Catégorie : carnets

  • message personnel

    message personnel

    (message envoyé le 29 juin 2025 et déclamé sur la scène de Lost Words à Bruxelles le 17 juillet 2025)

    Contexte : j’allais voir une amie qui déclamait ses mots sur scène et par sa bienveillante insistance, je m’y suis retrouvée aussi. C’est un vrai évènement dans ma vie d’artiste, parce que je n’avais jamais transposer mes mots au-delà des écrans, au-delà de ce qu’on voit. D’autant plus, que prise au dépourvu, j’ai sélectionné un message envoyé quelques semaines plus tôt. Un choix inattendu, même pour moi-même, mais un choix révélateur, symbolique. Si je n’ai pas peur de monter sur scène, la sensation d’être vulnérable en amour m’effraie. J’écris rarement sur mes relations amoureuses et romantiques. En tout cas en sortant rarement de ma position de contrôle. Comme je le suis dans mes relations d’ailleurs. Précisément parce que j’ai peur d’apparaitre vulnérable (j’écris d’ailleurs sur cette thématique pour un prochain texte). Alors, déclamer ce texte c’était un inversement des rôles, une sorte de catharsis, c’était ce « regardez-moi vous parler de mes sentiments, sans artifices, sans pirtouettes, vulnérable, les émotions à nue« 

    _______________________________________________

    J’ai commencé à écrire ces mots au milieu de la nuit. Besoin irrépressible, cœur serré. On m’a dit : Ce qui se dit la nuit ne voit souvent pas le jour. Alors j’ai préféré attendre le jour pour te lire cette nuit que j’ai passée à penser à toi, à nous. 

    J’ai cherché une bonne manière
    de te dire tout ce que j’avais sur le coeur,
    je me suis aussi demandé s’il en existait une
    et aussi au final, si cela servait seulement à quelque chose.
    Mais on partage, je crois, l’amour des mots,
    et écrire reste ma plus belle arme contre les sursauts de mon esprit,
    contre la mélancolie de mon âme.
    Alors me voilà à te partager ces mots qui, à mon image, relèvent d’un méli mélo à peine structuré,
    probablement plus alambiqué qu’il ne le devrait,
    ces mots qui sont grandiloquent, toujours,
    mais remplis de sens pourtant.

    Cette question résonne en moi depuis quelques jours : Qu’est ce qui fait plus de bruit que le silence ? 

    Parce que c’est là où nous en sommes.
    Se dire au revoir sans au revoir.
    Et peut-être que tout ça ne vit que dans ma tête.
    Peut-être que ce qui m’apparait comme lourd et profondément douloureux, n’est que légèreté et indifférence pour toi.
    Et je l’accepte.
    Mon ego a cessé de fonctionner correctement avec toi
    depuis le premier jour je crois.
    Mais j’ai besoin de te l’exprimer
    parce que je ne sais pas si c’est ce qui rend le plus honneur
    à ce que j’avais l’impression de partager avec toi. 

    Je sais.
    Je sais que nous ne marchons pas sur le même chemin.
    Je sais que nos routes se sont croisées là
    où il n’y avait a priori aucun passage de traverse.
    Mais c’est arrivé.

    C’est arrivé et l’espace d’un instant,
    de plusieurs à vrai dire,
    littéralement à chacun des moments passés ensemble
    peu importe leur teneur ou leur durée
    j’ai senti l’intensité.
    J’ai entrevu un monde où nos chemins étaient connectés
    en plusieurs lieux.
    Comme s’ils n’étaient parallèles qu’en surface,
    cachant des tunnels sous-terrains
    où la rencontre serait devenue possible.

    Et c’est là le plus dur.

    Non pas juste de renoncer
    à tous ces moments
    qui me restent en tête
    comme le souvenir doux mais amer
    d’un rêve dont on vient de se réveiller,
    laissant un sentiment déroutant de vide en nous.
    Non pas juste ça,
    même si c’est déjà beaucoup.
    Mais plus encore,
    renoncer à ce qui aurait pu être.
    A toutes ces vies que l’on aurait pu vivre.
    A tout cet amour,
    ou en tout cas sa projection,
    qui n’aura exister que dans l’esprit vagabond d’une jeune femme
    libre et sauvage
    profondément amoureuse de l’amour.

    Alors aujourd’hui, que reste-t-il de nous ? Que reste-t-il de ce qu’on aurait pu être ?

    Il ne reste que les souvenirs flous,
    les fantasmes assagis
    et les mots nus envolés.
    Et puis le silence.

    Et c’est peut-être mieux comme ça ?

