électron libre

J’ai toujours été un électron libre.

Je croise des gens, je tisse des liens, je crée des habitudes; et puis la vie m’emmène ailleurs.

On croit souvent que les relations doivent durer,  qu’elles doivent s’entretenir coûte que coûte.  Que si elles s’essoufflent ou s’éteignent, c’est qu’on a mal fait les choses.
Mais est-ce forcément le cas ?

Je crois que chaque relation existe pour ce qu’elle est,  simplement et pleinement, tant qu’elle a du sens. Les gens entrent, sortent, reviennent parfois. Rien n’est figé, tout évolue.

Il y a évidemment, parmi ce mouvement permanent, des personnes qui restent.  Et que je compte sur les doigts d’une main. Celles avec qui la loyauté n’a pas besoin de preuves ni de messages quotidiens. Une présence parfois discrète, une évidence.

Mais malgré tout, dans tout ça, je reste ma seule priorité.
En amour comme en amitié. Parce qu’on fait notre chemin seul·e, même entouré·e.

Mon cercle change, se transforme, s’étire et se resserre  au gré de mes étapes, de mes voyages, de mes changements intérieurs. Les gens que j’attire ressemblent souvent à ce que je suis au moment où je les rencontre, ou à ce que j’aspire à devenir. Ils reflètent des parts de moi : celles que je découvre, celles que je cultive, celles que je construis.

Et je crois que c’est ça la beauté des relations : on se nourrit les uns les autres, sans se posséder, et sans rien attendre, simplement en étant là, sur le même chemin, pour une durée indéterminée.

On se croise, on s’éclaire, on s’inspire,  et on poursuit notre route, avec quelque chose de différent en nous, plus riches, plus lucides, plus fort.e.s.

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Contexte

Ce texte, il peut sembler détaché.  Mais c’est pas vraiment le cas.
C’est juste que je vis autrement mon rapport aux autres et ma manière d’aimer.

J’ai longtemps eu des comportements toxiques dans certaines relations d’amitié trop fusionnelles. Chez moi, l’attachement a souvent rimé avec possession, contrôle, peur de perdre.
Aujourd’hui, je travaille à créer un attachement plus sain : sans dépendance, sans emprise.
Dans la bienveillance, le respect, et la liberté de chacun.e.

Mais je sais aussi que la frontière est fine… entre détachement et distance, entre paix et fuite.
Inconsciemment, je peux être dans une logique d’auto-sabotage : me détacher avant d’avoir mal, couper le lien avant d’être blessée.
Comme si mon cerveau se mettait en mode “off”.
Et je confonds alors ce vide avec de l’indifférence, alors que c’est peut-être juste la peur inconsciente, tapie en moi, qui parle. Mon plus grand défi c’est justement de trouver cet équilibre entre ressentir et lâcher-prise.

Mais ce texte, c’est aussi une façon de rappeler que les gens qui sont autour de nous, ici et maintenant, ne nous sont pas liés à jamais. Notre entourage évolue en même temps que nous on évolue aussi.
On attire les gens qui vibrent à la même fréquence que nous, et cette fréquence change.
S’éloigner, c’est pas forcément trahir. C’est parfois grandir. C’est parfois juste avancer.

Je pense que c’est ok de dire au revoir à des gens, sans drame, sans rancune, sans culpabilité. Juste parce qu’à ce moment-là, nos vies, nos visions, nos chemins, ne sont plus alignés.

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