au revoir bruxelles

En mars, je revenais d’Australie.
Nous voilà en décembre et j’y repars.
Neuf mois en toi Bruxelles.
Neuf mois à construire un nouveau morceau de vie.
Neuf mois comme un symbole ;
celui d’un cycle,
celui de la naissance d’une nouvelle version de moi.

Ces mois passés ici m’ont offert une douceur que je n’attendais pas.
Bruxelles, tu m’as ramenée à ce qui m’anime.
Bruxelles, tu m’as fait du bien.
J’ai trouvé un rythme, un souffle, une façon de me projeter.
J’ai commencé à m’y voir vivre, à m’y ancrer.
Et je crois que c’est toujours ça qui rend un départ si particulier :
quitter une vie en train de se construire.

Quand j’ai laissé ma vie à Munich en 2023,
je quittais aussi ce que j’avais construit là-bas.
Mais c’était différent,
parce que je savais que c’était terminé.
Je partais en Australie sans attentes, sans direction précise.

Et cette première année loin de tout m’a transformée.
Elle m’a appris qui j’étais, ce que j’aimais, ce que je ne voulais plus.
Elle m’a offert une clarté intérieure que je n’avais jamais eue. Aujourd’hui, si je repars, c’est avec une intention différente.
Parce que cette fois, je sais où je veux revenir.
Je sais que mes projets, mes envies, mon intuition…
pointent vers toi Bruxelles.

Alors de nouveau, je ressens cette drôle de sensation :
celle de mettre sur pause
quelque chose que j’ai à peine commencé.
De laisser derrière moi
des tas de brouillons et de portes ouvertes,
en espérant que lorsque je reviendrai,
elles seront encore là.

Malgré tout cet amour,
Bruxelles, je pars.
Parce que je sais,
parce que je sens
que je dois le faire.
Je porte en moi cette vérité ;
celle qui me dit :
on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Nos plus grandes convictions,
nos plans les mieux ficelés,
ce que l’on croyait vouloir pour toujours ;
tout ça peut basculer,
se réinventer,
renaître autrement.

Il y a neuf mois, je nourrissais cette volonté
de revenir à Sydney
pour y vivre définitivement.
Aujourd’hui, je me sens ancrée à toi Bruxelles.
Et c’est dans cet ancrage que je me projette.
Finalement, la vie n’est-ce pas toujours ce qui se passe ici et maintenant ?

Je sais qu’il existe toujours quelque part un bouton reset.
Un imprévu, une rencontre, une intuition, un détour,
capable de tout changer en une seconde.
Alors c’est ainsi que je te quitte Bruxelles :
tu es ma maison, mais je reste ouverte ;
tu es ma stabilité, mais je reste en mouvement.
Je sais où je veux aller, mais je sais aussi que tout peut arriver.
Et peut-être que c’est ça, finalement,
la plus belle manière d’avancer.

Au revoir Bruxelles,
au revoir ma belle.
Au revoir ma ville
où le gris rayonne
où la pluie résonne
sur tes vieux pavés.
Si la bière coule à flot,
l’amour aussi,
et si ici on a chaud
c’est parce qu’on rit.
Je t’ai rencontrée,
je t’ai aimée
et même si aujourd’hui je te quitte,
c’est pour mieux te retrouver ensuite.
Bruxelles, ne m’oublie pas,
même au bout du monde,
je continuerai de parler de toi.

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