Catégorie : mots d’instagram

  • 2026

    2026

    Premier jour de 2026.

    En un claquement de doigt, 
    une étincelle dans le ciel,
    on passe de la fin au commencement.

    Je réalise combien j’ai appris sur moi
    ces dernières années,
    et plus encore ces derniers mois.

    J’ai longtemps cherché ce qui me ressemblait,
    ce qui me faisait vibrer,
    ce qui me donnait ce sentiment de liberté.

    Et dans cette quête du toujours plus,
    j’ai découvert tellement –
    sur moi, sur les autres, sur le monde.

    Mais je me suis aussi perdue.

    Dans mes excès,
    mes peurs,
    mes doutes,
    mes démons.

    Aujourd’hui, je sais
    qu’il me reste encore beaucoup à apprendre.
    Mais je sens aussi que j’arrive à la fin d’un cycle.

    Comme si j’avais grandi jusqu’ici.
    Comme si j’avais collecté, une à une,
    les pièces qui ouvre le prochain niveau. 
    Comme si ce prochain niveau était devant moi. 

    Il est arrivé le moment d’évoluer
    vers une toute nouvelle version
    de ce que je suis,
    et de ce que je vis.

    Pour 2026, ni résolutions
    ni promesses à tenir.
    Je fais de la place;
    je me laisse de l’espace.
    Pour devenir.

  • quand tout bascule

    quand tout bascule

    Je ne sais pas bien par où commencer. Alors je vais commencer par Bondi.
    Parce que pour moi, Bondi, c’est devenu synonyme de maison. 
    Je me sens connectée à Sydney de manière générale. Mais Bondi, en particulier, me donne ce sentiment de sécurité, ce sentiment de paix que j’ai ressenti dès la première fois que j’y ai mis les pieds.
    J’y ai vécu des moments inoubliables, malgré le monde, malgré le bruit. Y revenir après dix mois, c’est un peu étrange. Revenir là où tout semble identique, mais où tout a changé pourtant. Comme moi. 
    Ce retour c’est à la fois la douceur de retrouver un chez moi, mais la sensation d’être en décalage avec tout ce qui est autour de moi.

    Et alors que, dans ces premiers balbutiements, je me reconnecte doucement avec de nouvelles habitudes, l’impensable arrive. 
    Des coups de feu qui viennent exploser la bulle de candeur de ce dimanche d’été. Je suis à 200 mètres du lieu où ça tire. 
    Je me souviens de ces bruits lourds qui fendent l’air. La musique qui s’arrête, les affaires laissées au sol, les cris des enfants. L’incompréhension qui fait place à la survie. J’ai couru, je me suis réfugiée avec mes amis. J’ai eu peur. Peur pour moi, pour tous ceux que je connais à Bondi, pour l’endroit que j’aime. C’était rapide. C’était brutal. 

    Et depuis, tout est remonté. Le décalage que je ressens depuis mon retour, les anciennes peurs, les doutes, les questionnements, mon corps encore fragile, ma vie bruxelloise laissée derrière moi,… Tout se mélange. Je me sens paralysée. Comme si j’avais appuyé sur pause. Sans savoir encore comment relancer la machine. Aujourd’hui, alors que mon cerveau peine encore à réaliser tout ce qui s’est passé depuis une semaine, j’essaie de comprendre. Comprendre ce qui, dans tout ce méli-mélo de pensées, relève de la guérison, de l’épuisement, de l’intuition, de la peur ou simplement du temps qu’il faut laisser passer.

    _______________________________________________

    Contexte

    Après les évènements qui se sont passés à Bondi ce dimanche 14 décembre 2025, le temps semble s’être arrêté. Je suis passée par plusieurs phases, et je continue de traiter ce tourbillon d’émotions et de pensées que j’ai dans la tête.

    Ces derniers jours, j’ai vu passer beaucoup d’images de Bondi. Des vidéos lumineuses, des mots doux, des hommages. Et je crois que c’est aussi une manière, pour beaucoup, de travailler ce qui s’est passé. Moi, j’avais pas envie de donner l’impression de surfer sur une vague, celle d’un attentat qui a fait de nombreuses victimes et qui nous a profondément affectés. Mais ce que j’ai vécu, et ce que cet événement a réveillé en moi, j’avais besoin de le déposer quelque part.

    Beaucoup de choses sont remontées. Cette sensation brutale que la vie tient à un fil. Que chaque décision qu’on prend a des conséquences. Et que parfois, quand tout se mélange – le choc, le changement, la fatigue, les peurs – ça devient difficile de (re)trouver ses repères.