    Parce que peut-être que vivre quelque chose qui ne peut se vivre pleinement
    n’a alors pas lieu de vivre tout court ?
    Parce que vivre l’intensité à moitié,
    ça n’existe pas ?
    Parce que le plaisir éphémère de ce dont on doit se contenter
    ne compense pas la douleur
    de ne pas pouvoir embras(s)er pleinement ce feu qui vit en nous ? Probablement tout ça.  

    Alors je suis en colère,
    pas vraiment contre toi,
    mais contre le sort,
    le ciel,
    la vie tout simplement.
    La faute à pas de chance.
    Mais merci d’avoir été pour un court moment même,
    l’objet d’un sentiment sans nom mais si profond.
    Merci aussi de
    m’avoir permise,
    malgré ces sentiments brulants,
    de comprendre que je devais me choisir.

    Je souffre une fois mais pour que la souffrance ne dure pas.

    Tu garderas une place particulière.

  • écrire sur l’amour

    écrire sur l’amour

    Je n’ai jamais vraiment écrit sur mes histoires d’amour.
    Ou alors si je l’ai fait, c’est à demi-mots. 
    Cachée derrière des images, des généralités, des pirouettes stylistiques.
    Pas vraiment de contexte. Pas vraiment de concret.

    Je crois que je me suis longtemps empêchée de partager là dessus. La volonté peut-être de laisser planer une certaine part de mystère autour de moi. Autour de mon intimité. 
    Là où je divertis souvent mon entourage avec mes histoires, je ne transpose rien à l’écrit.
    A peine dans les brouillons de mes carnets.
    Le “petit papillon” que je suis ne laisse pas vraiment de trace.
    Comme si j’étais distante, « au-dessus de tout ça » ?
    La Sarah qui ne s’attache pas.
    De nouveau, je me suis enveloppée dans une image de moi, davantage que dans la réalité de mes ressentis.
    Jusqu’à ce que cette image devienne ce que je pense être.
    Et pourtant, bon nombre de relations qui ont jalonné ma vie, même les plus brèves, m’ont réellement appris beaucoup sur moi.

    Je crois que je suis juste terrifiée.
    Terrifiée de vivre ces moments,
    vulnérable, amoureuse, floue.
    Terrifiée d’en laisser une preuve quelconque.
    De ne pas être l’héroïne de mes histoires.
    De ne pas être aimée en retour.
    Et terrifiée aussi qu’on puisse me voir comme ça.

    Alors j’ai toujours préféré écrire sur mon rapport à l’amour en général, plutôt que sur mes amours.
    Ou alors sur moi,
    mais la version de moi qui a le contrôle.
    Moi, moi, moi. L’ego légitime.
    Dans un rapport de force ; avoir l’ascendant ; avoir le rôle de celle qui décide.
    Jusqu’à ce retournement.
    Une histoire, qui n’est pas vraiment une histoire d’amour.
    Une histoire d’amour qui n’a pas eu lieu.
    Une non-histoire d’amour.
    Quelque chose qui était,
    quelque chose qui existait.
    Sans qu’on puisse vraiment le nommer.
    Et c’est peut-être justement pour ça qu’elle avait besoin d’être écrite.
    Parce que je n’ai pas trouvé d’autre endroit pour la déposer.

    Moi qui suis de celles qui ne courent pas après l’autre. Jamais.
    De celles qui (se) laissent croire que ce sont elles qui décident.
    Avec lui, il y a eu ce glissement, que j’ai feint d’ignorer.
    Plus je faisais semblant de ne rien ressentir, plus ça vibrait. Fort.
    Trop fort.
    J’ai réécrit cent fois l’histoire.
    Et je l’ai recouverte de toutes les couches de contrôle que je connais.
    L’ironie, la distance, la séduction qui tourne court.
    Un combat permanent de mon ego,
    contre l’obsession d’un amour qu’on projette

    Aujourd’hui, le drap de fantasme qui a pendant un temps enrobé cette histoire n’est plus.
    Et c’est finalement très moi : aussi vite je monte, aussi vite je tourne la page.
    Mais tout ça m’a poussée à écrire.
    À me poser des questions sur ma peur d’être aimée et d’être quittée. Sur mon ego.
    Et aussi sur ma capacité à me raconter honnêtement.

    Ce qui compte, c’est que cette non-histoire m’a laissée face à quelque chose que je fuis depuis toujours :
    la peur de me dévoiler quand je ressens.
    Une peur qui m’a toujours poussée à vouloir tout contrôler, à ne pas m’attacher, et à ne surtout pas montrer que ça pouvait arriver. Alors que là, j’ai fait tout l’inverse :
    Me montrer vulnérable.

