oser dire non

(publié sur mon instagram, le 17 septembre 2025)

Un nom.
Trois lettres.
Non.
Un mot simple.
Mais un mot dur.

Non
Un mot qu’on devrait pouvoir dire sans trembler,
sans s’expliquer, 
sans s’excuser.

Mais dire non, ça déroute ;
ça démange, ça dérange ;
ça dénonce, ça démonte ;
et ça fait peur parfois.

Parce qu’on croit peut-être qu’une fois est coutume
et qu’un sourire est un passe droit

Ma gentillesse n’est pas une porte ouverte.
Ce n’est pas parce que j’écoute, que je dois répondre. 
Pas non plus parce que je donne une fois, que je devrai donner toujours.

Alors j’insiste, je répète, je martèle :
J’ai le droit de ne pas être disponible.
Et je ne veux pas me sentir coupable.

Je refuse cette pression.
De l’interaction.
De l’immédiateté.
Des autres.

Dire non, c’est dire oui.
Oui à moi.
à mon temps,
à mon énergie.

Dire non, c’est exister.
Dire non, c’est décider.

Sans me justifier.
Sans m’excuser.
Sans inventer.

Non.
Parce que j’ai besoin de temps.
Pour moi.
Pour respirer.
Pour me recentrer.

Alors je dis non,
comme une décision,
une direction,
une libération.

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Contexte

Ce texte est un rappel : apprendre à dire non pour me préserver.
Ce n’est pas fermer la porte mais c’est m’affirmer.
C’est dire non aux avances non désirées, aux attentes qui ne me conviennent pas, aux modes de relation qui ne me respectent pas.
C’est dire non à une disponibilité à la demande ; à cette pression d’être toujours là, toujours prête, toujours gentille.

Je l’écrivais déjà en 2019 dans un texte de mon journal :

« On ne peut entretenir une infinité de relations. C’est ingérable et, finalement, malhonnête. J’ai simplement décidé de ne plus être disponible pour tout le monde. Et j’ai parfois la sensation qu’on me le reproche. Qu’on me culpabilise de pas être là dès que l’on me sollicite. Non, je ne veux pas vivre sous pression, ni celle de la sociabilité ni celle de l’immédiateté, et encore moins celle des gens »

Aujourd’hui je le réaffirme : je veux penser à moi, et je ne veux plus me sentir coupable pour ça.
Le temps est ma valeur la plus précieuse. Si je passe ma vie à être celle qu’on veut que je sois, à dire oui à chaque requête d’attention, je ne vis plus pour moi.

Mais je sais aussi que l’équilibre est là : apprendre à répartir mon énergie.
Parce que parfois, dans mon silence, je peux blesser des gens que j’aime.
Je le dis souvent : les interactions m’épuisent, alors je décroche, je disparais un peu.
Mais je ne veux pas que mon absence devienne un « non » qui devienne un mur.
Ne pas choisir peut aussi être perçu comme renoncer.

Dire non, l’affirmer sans ambiguïté, c’est fermer la porte.
Et c’est seulement comme ça que je peux choisir d’ouvrir celles qui comptent vraiment.

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