quand tout bascule

Je ne sais pas bien par où commencer. Alors je vais commencer par Bondi.
Parce que pour moi, Bondi, c’est devenu synonyme de maison. 
Je me sens connectée à Sydney de manière générale. Mais Bondi, en particulier, me donne ce sentiment de sécurité, ce sentiment de paix que j’ai ressenti dès la première fois que j’y ai mis les pieds.
J’y ai vécu des moments inoubliables, malgré le monde, malgré le bruit. Y revenir après dix mois, c’est un peu étrange. Revenir là où tout semble identique, mais où tout a changé pourtant. Comme moi. 
Ce retour c’est à la fois la douceur de retrouver un chez moi, mais la sensation d’être en décalage avec tout ce qui est autour de moi.

Et alors que, dans ces premiers balbutiements, je me reconnecte doucement avec de nouvelles habitudes, l’impensable arrive. 
Des coups de feu qui viennent exploser la bulle de candeur de ce dimanche d’été. Je suis à 200 mètres du lieu où ça tire. 
Je me souviens de ces bruits lourds qui fendent l’air. La musique qui s’arrête, les affaires laissées au sol, les cris des enfants. L’incompréhension qui fait place à la survie. J’ai couru, je me suis réfugiée avec mes amis. J’ai eu peur. Peur pour moi, pour tous ceux que je connais à Bondi, pour l’endroit que j’aime. C’était rapide. C’était brutal. 

Et depuis, tout est remonté. Le décalage que je ressens depuis mon retour, les anciennes peurs, les doutes, les questionnements, mon corps encore fragile, ma vie bruxelloise laissée derrière moi,… Tout se mélange. Je me sens paralysée. Comme si j’avais appuyé sur pause. Sans savoir encore comment relancer la machine. Aujourd’hui, alors que mon cerveau peine encore à réaliser tout ce qui s’est passé depuis une semaine, j’essaie de comprendre. Comprendre ce qui, dans tout ce méli-mélo de pensées, relève de la guérison, de l’épuisement, de l’intuition, de la peur ou simplement du temps qu’il faut laisser passer.

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Contexte

Après les évènements qui se sont passés à Bondi ce dimanche 14 décembre 2025, le temps semble s’être arrêté. Je suis passée par plusieurs phases, et je continue de traiter ce tourbillon d’émotions et de pensées que j’ai dans la tête.

Ces derniers jours, j’ai vu passer beaucoup d’images de Bondi. Des vidéos lumineuses, des mots doux, des hommages. Et je crois que c’est aussi une manière, pour beaucoup, de travailler ce qui s’est passé. Moi, j’avais pas envie de donner l’impression de surfer sur une vague, celle d’un attentat qui a fait de nombreuses victimes et qui nous a profondément affectés. Mais ce que j’ai vécu, et ce que cet événement a réveillé en moi, j’avais besoin de le déposer quelque part.

Beaucoup de choses sont remontées. Cette sensation brutale que la vie tient à un fil. Que chaque décision qu’on prend a des conséquences. Et que parfois, quand tout se mélange – le choc, le changement, la fatigue, les peurs – ça devient difficile de (re)trouver ses repères.

Alors voilà, je vous partage ça. Sans conclusion, sans grande leçon, sans phrase inspirante. Juste avec l’envie de déposer quelque chose que je traverse.
Et peut-être, aussi, de faire écho, à celles et ceux qui ressentent ce flou, sans réussir à trouver les mots.

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