    Au final, l’histoire, maintenant évaporée, importe peu.
    Ce qui compte, c’est le sentiment qu’elle m’a laissé, et la transformation qu’elle a déclenchée.
    Elle m’a appris qu’aimer, c’est prendre un risque.
    Celui d’être fragile, celui d’être rejetée.
    Peut-on d’ailleurs vraiment parler de rejet quand on choisit en conscience de s’abandonner à ce qu’on ressent ?
    J’ai compris que je pouvais lâcher prise, laisser venir les choses sans chercher à tout contrôler.
    Que ne pas être choisie, ça ne veut pas dire ne pas être aimable.
    Que parfois, nos projections, nos désirs et notre ego brouillent ce dont on a réellement besoin.
    Et qu’à force d’avoir longtemps chercher à être désirée, je me suis souvent privée de simplement vivre ce qui était là,
    sans protection, ni projection.

    Alors peut-être que c’est ça tout le propos de l’amour :
    accepter d’être vu.e dans sa fragilité ;
    et reconnaître que ce qui nous reste à chaque fois, ce n’est pas l’autre, mais le chemin qu’on a parcouru à l’intérieur de soi.

  • oser dire non

    oser dire non

    (publié sur mon instagram, le 17 septembre 2025)

    Un nom.
    Trois lettres.
    Non.
    Un mot simple.
    Mais un mot dur.

    Non
    Un mot qu’on devrait pouvoir dire sans trembler,
    sans s’expliquer, 
    sans s’excuser.

    Mais dire non, ça déroute ;
    ça démange, ça dérange ;
    ça dénonce, ça démonte ;
    et ça fait peur parfois.

    Parce qu’on croit peut-être qu’une fois est coutume
    et qu’un sourire est un passe droit

    Ma gentillesse n’est pas une porte ouverte.
    Ce n’est pas parce que j’écoute, que je dois répondre. 
    Pas non plus parce que je donne une fois, que je devrai donner toujours.

    Alors j’insiste, je répète, je martèle :
    J’ai le droit de ne pas être disponible.
    Et je ne veux pas me sentir coupable.

    Je refuse cette pression.
    De l’interaction.
    De l’immédiateté.
    Des autres.

    Dire non, c’est dire oui.
    Oui à moi.
    à mon temps,
    à mon énergie.

    Dire non, c’est exister.
    Dire non, c’est décider.

    Sans me justifier.
    Sans m’excuser.
    Sans inventer.

    Non.
    Parce que j’ai besoin de temps.
    Pour moi.
    Pour respirer.
    Pour me recentrer.

    Alors je dis non,
    comme une décision,
    une direction,
    une libération.

    _______________________________________________

    Contexte

    Ce texte est un rappel : apprendre à dire non pour me préserver.
    Ce n’est pas fermer la porte mais c’est m’affirmer.
    C’est dire non aux avances non désirées, aux attentes qui ne me conviennent pas, aux modes de relation qui ne me respectent pas.
    C’est dire non à une disponibilité à la demande ; à cette pression d’être toujours là, toujours prête, toujours gentille.

    Je l’écrivais déjà en 2019 dans un texte de mon journal :

    « On ne peut entretenir une infinité de relations. C’est ingérable et, finalement, malhonnête. J’ai simplement décidé de ne plus être disponible pour tout le monde. Et j’ai parfois la sensation qu’on me le reproche. Qu’on me culpabilise de pas être là dès que l’on me sollicite. Non, je ne veux pas vivre sous pression, ni celle de la sociabilité ni celle de l’immédiateté, et encore moins celle des gens »

    Aujourd’hui je le réaffirme : je veux penser à moi, et je ne veux plus me sentir coupable pour ça.
    Le temps est ma valeur la plus précieuse. Si je passe ma vie à être celle qu’on veut que je sois, à dire oui à chaque requête d’attention, je ne vis plus pour moi.

    Mais je sais aussi que l’équilibre est là : apprendre à répartir mon énergie.
    Parce que parfois, dans mon silence, je peux blesser des gens que j’aime.
    Je le dis souvent : les interactions m’épuisent, alors je décroche, je disparais un peu.
    Mais je ne veux pas que mon absence devienne un « non » qui devienne un mur.
    Ne pas choisir peut aussi être perçu comme renoncer.

    Dire non, l’affirmer sans ambiguïté, c’est fermer la porte.
    Et c’est seulement comme ça que je peux choisir d’ouvrir celles qui comptent vraiment.

  • le réveil

    le réveil

    Il était une fois à Ibiza.
    Une première fois.
    Je débarque avec l’excitation du voyage, que j’ai voulu aventureux.
    C’est terriblement galvanisant, mais toujours incertain.

