j’ai rencontré mon moi du passé

(publié sur mon instagram, le 24 février 2025)

J’ai rencontré la moi de 23 ans dans un café.
On est toutes les deux arrivées avec 5 minutes de retard. Elle a pris un thé au gingembre parce que le café lui donne mal à ľestomac, moi j’ai hésité entre un cappuccino et un matcha au lait d’amande, mais j’ai finalement commandé le matcha. Et un pain au chocolat aussi. Elle m’a regardée, surprise. Je lui ai dit que je n’avais plus peur de manger et que mes troubles alimentaires ne me contrôlaient plus.

Elle m’a demandé si j’écrivais toujours. J’ai souri en lui disant que j’avais compris qu écrire c’était ma raison d’être, mon fil conducteur et que, même quand je doute de tout, je ne doute pas de ça. Elle a souri aussi.

Je lui ai raconté que javais vécu en Allemagne, que je voyageais beaucoup, que je revenais d’ailleurs d’un an en Australie, et que j’y retournais bientôt. Elle m’a regardée les yeux écarquillés en me demandant si j’étais riche. J’ai rigolé en lui disant que l’argent, ça va ça vient, mais que les souvenirs qu’elle créera sur la route, eux, resteront pour toujours.

Elle m’a dit qu’elle avait du mal à imaginer comment l’avenir pourrait être lumineux tant son mal-être la ronge, mais qu’elle a envie d’y croire, elle a commencé une thérapie. Je lui ai répondu qu’elle s’apprendrait plus qu’elle ne peut limaginer et qu’elle devait faire confiance au processus.

Elle a voulu en savoir plus, déjà prête à écrire une to-do list et un plan d’action. Je ne la blâme pas, je suis pareille. Mais je lui ai dit qu’on ne pouvait pas tout prévoir et que la vie était pleine de surprises.

Avant de partir, elle m’a demandé si j’étais heureuse. Je lui ai dit que je me sentais heureuse d’être actrice de ma vie, que ça m’arrivait encore de me sentir perdue mais qu’au final c’était souvent le meilleur moyen pour me retrouyer, J’ai ajouté que le temps lui apprendra que le bonheur c’est un état d’esprit, une manière de voir la vie, davantage qư’un objectif. Que ce serait pas toujours simple, qu’ily aurait encore des tas de doutes, de peurs, de remises en question, et de moments où elle ne se sentira pas assez. Mais que ces moments seront de moins en moins fréquents et de plus en plus courts. Je lui ai dit que son hypersensibilité ne serait pas une fatalité si elle apprenait à en faire une force créatrice.

On s’est prises dans les bras. Je lui ai murmuré que quoi qu’il arrive, elle devait se faire confiance et se mettre moins de pression. Qu’elle devait oser sans attendre que tout soit parfait. Je crois que je parlais autant à la moi de 23 ans qu’à la moi d’aujourd’hui à cet instant. J’ai payé pour nous deux, elle m’a remerciée en me promettant qu’elle m’inviterait en retour quand je reviendrai la voir. Elle m’a dit au revoir en me disant qu’elle était fière de moi.

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Contexte

J’avais vu cette trend passer plusieurs fois, mais j’ai mis du temps à la faire. J’avais l’impression que tout le monde mettait surtout en avant une version qui a « réussi » par rapport à son soi jeune. Et moi, je ne me sentais pas nécessairement légitime de dire ça comme ça.

Soyons honnêtes, je ne coche pas vraiment les cases de la réussite selon ce qui est le plus communément perçu comme tel : je n’ai pas construit de carrière, pas lancé de business, pas de relation amoureuse stable, pas acheté de maison … et je ne sais absolument pas où je serai dans deux ans.
Mais j’ai envie de dire que je vis selon ce qui me fait vibrer. Je me suis toujours vite lassée, j’ai toujours eu besoin de changement et de renouveau pour me sentir vivante. Alors oui, je suis mes envies et mon intuition. Et ça me mène souvent hors de ma zone de confort, vers l’inconnu et l’instable.

Si je me compare à la Sarah de 23 ans, je réalise évidemment que j’ai changé. Les expériences m’ont fait évoluer, et j’ai vécu des choses que je n’aurais jamais pu penser possibles ou atteignables à l’époque. J’ai grandi, et je me sens capable de vivre selon mes propres règles.
Pourtant, je lui ressemble encore sur certains points. J’ai encore des peurs, des doutes, et des freins. Je suis encore parfois cette petite meuf qui se sent pas assez. Même si j’ai davantage confiance en moi, j’ai encore du mal à avoir confiance en ce que je fais.

Mais si la moi de 23 ans me voyait aujourd’hui, je crois qu’elle serait fière. Parce que je n’ai pas abandonné. Parce que j’ai transformé ce qu’elle appellait des rêves en réalité. Et je pense qu’aujourd’hui, elle me rappellerait que si je l’ai fait avant, je peux encore le faire.
Alors, on se dirait toutes les deux que chaque nouvelle montagne, on réussira à la gravir, à condition d’y aller étape par étape.

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