(message envoyé le 29 juin 2025 et déclamé sur la scène de Lost Words à Bruxelles le 17 juillet 2025)
Contexte : j’allais voir une amie qui déclamait ses mots sur scène et par sa bienveillante insistance, je m’y suis retrouvée aussi. C’est un vrai évènement dans ma vie d’artiste, parce que je n’avais jamais transposer mes mots au-delà des écrans, au-delà de ce qu’on voit. D’autant plus, que prise au dépourvu, j’ai sélectionné un message envoyé quelques semaines plus tôt. Un choix inattendu, même pour moi-même, mais un choix révélateur, symbolique. Si je n’ai pas peur de monter sur scène, la sensation d’être vulnérable en amour m’effraie. J’écris rarement sur mes relations amoureuses et romantiques. En tout cas en sortant rarement de ma position de contrôle. Comme je le suis dans mes relations d’ailleurs. Précisément parce que j’ai peur d’apparaitre vulnérable (j’écris d’ailleurs sur cette thématique pour un prochain texte). Alors, déclamer ce texte c’était un inversement des rôles, une sorte de catharsis, c’était ce « regardez-moi vous parler de mes sentiments, sans artifices, sans pirtouettes, vulnérable, les émotions à nue«
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J’ai commencé à écrire ces mots au milieu de la nuit. Besoin irrépressible, cœur serré. On m’a dit : Ce qui se dit la nuit ne voit souvent pas le jour. Alors j’ai préféré attendre le jour pour te lire cette nuit que j’ai passée à penser à toi, à nous.
J’ai cherché une bonne manière
de te dire tout ce que j’avais sur le coeur,
je me suis aussi demandé s’il en existait une
et aussi au final, si cela servait seulement à quelque chose.
Mais on partage, je crois, l’amour des mots,
et écrire reste ma plus belle arme contre les sursauts de mon esprit,
contre la mélancolie de mon âme.
Alors me voilà à te partager ces mots qui, à mon image, relèvent d’un méli mélo à peine structuré,
probablement plus alambiqué qu’il ne le devrait,
ces mots qui sont grandiloquent, toujours,
mais remplis de sens pourtant.
Cette question résonne en moi depuis quelques jours : Qu’est ce qui fait plus de bruit que le silence ?
Parce que c’est là où nous en sommes.
Se dire au revoir sans au revoir.
Et peut-être que tout ça ne vit que dans ma tête.
Peut-être que ce qui m’apparait comme lourd et profondément douloureux, n’est que légèreté et indifférence pour toi.
Et je l’accepte.
Mon ego a cessé de fonctionner correctement avec toi
depuis le premier jour je crois.
Mais j’ai besoin de te l’exprimer
parce que je ne sais pas si c’est ce qui rend le plus honneur
à ce que j’avais l’impression de partager avec toi.
Je sais.
Je sais que nous ne marchons pas sur le même chemin.
Je sais que nos routes se sont croisées là
où il n’y avait a priori aucun passage de traverse.
Mais c’est arrivé.
C’est arrivé et l’espace d’un instant,
de plusieurs à vrai dire,
littéralement à chacun des moments passés ensemble
peu importe leur teneur ou leur durée
j’ai senti l’intensité.
J’ai entrevu un monde où nos chemins étaient connectés
en plusieurs lieux.
Comme s’ils n’étaient parallèles qu’en surface,
cachant des tunnels sous-terrains
où la rencontre serait devenue possible.
Et c’est là le plus dur.
Non pas juste de renoncer
à tous ces moments
qui me restent en tête
comme le souvenir doux mais amer
d’un rêve dont on vient de se réveiller,
laissant un sentiment déroutant de vide en nous.
Non pas juste ça,
même si c’est déjà beaucoup.
Mais plus encore,
renoncer à ce qui aurait pu être.
A toutes ces vies que l’on aurait pu vivre.
A tout cet amour,
ou en tout cas sa projection,
qui n’aura exister que dans l’esprit vagabond d’une jeune femme
libre et sauvage
profondément amoureuse de l’amour.
Alors aujourd’hui, que reste-t-il de nous ? Que reste-t-il de ce qu’on aurait pu être ?
Il ne reste que les souvenirs flous,
les fantasmes assagis
et les mots nus envolés.
Et puis le silence.
Et c’est peut-être mieux comme ça ?
Parce que peut-être que vivre quelque chose qui ne peut se vivre pleinement
n’a alors pas lieu de vivre tout court ?
Parce que vivre l’intensité à moitié,
ça n’existe pas ?
Parce que le plaisir éphémère de ce dont on doit se contenter
ne compense pas la douleur
de ne pas pouvoir embras(s)er pleinement ce feu qui vit en nous ? Probablement tout ça.
Alors je suis en colère,
pas vraiment contre toi,
mais contre le sort,
le ciel,
la vie tout simplement.
La faute à pas de chance.
Mais merci d’avoir été pour un court moment même,
l’objet d’un sentiment sans nom mais si profond.
Merci aussi de
m’avoir permise,
malgré ces sentiments brulants,
de comprendre que je devais me choisir.
Je souffre une fois mais pour que la souffrance ne dure pas.
Tu garderas une place particulière.

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