Est-ce que la confiance en soi, ça se juge ?
Je me suis posée la question quand on m’a dit : ”c’est bien d’avoir de l’ego mais il ne faut pas qu’il soit trop disproportionné” en réponse à vidéo que j’avais postée. Une vidéo de moi qui aime le reflet que le miroir me renvoie.
Et j’ai trouvé ça marrant. Enfin, entendons-nous, pas drôle, mais interpellant comme réflexion. Et par extension, intéressant à analyser.
Cette manière subtile de vouloir amoindrir l’estime que quelqu’un a de lui-même. Comme si c’était aux autres de décider où se situe la limite entre s’aimer et trop s’aimer.
Mais pourquoi faudrait-il s’excuser de se sentir bien dans sa peau ?
S’affirmer ça fait peur, ça fait parler.
Si je dis que je me sens bien avec moi-même, que je m’aime, que je me trouve belle, que je suis fière de moi et de ce que j’accomplis, est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’arrogant ?
Je trouve ça fascinant à quel point la confiance en soi peut être perçue comme une provocation, comme un excès. De fierté, d’ego, de soi.
Comme s’il fallait toujours doser, mesurer, minimiser.
Comme si aimer qui on est devait rester discret.
On nous apprend à être modestes, à ne pas trop briller, à nous faire petits pour ne pas déranger.
Mais à force de se faire discret, ne finit-on pas par s’éteindre ?
Avoir confiance en soi, ce n’est pas se croire meilleur.e ou supérieur.e aux autres. C’est simplement reconnaître sa valeur.
Sans avoir besoin de la prouver.
Sans avoir besoin de la faire valider.
On peut être fier.e de soi sans arrogance, on peut briller sans éteindre personne, s’élever sans rabaisser qui que ce soit.
Soyons humbles, mais pas modestes.
Dans le fond, juger la confiance de l’autre, qu’est-ce que ça dit de nous?
Cette réflexion, elle fait justement écho à des mots que j’écrivais il y a quelques mois à peine.
A propos de la jalousie.
La jalousie que j’ai souvent ressentie dans ma vie.
Pas de manière continue, mais par phases.
Comme des épisodes brefs mais intenses d’envie envers la vie des autres.
Quand quelqu’un parlait de ses réussites et affirmait ses qualités avec assurance, ça m’agaçait.
Ce que je ressentais c’était pas tant de la colère envers les autres, mais envers moi-même.
De la frustration.
Parce que les gens qui étaient eux-mêmes, qui s’accomplissaient, et qui en étaient fiers, ça me renvoyait à ce que moi je n’osais pas encore faire.
Et ce n’est qu’en devenant lucide sur ce mécanisme que je reproduisais encore et encore, que j’ai compris une chose essentielle ; cette frustration, elle disparaissait toujours quand je me mettais en action. Quand je créais, quand j’avançais, quand je me bougeais enfin.
Je n’avais alors plus à envier la lumière des autres puisque j’allumais la mienne.
Agir, c’est reprendre le pouvoir sur sa vie.
Aujourd’hui, je me sens alignée, je me sens à ma place.
Et je n’ai plus ce sentiment agréable quand je vois les gens, autour de moi, briller. Ou en tout cas, plus aussi fort, plus aussi longtemps.
Au contraire, j’ai envie de leur dire : “rayonnez, foncez, et soyez en fier.e.s”.
Je ne me dis plus que leur lumière m’éteint ; à l’inverse, elle m’inspire. Et je me rappelle surtout qu’on peut toutes et tous briller en même temps.
Alors oui, soyons humbles, mais pas modestes.
Remettons-nous en question, faisons preuve de respect et de gratitude, oui.
Mais ne minimisons pas nos forces, nos réussites, nos joies.
Aimons-nous sans limite, parlons de nous sans avoir peur que ce soit perçu comme de la vantardise.
Brillons.
Toujours plus fort.
Et faisons briller les autres avec nous.

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