    Alors voilà, je vous partage ça. Sans conclusion, sans grande leçon, sans phrase inspirante. Juste avec l’envie de déposer quelque chose que je traverse.
    Et peut-être, aussi, de faire écho, à celles et ceux qui ressentent ce flou, sans réussir à trouver les mots.

  • changer d’air

    changer d’air

    Pendant longtemps j’ai pas été heureuse. 

    Pas heureuse, c’est peut-être fort,
    mais disons que j’avais une sensation inconfortable,
    une sensation de vide qui était toujours présente en moi.

    J’avais ce sentiment de pas vivre vraiment. 
    Ou en tout cas de pas vivre ce que j’avais envie de vivre. 
    Tu sais, un peu l’impression de subir.
    En pilote automatique.

    Mes démons et mes traumas,
    j’ai travaillé dessus, je le sens.
    C’est encore présent,
    comme mon hypersensibilité.
    Mais pas de la même manière qu’avant.
    Et pourtant, ça m’arrive encore de ressentir cette dissonance.

    Parfois, on se sent pas bien, on a l’impression de pas avancer,
    et on croit que le problème c’est nous.
    Mais peut-être que le problème c’est pas que nous. 
    Peut-être que cette sensation elle vient aussi
    de l’environnement dans lequel on vit,
    des habitudes qu’on répète,
    des gens qui nous entourent. 

    Parfois, peut-être qu’on a juste besoin de partir. 

    Changer d’air.
    Changer de ville,
    changer de pays,
    changer de routine,
    changer de cercle. 

    Explorer l’inconnu,
    créer de nouveaux liens,
    essayer quelque chose de différent.

    Pour se comprendre.
    Et comprendre ce qui aidera notre développement.
    Comprendre qu’il ne suffit pas juste
    de se changer soi-même,
    mais que changer ce qui nous entoure
    fait aussi partie du processus.
    Ça fait toute la différence.

    _______________________________________________

    Contexte

    Parce qu’évidemment, le bonheur, c’est lié à nous, à notre façon de voir les choses, mais pas que.
    On verra pas une plante grandir et se développer sainement, si le sol dans lequel elle prend racine ou les conditions qui l’entourent ne sont pas faits pour elle…
    Et c’est la même chose pour nous.
    C’est pas simple, ça demande du temps souvent, des remises en question, et puis surtout un apprentissage de soi.

    Quand on a changé sa manière de voir les choses, les gens, le monde, et soi-même, revenir dans des lieux chargés d’anciennes versions de soi, c’est étrange. Les souvenirs, les gens, les habitudes.
    On se retrouve face à quelque chose qui n’existe plus vraiment en nous et qui nous met justement face à nos changements.

    Apprendre à se connaître, c’est aussi ça je crois :
    savoir lire ses ressentis, reconnaître ce qui nous fatigue et ce qui nous élève.
    Comprendre ce qu’on veut, pour mieux discerner ce qui est bon pour nous.

    Dire « ok, j’ai changé », c’est aussi apprendre à dire non.
    Non à certaines habitudes.
    Non à des schémas qu’on répète par confort ou par fidélité au passé.
    C’est pas rejeter ce qu’on a connu,
    mais juste avoir compris que ce n’est plus ce qu’on veut.

  • au revoir bruxelles

    au revoir bruxelles

    En mars, je revenais d’Australie.
    Nous voilà en décembre et j’y repars.
    Neuf mois en toi Bruxelles.
    Neuf mois à construire un nouveau morceau de vie.
    Neuf mois comme un symbole ;
    celui d’un cycle,
    celui de la naissance d’une nouvelle version de moi.

    Ces mois passés ici m’ont offert une douceur que je n’attendais pas.
    Bruxelles, tu m’as ramenée à ce qui m’anime.
    Bruxelles, tu m’as fait du bien.
    J’ai trouvé un rythme, un souffle, une façon de me projeter.
    J’ai commencé à m’y voir vivre, à m’y ancrer.
    Et je crois que c’est toujours ça qui rend un départ si particulier :
    quitter une vie en train de se construire.

    Quand j’ai laissé ma vie à Munich en 2023,
    je quittais aussi ce que j’avais construit là-bas.
    Mais c’était différent,
    parce que je savais que c’était terminé.
    Je partais en Australie sans attentes, sans direction précise.

    Et cette première année loin de tout m’a transformée.
    Elle m’a appris qui j’étais, ce que j’aimais, ce que je ne voulais plus.
    Elle m’a offert une clarté intérieure que je n’avais jamais eue. Aujourd’hui, si je repars, c’est avec une intention différente.
    Parce que cette fois, je sais où je veux revenir.
    Je sais que mes projets, mes envies, mon intuition…
    pointent vers toi Bruxelles.