    On vient me chercher,
    je ne connais pas, mais je m’en remets à cet ami d’amie ;
    après tout, la confiance fait partie de l’expérience.

    Me voilà au milieu de la nature, 
    presque sauvage, chaude, luxuriante.
    C’est beau, mais l’atmosphère est lourde.
    Je ne suis pas totalement à l’aise.
    Le ciel est couvert, il pleut. 
    Ibiza m’accueille rudement.

    La soirée s’adoucit.
    Sauna, bain glacé et coucher du soleil.
    Réminiscence de ma vie australienne.
    La nuit arrive et on m’invite à faire la fête.
    Oui je sais, c’est ma première nuit à Ibiza ;
    mais je ne le sens pas.
    Et je n’ai pas envie de me forcer.

    Alors je choisis le repos. 
    Je choisis de m’écouter.
    Intuition.
    Pas de réseau et des pensées emmêlées.
    Je me dis : demain est un autre jour.
    Et le lendemain m’apporte bel et bien un nouveau jour.
    Soleil et sentiment de calme revenus, 
    je rejoins des amis,
    safe place.
    Le ciel est radieux, je sens la chaleur sur ma peau, la vie est belle.

    La fin de la journée approche
    et avec elle ma première soirée sur l’île de la fête.
    C’est magique.
    C’est spécial.
    Je me sens vivante.

    Et pourtant… ce sentiment lancinant.
    Il y a en moi une ambivalence qui ne me quitte pas.
    D’un côté, l’attrait du strass et des paillettes.
    Ce faste auquel peu de gens ont accès.
    Les coulisses, l’illimité, les gens aux milliers d’abonnés.
    Ce monde est grisant.
    Et quelque part, oui, ça m’attire.
    Parce que ça me rappelle que je veux une vie spéciale.
    Une vie où je n’attends pas le week-end pour vivre.
    Une vie où j’existe,
    et où chaque jour compte.

    Mais de l’autre côté, la lucidité.
    Je sais que ce monde-là peut être superficiel.
    Un nuage de fumée.
    Je ne veux pas de “ça”.
    Je veux une vie « waouh », oui, mais une vie réelle.
    Une vie où je ne me perds pas dans ce qui ne me ressemble pas ;
    une vie où je suis moi.

    Ibiza m’a montré ses contradictions,
    et m’a mise face aux miennes.
    Ibiza m’a forcée à regarder mon malaise en face,
    à me demander si je fais assez pour mes rêves.
    Si je ne me laisse pas trop bercer
    par une routine douce et confortable.
    Une routine sécurisante, mais qui n’est pas à la hauteur de mes aspirations.
    Ibiza, entre légèreté et excès, m’a réveillée.

    Quand j’y pense, il y a quelques semaines encore,
    j’étais prête à écourter mon voyage en Australie,
    à accepter de revenir sagement dans une vie agréable,
    mais où mon énergie aurait servi les projets des autres.

    Aujourd’hui, je sais que je n’ai plus envie de remettre mes rêves à demain.
    Je veux construire ce que j’ai envie de construire.
    Me lancer à 100%.
    Oser.
    Ne plus avoir peur.
    Profiter de cette année en Australie pour financer mes projets,
    les nourrir de mes rencontres, de mes expériences.

    Ibiza, avec tes contrastes,
    tu m’as rappelé l’essentiel :
    je veux une vie qui se raconte;
    une vie où je suis le personnage principal ;
    une vie où je peux être pleinement moi.

  • Comment faire pour tuer mes démons ?

    Comment faire pour tuer mes démons ?

    (texte déclamé pour la première fois sur la scène ouverte Lost Words à Bruxelles, le 21 août 2025)

    C’est étrange comme écrire sur mes démons me paraît inconfortable.
    Enfin, pas inconfortable, mais forcé. 
    Comme si le fait d’en parler les faisait apparaître
    tel un masque d’apparat, 
    telle cette caractéristique que l’on met en avant,
    que l’on donne,
    même à soi,
    comme un miroir déformé,
    une vision tronquée.
    Et qui devient notre réalité.
    Ou en tout cas celle dans laquelle on se complait.

    Longtemps je me suis accrochée à ça,
    à ces démons,
    à ces vices,
    en croyant que les faire exulter,
    que les exposer au monde,
    c’était une façon de me voir telle que j’étais,
    authentique,
    sans artifice,
    sans maquillage de l’âme.

    Mais n’est-ce pas de nouveau précisément ça ? 

    Est-ce qu’en voulant rejeter un masque,
    je n’en ai pas créé un autre ?
    N’est-ce pas finalement ça le propre de l’être humain
    dans une société de l’image ?
    Passer d’un rôle à l’autre
    en en gardant un morceau,
    un trait,
    à chaque fois ?

