Je sais combien c’est dur pour moi de ne rien faire, de juste être là. Quand je dis ne rien faire, je pense à ne rien faire de productif.
Je suis toujours partagée entre profiter de la vie d’un côté, vivre le moment présent, dépenser sans compter, voyager, collecter les souvenirs,… et puis d’un autre côté travailler dur pour réussir, devenir indépendante financièrement, être ma propre patronne, construire mon empire un peu … Et en fait, je n’arrive pas vraiment à trouver l’équilibre entre les deux parce que quand je fais l’un, mon esprit me dit que je devrais faire l’autre.
J’ai souvent entendu : “travaille pour atteindre tes objectifs” mais est-ce que la réussite de nos objectifs ça nous rend forcément heureux ?
Je crois qu’on voit trop souvent sa vie à travers des objectifs à atteindre, des destinations, des projets. Au final, davantage sous le prise de l’avenir, que dans l’instant présent.
Moi la première.
On va se dire je fais ça ou ça dans l’optique de nourrir tel ou tel projet, pro ou perso. Mais je crois que j’aime bien l’idée du voyage pour le voyage. Physique ou mental.
On pense à la destination plus qu’au voyage alors que c’est précisément le voyage qui nous enrichit, qui nous transforme.
Si je prends l’écriture, par exemple… j’ai envie d’en vivre, d’écrire mes livres, de mener à bien mes projets, d’ouvrir mon café culturel; mais en même temps je sais aussi que c’est surtout quelque chose que j’aime profondément, quelque chose qui me fait du bien en soi. Je n’ai pas envie d’en faire des cases à cocher, précisément parce que ça les dépossèderait de leur substance.
Je pense c’est aussi important de voir les choses pour ce qu’elles sont et ce qu’elles nous apportent.
J’adore apprendre des nouveaux trucs. Et c’est ok de le faire même s’il n’y a aucun autre but que celui de se faire plaisir. Vous voyez ce que je veux dire ? Faire quelque chose parce que ça nous interesse, parce que ça nous plait. Se détacher de la contrainte de l’objectif. Ce qui ne nous empêche pas d’en ressortir quelque chose après. Mais on s’enlève ainsi probablement beaucoup de pression.
Oui c’est important d’avoir une direction, ça permet de ne pas se sentir perdu… Mais peut-être aussi que c’est ok de se sentir perdu, non ? Ça ne veut pas dire qu’on l’est vraiment. Ça fait partie du processus. Ça nous invite à nous interroger sur ce qu’on a envie de faire, et puis à chercher des chemins pour y arriver.
On confond souvent bonheur et réussite. Comme si être heureux, c’était forcément avoir réussi.
Réussi quoi, d’ailleurs ? Une carrière ? Une relation ? Une vie “stable” ?
On court après des objectifs qu’on nous a appris à désirer, sans trop savoir si ce sont vraiment les nôtres.
On vit pour des finalités, des étapes, des cases à cocher, alors que le plus important, c’est jamais vraiment la destination, mais le chemin.
C’est ce qu’on devient en marchant, en trébuchant, en recommençant.
Si on atteignait ces fameux buts sans effort, sans détour, sans doute ni apprentissage, qu’est-ce qu’on en retirerait vraiment au final ?
Le sens vient du mouvement, pas du résultat.
C’est dans le voyage qu’on se découvre.
Moi, j’ai envie de voir la vie comme un grand terrain de jeu.
Un univers infini, comme dans un jeu vidéo : il y a des mondes à explorer, des épreuves à passer, des missions à accomplir.
Dans chaque monde, on apprend de nouvelles compétences, on rencontre des gens, on découvre des bouts de soi.
Et puis, quand on a fait le tour, on peut changer de décor, repartir ailleurs, recommencer le processus.
Il n’y a pas de hiérarchie entre les mondes. Pas de “meilleur” ou de “pire” parcours.
Juste des expériences, des apprentissages, des morceaux de vie qui s’assemblent comme un immense puzzle.
Je crois que le vrai but, c’est ça : expérimenter.
Essayer, échouer, aimer, recommencer, apprendre.
Créer un patchwork fait de mille morceaux disparates, mais qui forment un ensemble cohérent — un ensemble qui nous ressemble.
Parce qu’au fond, le bonheur, ce n’est tant pas d’avoir réussi sa vie.
C’est de l’avoir vécue tout court.

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