

Il y a cette partie de moi, cette Sarah tyran comme je l’appelle, qui a tout fait pour être la personne que je suis aujourd’hui ; sociable, capable de connecter facilement avec les gens, avec l’envie de créer, et pour ça je l’en remercie. Mais avec le temps… elle a pris trop de place?

J’ai réalisé à quel point je peux être dure avec moi-même. Et ça fait longtemps que j’ai commencé à prendre conscience de ça mais sans vraiment réussir à m’en détacher. Cette voix, elle s’insinue dans chaque moment où elle perd le contrôle et je me retrouve à culpabiliser dès que je fais une pause. Elle m’empêche de vivre sans objectif à atteindre, elle me détourne du moment présent. Elle est mon anxiété.

Pour elle, si je ne produis pas, je stagne.
Et dans une quête impossible de perfection, j’ai la sensation de ne jamais faire assez, de ne jamais être à la hauteur de mes ambitions, et en même temps de ne jamais profiter à 100%. Et ce paradoxe permanent m’épuise.

Je remarque que depuis que je me suis installée à Bruxelles, j’apprends à lâcher prise sur ce besoin d’être dans la productivité permanente, de contrôler chaque aspect de ma vie, de vouloir atteindre sans cesse des objectifs. J’ai l’impression de reprendre du pouvoir sur ma capacité à vivre l’instant présent à l’apprécier, et à cultiver ma capacité à être heureuse.

Le chemin est encore long mais je sais que j’avance

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