    Mais dès lors, qu’en est-il de mes démons ?
    Le sont-ils précisément parce qu’ils réussissent
    à s’immiscer dans mon esprit
    comme une constante,
    comme ce qui fait celle que je suis ?

    J’ai longtemps cru qu’ils étaient moi,
    qu’ils me contrôlaient
    plus que l’inverse. 
    Mais plus j’avance plus je sais.
    Que c’est moi qui les laisse me contrôler,
    prendre possession de moi,
    quand je leur ouvre la porte.

    Qu’est-ce que je mets derrière ce mot aussi ?
    Démons ?
    Je crois que c’est pour moi une sorte de boîte de Pandore.
    Un coffre en bois ancien,
    en bois usé mais noble,
    aux charnières dorées,
    avec une serrure qui semble pouvoir accueillir en son sein
    une énorme et lourde clé. 
    Mais pardon, je me disperse. 
    Dedans j’y mets mes peurs…
    peur de ne pas être assez,
    peur d’être banale,
    peur de ne pas me sentir spéciale,
    peur de ne pas vivre suffisamment,
    peur d’être rejetée,
    peur de ne pas briller,
    peur de ne pas être aimée.
    J’y mets ma mélancolie,
    mon anxiété,
    j’y mets mes vices,
    mes excès,
    mes abus,
    les nuits d’ivresse,
    les journées à courir après le temps,
    après les gens.
    J’y mets tous ces moments où je ne m’écoute pas.
    Mes démons,ce sont peut-être toutes ces choses
    qui me détournent du moment présent,
    ces choses qui m’offrent un plaisir éphémère,
    ces choses qui parfois me font mal.
    Ce sont toutes ces choses que je laisse grandir en moi
    sans contrôle,
    qui me submergent,
    qui m’étouffent.

    Mais ce n’est qu’illusion.
    Qui peut contrôler mon esprit
    si ce n’est mon esprit lui-même ?
    Ouvrir la porte à mes démons, c’est un choix,
    c’est une action,
    c’est toujours la volonté, même inconsciente,
    de les laisser m’emporter.

    Je suis le jour, je suis la nuit ;
    je suis la lumière, je suis le noir.
    Mais j’ai longtemps cru
    que je n’étais qu’une seule de ces deux facettes à la fois.
    Pourtant je suis les deux,
    tout le temps.

    L’équilibre est variable
    mais les opposés coexistent toujours en moi.
    Comme les deux faces d’une même pièce.

    Et c’est là tout le propos.
    Je ne peux pas tuer mes démons, 
    ils font partie de moi.
    Comment croire qu’ils sont hors de contrôle,
    hors de ma volonté ?
    Je suis mes démons,
    et ils sont moi.
    Il ne s’agit pas de les tuer,
    mais de leur donner de la place,
    de les comprendre.
    Les combattre serait en faire des ennemis.
    Les accueillir, c’est apprendre à décider
    de laisser la porte ouverte 
    et de la refermer quand on n’en veut pas. 

    Parce que c’est bien là,
    selon moi,
    le grand défi de la vie ; 
    s’apprivoiser dans tous les aspects de ce que nous sommes.
    C’est nous voir nus, 
    c’est comprendre nos artifices, 
    nos filtres,
    nos rôles, 
    nos jeux.
    C’est accepter tout ça.
    C’est déconstruire, 
    et reconstruire sans cesse.
    C’est avoir conscience de soi.

  • en dehors du cadre

    en dehors du cadre

    (publié sur mon instagram, le 22 mai 2025)

    “Tu en fais trop”
    “Tu te disperses”
    C’est ce qu’on me dit toujours
    et ce que je me dis aussi souvent à moi-même.
    Mais comment je pourrais faire autrement ?

    Toute ma vie j’ai senti que j’avais ce feu en moi, ce besoin d’essayer plein de choses, de ne pas me limiter. 

    Je me laisse beaucoup porter par le moment, par les choses qui m’intéressent, qui me font envie ou qui suscitent ma curiosité. Et je décris souvent ma vie comme ça : plein de choses à découvrir, plutôt que quelque chose à atteindre.

    A chaque fois qu’on me dit « canalise toi, une chose à la fois, il faut prioriser », je l’entends, je le comprends, mais j’y arrive pas vraiment.

    Je me sens attirée par tellement de choses. Un rien m’inspire, un rien me stimule. J’ai mille idées en tête, l’esprit en ébullition, ça ne s’arrête jamais.

    Et à peine je commence un projet que je réfléchis déjà à un autre. Ecrire, créer, penser, connecter les gens, partager, et puis apprendre, toujours plus. 

