8 – être loin

En partant au bout du monde, je ne pensais pas que je ressentirais autant le manque. J’avais déjà vécu à l’étranger et je pensais que c’était ok pour moi. Mais c’est la première fois que je reste si longtemps loin de mes proches.

D’un côté, être à l’autre bout du monde et se sentir aimée et entourée malgré tout, c’est un sentiment incroyable. On est loin de nos repères mais on s’en crée de nouveaux et on vit des trucs uniques, et c’est beau. Mais de l’autre côté, il y a l’absence qui pèse. Pas tout le temps, mais à certains moments plus que d’autres. Ces soirées autour du feu que j’aimerais partager avec ma famille. Ces couchers de soleil où j’aimerais que mes amis soient là avec moi. Ces balades dans la nature que j’aimerais vivre avec ma maman. Je leur donne un aperçu de ma vie, mais ils sont pas là pour les vivre avec moi. 

Et me dire que je manque tellement de choses de la vie des personnes que j’aime, c’est pas simple en vrai. ça me fait mal de pas pouvoir assister aux événements importants, ni à tous ces petits moments du quotidien. Et parfois je me sens coupable. Coupable de pas être aussi présente que je le voudrais. De pas envoyer assez de nouvelles, de pas en prendre assez. Je sais qu’on vit sa vie pour soi et pas pour les autres. Et je suis reconnaissante pour tous ces moments incroyables que je vis. Mais il a fallu que je parte à l’autre bout du monde, pour réaliser à quel point c’est important pour moi d’être proche des gens que j’aime. Je suis loin mais si vous saviez à quel point je pense à vous.

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Contexte :

C’est dur parfois d’être celle qui est loin. Celle qui rate les petits et les grands moments de la vie des gens qu’elle aime. Celle qui voyage et qui ne sait jamais trop quand elle reviendra.

Choisir c’est toujours un peu renoncer. Et en choisissant de partir, j’ai renoncé à cette vie que j’avais. En Belgique, mais aussi en Allemagne. A ces moments avec les personnes que j’aime et qui partageaient ma vie. A ces habitudes. A tout ce qui aurait pu être.
Et je sais pourquoi je l’ai fait.
C’est dur, oui, mais cette vie que je mène, j’en suis tellement heureuse. Et je ne voudrais revenir en arrière pour rien au monde.
Et c’est en ça que ce sentiment il est ambivalent.
Il y a le manque et la nostalgie de tout ce qu’on a laissé d’un côté,
et puis la joie et l’excitation de vivre autant de choses qui nourrissent mon âme.

Mon bonheur il se trouve à la fois auprès des gens que j’aime (et c’est aussi pour ça que je réalise désormais que je pourrais pas vivre aussi loin pour toujours), et dans les aventures que je vis pour moi (c’est pour ça que je pourrais jamais rester au même endroit juste pour être avec les gens que j’aime).
Je pense que je pourrais jamais vraiment décider ce qui est le plus important. Je le veux pas d’ailleurs. Le seul moyen de pas trop en souffrir, c’est de trouver un équilibre entre les deux

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