    Alors de nouveau, je ressens cette drôle de sensation :
    celle de mettre sur pause
    quelque chose que j’ai à peine commencé.
    De laisser derrière moi
    des tas de brouillons et de portes ouvertes,
    en espérant que lorsque je reviendrai,
    elles seront encore là.

    Malgré tout cet amour,
    Bruxelles, je pars.
    Parce que je sais,
    parce que je sens
    que je dois le faire.
    Je porte en moi cette vérité ;
    celle qui me dit :
    on ne sait jamais ce qui peut arriver.

    Nos plus grandes convictions,
    nos plans les mieux ficelés,
    ce que l’on croyait vouloir pour toujours ;
    tout ça peut basculer,
    se réinventer,
    renaître autrement.

    Il y a neuf mois, je nourrissais cette volonté
    de revenir à Sydney
    pour y vivre définitivement.
    Aujourd’hui, je me sens ancrée à toi Bruxelles.
    Et c’est dans cet ancrage que je me projette.
    Finalement, la vie n’est-ce pas toujours ce qui se passe ici et maintenant ?

    Je sais qu’il existe toujours quelque part un bouton reset.
    Un imprévu, une rencontre, une intuition, un détour,
    capable de tout changer en une seconde.
    Alors c’est ainsi que je te quitte Bruxelles :
    tu es ma maison, mais je reste ouverte ;
    tu es ma stabilité, mais je reste en mouvement.
    Je sais où je veux aller, mais je sais aussi que tout peut arriver.
    Et peut-être que c’est ça, finalement,
    la plus belle manière d’avancer.

    Au revoir Bruxelles,
    au revoir ma belle.
    Au revoir ma ville
    où le gris rayonne
    où la pluie résonne
    sur tes vieux pavés.
    Si la bière coule à flot,
    l’amour aussi,
    et si ici on a chaud
    c’est parce qu’on rit.
    Je t’ai rencontrée,
    je t’ai aimée
    et même si aujourd’hui je te quitte,
    c’est pour mieux te retrouver ensuite.
    Bruxelles, ne m’oublie pas,
    même au bout du monde,
    je continuerai de parler de toi.

  • actrice de ma vie

    actrice de ma vie

    Je crois que le bonheur c’est pas quelque chose qu’on trouve ;
    c’est quelque chose qu’on crée.
    C’est pas une quête extérieure,
    pas un objectif, 
    pas un état qu’on atteint une fois qu’on a coché toutes les cases.

    Je crois que le bonheur c’est une manière d’être.
    C’est une façon de percevoir les choses ;
    c’est une décision ;
    c’est ce sourire du cœur,
    cette petite voix à l’intérieur qui dit : “je vis” 

    Tous les jours, j’essaie de me rappeler que je suis le personnage principal de ma vie ;
    que c’est moi qui écris mon histoire ;
    moi qui décide surtout comment je réagis aux éléments extérieurs.

    Si quelque chose ne me plaît pas, je le transforme,
    ou je change le regard que je porte dessus,
    ou je pars.
    Mais je refuse de subir.

    J’ai pas envie d’attendre.
    La fin de la journée, le week-end, les vacances, le “bon moment”.
    J’ai pas envie d’attendre de vivre.
    Parce que vivre, c’est pas ailleurs que maintenant.

    Et aujourd’hui, je ressens cette excitation à la fois douce et brûlante.
    Celle de tourner une page pour en écrire une nouvelle ;
    celle de pouvoir créer, essayer, me tromper, recommencer ;

    Me mettre hors de ma zone de confort.
    Parce que c’est là que tout commence.
    Parce que c’est comme ça que je me sens vivante.

    _______________________________________________

    Contexte

    C’est drôle parce que je revendique beaucoup cette idée d’être actrice de ma vie.
    De pouvoir écrire mon histoire, faire mes choix, créer mon bonheur, sortir de ma zone de confort. C’est vraiment quelque chose que j’essaie d’avoir en tête tous les jours, et c’est ce qui me drive dans la plupart de mes décisions.

    Mais la vérité, c’est que j’ai aussi vachement la trouille.
    Parce qu’être consciente que je suis responsable de mon bonheur, ça vient avec une pression énorme : la peur de pas y arriver, de pas faire assez, de me planter, de décevoir.