    Tout se complète, tout s’entremêle.

    Ce n’est pas que je n’arrive pas à choisir, c’est que je n’en ai pas envie. Je veux tout. 

    Je ne peux pas me limiter à un seul chemin, tant il en existe une infinité, et tant chacun peut me faire vivre une nouvelle expérience et m’apporter une nouvelle perspective.

    Je ne cherche pas à rentrer dans une case. Je veux regarder au-delà. Explorer les marges et penser hors du cadre. Interroger ce qui semble évident, bousculer les normes, réinventer les possibles.

    Et c’est ok de dire parfois : “non, ça ce n’était pas pour moi” ou juste “j’ai envie d’autre chose pour le moment”. Apprendre à gérer l’énergie qu’on donne, à ne pas laisser mille onglets ouverts en même temps, au risque de surchauffer. Et peut-être aussi de ne jamais rien terminer.

    On a toujours au fond de nous un fil conducteur. Quelque chose qui nous ramène à chaque fois à ce que nous sommes, à ce qui nous anime. Il suffit de le trouver. Dans tout ce qu’on fait, dans tout ce qu’on apprend, c’est ce qu’on nourrit.  

    Chaque expérience, chaque essai, chaque erreur, chaque réussite, chaque moment… sont comme les pièces d’un grand puzzle qu’on assemble et qui dessine notre vie. Et c’est souvent en explorant de nouveaux chemins qu’on trouve les morceaux manquants. 

    _______________________________________________

    Contexte :

    Je crois qu’au fond, j’ai toujours su que je ne pourrais jamais suivre un chemin tout tracé. J’ai essayé en quelque sorte, mais je n’y arrivais pas.
    Pendant longtemps, j’ai vu cette envie insatiable d’explorer, cette attirance pour mille choses à la fois, comme une forme de fuite, d’indécision. Une lassitude chronique peut-être.
    Mais aujourd’hui je comprends que ce n’était pas ça.

    J’ai en moi une curiosité immense, vivante, brûlante.
    Petite, je posais toujours mille questions, je me rêvais mille vies. J’ai toujours eu une soif infinie de savoir, d’apprendre, d’expérimenter.
    Et ce n’est jamais parti.

    Je me suis souvent sentie “trop”.
    Trop intense, trop libre, trop dispersée.
    Comme si ma manière de vivre, d’aimer, de m’enthousiasmer, débordait toujours un peu des lignes. Aujourd’hui je fais de mon intensité, de mon instabilité aussi, une force.

    Je vis en quête. En mouvement.
    J’explore des chemins. Pas tant pour leur destination mais pour ce qu’ils me permettent de trouver.
    Je collectionne les expériences, les intérêts, les fragments de moi.
    Pas pour cocher des cases, mais pour sentir, vibrer, apprendre.
    L’essai, l’erreur, l’apprentissage.
    C’est ça qui me guide.

    Mon fil conducteur, c’est écrire. Penser, parler, articuler les mots. J’aime raconter des histoires.
    Je suis passionnée. Je suis mes passions. Et la plus grande qui brûle en moi c’est celle que j’ai de vivre.

  • j’ai rencontré mon moi du passé

    j’ai rencontré mon moi du passé

    (publié sur mon instagram, le 24 février 2025)

    J’ai rencontré la moi de 23 ans dans un café.
    On est toutes les deux arrivées avec 5 minutes de retard. Elle a pris un thé au gingembre parce que le café lui donne mal à ľestomac, moi j’ai hésité entre un cappuccino et un matcha au lait d’amande, mais j’ai finalement commandé le matcha. Et un pain au chocolat aussi. Elle m’a regardée, surprise. Je lui ai dit que je n’avais plus peur de manger et que mes troubles alimentaires ne me contrôlaient plus.

    Elle m’a demandé si j’écrivais toujours. J’ai souri en lui disant que j’avais compris qu écrire c’était ma raison d’être, mon fil conducteur et que, même quand je doute de tout, je ne doute pas de ça. Elle a souri aussi.

    Je lui ai raconté que javais vécu en Allemagne, que je voyageais beaucoup, que je revenais d’ailleurs d’un an en Australie, et que j’y retournais bientôt. Elle m’a regardée les yeux écarquillés en me demandant si j’étais riche. J’ai rigolé en lui disant que l’argent, ça va ça vient, mais que les souvenirs qu’elle créera sur la route, eux, resteront pour toujours.

    Elle m’a dit qu’elle avait du mal à imaginer comment l’avenir pourrait être lumineux tant son mal-être la ronge, mais qu’elle a envie d’y croire, elle a commencé une thérapie. Je lui ai répondu qu’elle s’apprendrait plus qu’elle ne peut limaginer et qu’elle devait faire confiance au processus.

