Il était une fois à Ibiza.
Une première fois.
Je débarque avec l’excitation du voyage, que j’ai voulu aventureux.
C’est terriblement galvanisant, mais toujours incertain.
On vient me chercher,
je ne connais pas, mais je m’en remets à cet ami d’amie ;
après tout, la confiance fait partie de l’expérience.
Me voilà au milieu de la nature,
presque sauvage, chaude, luxuriante.
C’est beau, mais l’atmosphère est lourde.
Je ne suis pas totalement à l’aise.
Le ciel est couvert, il pleut.
Ibiza m’accueille rudement.
La soirée s’adoucit.
Sauna, bain glacé et coucher du soleil.
Réminiscence de ma vie australienne.
La nuit arrive et on m’invite à faire la fête.
Oui je sais, c’est ma première nuit à Ibiza ;
mais je ne le sens pas.
Et je n’ai pas envie de me forcer.
Alors je choisis le repos.
Je choisis de m’écouter.
Intuition.
Pas de réseau et des pensées emmêlées.
Je me dis : demain est un autre jour.
Et le lendemain m’apporte bel et bien un nouveau jour.
Soleil et sentiment de calme revenus,
je rejoins des amis,
safe place.
Le ciel est radieux, je sens la chaleur sur ma peau, la vie est belle.
La fin de la journée approche
et avec elle ma première soirée sur l’île de la fête.
C’est magique.
C’est spécial.
Je me sens vivante.
Et pourtant… ce sentiment lancinant.
Il y a en moi une ambivalence qui ne me quitte pas.
D’un côté, l’attrait du strass et des paillettes.
Ce faste auquel peu de gens ont accès.
Les coulisses, l’illimité, les gens aux milliers d’abonnés.
Ce monde est grisant.
Et quelque part, oui, ça m’attire.
Parce que ça me rappelle que je veux une vie spéciale.
Une vie où je n’attends pas le week-end pour vivre.
Une vie où j’existe,
et où chaque jour compte.
Mais de l’autre côté, la lucidité.
Je sais que ce monde-là peut être superficiel.
Un nuage de fumée.
Je ne veux pas de “ça”.
Je veux une vie « waouh », oui, mais une vie réelle.
Une vie où je ne me perds pas dans ce qui ne me ressemble pas ;
une vie où je suis moi.
Ibiza m’a montré ses contradictions,
et m’a mise face aux miennes.
Ibiza m’a forcée à regarder mon malaise en face,
à me demander si je fais assez pour mes rêves.
Si je ne me laisse pas trop bercer
par une routine douce et confortable.
Une routine sécurisante, mais qui n’est pas à la hauteur de mes aspirations.
Ibiza, entre légèreté et excès, m’a réveillée.
Quand j’y pense, il y a quelques semaines encore,
j’étais prête à écourter mon voyage en Australie,
à accepter de revenir sagement dans une vie agréable,
mais où mon énergie aurait servi les projets des autres.
Aujourd’hui, je sais que je n’ai plus envie de remettre mes rêves à demain.
Je veux construire ce que j’ai envie de construire.
Me lancer à 100%.
Oser.
Ne plus avoir peur.
Profiter de cette année en Australie pour financer mes projets,
les nourrir de mes rencontres, de mes expériences.
Ibiza, avec tes contrastes,
tu m’as rappelé l’essentiel :
je veux une vie qui se raconte;
une vie où je suis le personnage principal ;
une vie où je peux être pleinement moi.

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