    Elle a voulu en savoir plus, déjà prête à écrire une to-do list et un plan d’action. Je ne la blâme pas, je suis pareille. Mais je lui ai dit qu’on ne pouvait pas tout prévoir et que la vie était pleine de surprises.

    Avant de partir, elle m’a demandé si j’étais heureuse. Je lui ai dit que je me sentais heureuse d’être actrice de ma vie, que ça m’arrivait encore de me sentir perdue mais qu’au final c’était souvent le meilleur moyen pour me retrouyer, J’ai ajouté que le temps lui apprendra que le bonheur c’est un état d’esprit, une manière de voir la vie, davantage qư’un objectif. Que ce serait pas toujours simple, qu’ily aurait encore des tas de doutes, de peurs, de remises en question, et de moments où elle ne se sentira pas assez. Mais que ces moments seront de moins en moins fréquents et de plus en plus courts. Je lui ai dit que son hypersensibilité ne serait pas une fatalité si elle apprenait à en faire une force créatrice.

    On s’est prises dans les bras. Je lui ai murmuré que quoi qu’il arrive, elle devait se faire confiance et se mettre moins de pression. Qu’elle devait oser sans attendre que tout soit parfait. Je crois que je parlais autant à la moi de 23 ans qu’à la moi d’aujourd’hui à cet instant. J’ai payé pour nous deux, elle m’a remerciée en me promettant qu’elle m’inviterait en retour quand je reviendrai la voir. Elle m’a dit au revoir en me disant qu’elle était fière de moi.

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    Contexte

    J’avais vu cette trend passer plusieurs fois, mais j’ai mis du temps à la faire. J’avais l’impression que tout le monde mettait surtout en avant une version qui a « réussi » par rapport à son soi jeune. Et moi, je ne me sentais pas nécessairement légitime de dire ça comme ça.

    Soyons honnêtes, je ne coche pas vraiment les cases de la réussite selon ce qui est le plus communément perçu comme tel : je n’ai pas construit de carrière, pas lancé de business, pas de relation amoureuse stable, pas acheté de maison … et je ne sais absolument pas où je serai dans deux ans.
    Mais j’ai envie de dire que je vis selon ce qui me fait vibrer. Je me suis toujours vite lassée, j’ai toujours eu besoin de changement et de renouveau pour me sentir vivante. Alors oui, je suis mes envies et mon intuition. Et ça me mène souvent hors de ma zone de confort, vers l’inconnu et l’instable.

    Si je me compare à la Sarah de 23 ans, je réalise évidemment que j’ai changé. Les expériences m’ont fait évoluer, et j’ai vécu des choses que je n’aurais jamais pu penser possibles ou atteignables à l’époque. J’ai grandi, et je me sens capable de vivre selon mes propres règles.
    Pourtant, je lui ressemble encore sur certains points. J’ai encore des peurs, des doutes, et des freins. Je suis encore parfois cette petite meuf qui se sent pas assez. Même si j’ai davantage confiance en moi, j’ai encore du mal à avoir confiance en ce que je fais.

    Mais si la moi de 23 ans me voyait aujourd’hui, je crois qu’elle serait fière. Parce que je n’ai pas abandonné. Parce que j’ai transformé ce qu’elle appellait des rêves en réalité. Et je pense qu’aujourd’hui, elle me rappellerait que si je l’ai fait avant, je peux encore le faire.
    Alors, on se dirait toutes les deux que chaque nouvelle montagne, on réussira à la gravir, à condition d’y aller étape par étape.

  • 2025

    2025

    Alors oui, essayer d’atteindre les objectifs qu’on s’est donnés, c’est ce qu’on fait plus ou moins chaque année. J’ai cru que c’était ce que je faisais, dans l’illusion de mes mille to-do lists quotidiennes… Mais je réalise que je ne fais peut-être pas tout à fait autant que je le pourrais.

    J’ai lu cette phrase que j’ai ajoutée à mon vision board : “You get what you work for, not what you wish for”. Ça m’a mis une claque.

    Je pense que ces dernières années, et particulièrement en 2024, j’ai travaillé sur ce que je voulais et sur ce dont j’avais besoin, j’ai mis mon énergie dans mon développement personnel, à la fois pour évoluer vers la meilleure version de moi-même mais aussi toujours dans les interactions avec les autres. J’aime créer du lien, des connexions, et clairement je suis fière de l’être social et sociable que je suis.
    Mais cette énergie que je dépense à vouloir si fort être avec les autres, à vouloir si fort exister pour les autres, c’est celle que je ne mets pas dans ce que j’ai envie de réaliser au-delà de moi.

    A vouloir être partout, on n’est nulle part. Ou en tout cas, jamais vraiment là à 100%.

    Je l’ai déjà évoquée, cette propension que j’ai à me disperser. Pas seulement dans les interactions, mais aussi dans les idées. Ce besoin d’exprimer mes émotions, mes pensées, mes réflexions, à travers la création me pousse parfois dans une volonté déraisonnée de créer toujours plus. C’est là que je me perds. Et c’est ce qui m’empêche de concrétiser certaines choses.
    C’est ok. Je sais que ça fait partie du processus.
    Mais là, je sens cette force en moi qui me pousse et qui me dit que c’est l’heure de passer à l’action. Et pas juste de planifier et de procrastiner sans cesse.

    Alors 2025, je la manifeste comme une année pilier dans la réalisation de mes projets de vie. Je parle de ces projets qui m’animent, qui dorment en moi depuis si longtemps. Ces projets qui me donnent une direction et qui en même temps se nourrissent des expériences par lesquelles je passe.

    2025, c’est l’année où je me donne les moyens de mes ambitions.
    2025, c’est mon coup de pied dans le cul.

  • 2024

    2024

    2024, l’année du voyage.
    La découverte du monde et de moi-même aussi.
    2024, l’impression d’avoir vécu plusieurs vies.

    Cette année, elle a commencé par un retour en Belgique après deux années passées en Allemagne. Et au 1er janvier j’étais dans cet entre-deux étrange : un chapitre se fermait, un autre était sur le point de s’ouvrir. J’étais pleine de questions, loin d’imaginer les aventures et les défis qui m’attendaient. Je me sentais à la fois nostalgique de ce que je laissais derrière moi et excitée à l’idée de me lancer dans cette epérience folle. A la fois triste et impatiente de quitter ce que je connaissai.

    J’avais ce besoin d’avancer. Ce besoin d’aller plus loin encore que tout ce que j’avais entrepris jusque là.
    Et c’est étrange comme l’arrivée de 2025 résonne de la même manière pour moi.
    Pas comme un retour à la case départ mais plutôt comme la sensation que je suis encore loin du sommet des montagnes que j’ai commencé à gravir. J’ai avancé, je le sais, et je suis mieux équipée. Mais il reste du chemin à parcourir.

    En 2024, j’ai cherché l’instabilité pour apprendre à dépasser mes peurs.
    En 2025, je cherche un peu de stabilité pour apprendre à concentrer mon énergie.

    Cette année écoulée a été un tourbillon d’incroyables nouvelles expériences, de douloureuses remises en question, de multiples rencontres, d’apprentissages inattendus, de doutes bouleversants, de changements nécessaires, d’émotions toujours plus intenses.

    Je me sens tellement reconnaissante pour tout ce que j’ai vécu cette année. Le négatif comme le positif. Ça a probablement été l’année la plus puissante de ma vie.
    Se perdre pour se retrouver. C’est précisément dans cette continuité que je commence cette nouvelle année.

    2025, je l’associe à la mise en œuvre. J’ai compris ce que je voulais, ou en tout cas quelles étaient mes priorités. J’ai reconnu mes forces et mes faiblesses.
    Et je connais mes objectifs.
    Mon envie maintenant, c’est de donner corps à mes projets. De moins disperser mon énergie dans mille idées et dans cette volonté d’être partout à la fois. Mon envie c’est de suivre mon fil conducteur.
    Merci 2024, je suis prête à affronter mes défis de 2025.

  • ciel étoilé

    ciel étoilé

    (publié sur mon instagram, le 24 juillet 2024)

    Contexte : je suis dans le far north queensland, en plein milieu du bush, je vis simplement, sur un campement, avec d’autres bénévoles. Et quand la nuit se couche, tout devient noir. Il n’y a pas les lumières de la ville, il n’y a pas de ville. Alors les étoiles et la lune deviennent la lumière. Elles brillent si fort qu’on a l’impression de presque pouvoir les toucher. Et c’est devenu un exercice quasi quotidien que de s’essayer à les capturer en photo. Là au milieu de nulle part, on s’émerveille de la beauté de ce que la nature nous offre en spectacle, dans la plus brute des simplicités.

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    Quoi de plus poétique qu’un ciel étoilé ?
    Fenêtre de l’univers, morceau d’infini.
    Cette immensité qui me fascine
    autant qu’elle me donne le vertige.
    Je pourrais y passer l’éternité.
    Les yeux plongés au plus profond
    de ce tapis scintillant.
    Ce n’est pas toujours simple de capturer
    la magnificence de ce spectacle,
    mais c’est un plaisir d’essayer.