    Dès que je suis face à l’arrivée imminente du changement, quand je me retrouve à la fin d’un chapitre, juste avant une nouvelle page blanche, je commence toujours à paniquer. J’ai l’impression d’être submergée par tout ce qu’il me reste à faire. Je vois juste l’énorme montagne à gravir, et ça me fait peur. Mais c’est ça le truc : c’est souvent exactement le signe qu’il faut que je fonce.

    C’est un sentiment tellement ambivalent : à la fois une sensation de surpuissance, et en même temps une vulnérabilité immense. En fait, je crois que l’un ne va pas sans l’autre. Sortir de ma zone de confort, ça me fait me sentir vivante, ça me sort de cet espèce de pilote automatique; et ça m’apporte des choses incroyables, ça me donne la sensation de construire la vie que je veux vraiment.
    Mais ça vient toujours avec une forme d’instabilité permanente, c’est angoissant, ça me fait douter de tout.Et pourtant… c’est ce qui rend la fierté encore plus grande au final.

    Parce que quand tu te dis que tu as bien fait de saisir l’opportunité de prendre un risque, quand tu relèves le challenge même si c’est juste le fait d’avoir surmonté ta peur, c’est un sentiment incroyable.
    Genre, tout est possible.
    Et c’est souvent là que tu grandis le plus.

  • j’écris

    j’écris

    (texte déclamé pour la première fois le 21 août 2025 à Bruxelles à la scène ouverte Lost Words)

    J’écris.
    Sans cesse.
    Comme pour capturer l’essence des choses,
    des moments,
    de la vie.
    La pureté des émotions,
    dans leur naissance,
    dans leur spontanéité.

    J’écris comme je respire.
    Je crée comme j’écris.
    C’est une manière pour moi,
    je crois,
    de figer le temps,
    d’en garder une trace.
    Du temps ou de la vie peut-être ?
    Dans son impermanence,
    dans sa fugacité.

    J’écris sur tout.
    Parfois avec sens et raison.
    Souvent dans un chaos,
    me laissant porter,
    sans logique, 
    suivant mes idées et mes ressentis.
    Et mon esprit les met ensuite en musique. 
    Un peu comme un fil rouge,
    qui connecte chaque pièce,
    chaque morceau de pensée, 
    chaque réflexion.

    Ma vie ressemble à ça :
    une succession,
    ou plutôt un empilement, 
    un univers même, 
    de textes.
    Des notes ici et là.
    Des mots éparpillés, 
    des listes,
    des esquisses,
    des diatribes,
    des poèmes,
    des projets.

    Voilà ce qu’est ma vie,
    une maison remplie de brouillons.
    Une maison de mots 
    qui respirent entre les murs.

  • électron libre

    électron libre

    J’ai toujours été un électron libre.

    Je croise des gens, je tisse des liens, je crée des habitudes; et puis la vie m’emmène ailleurs.

    On croit souvent que les relations doivent durer,  qu’elles doivent s’entretenir coûte que coûte.  Que si elles s’essoufflent ou s’éteignent, c’est qu’on a mal fait les choses.
    Mais est-ce forcément le cas ?

    Je crois que chaque relation existe pour ce qu’elle est,  simplement et pleinement, tant qu’elle a du sens. Les gens entrent, sortent, reviennent parfois. Rien n’est figé, tout évolue.

    Il y a évidemment, parmi ce mouvement permanent, des personnes qui restent.  Et que je compte sur les doigts d’une main. Celles avec qui la loyauté n’a pas besoin de preuves ni de messages quotidiens. Une présence parfois discrète, une évidence.

    Mais malgré tout, dans tout ça, je reste ma seule priorité.
    En amour comme en amitié. Parce qu’on fait notre chemin seul·e, même entouré·e.

    Mon cercle change, se transforme, s’étire et se resserre  au gré de mes étapes, de mes voyages, de mes changements intérieurs. Les gens que j’attire ressemblent souvent à ce que je suis au moment où je les rencontre, ou à ce que j’aspire à devenir. Ils reflètent des parts de moi : celles que je découvre, celles que je cultive, celles que je construis.

    Et je crois que c’est ça la beauté des relations : on se nourrit les uns les autres, sans se posséder, et sans rien attendre, simplement en étant là, sur le même chemin, pour une durée indéterminée.

    On se croise, on s’éclaire, on s’inspire,  et on poursuit notre route, avec quelque chose de différent en nous, plus riches, plus lucides, plus fort.e.s.

    _______________________________________________

    Contexte

    Ce texte, il peut sembler détaché.  Mais c’est pas vraiment le cas.
    C’est juste que je vis autrement mon rapport aux autres et ma manière d’aimer.

    J’ai longtemps eu des comportements toxiques dans certaines relations d’amitié trop fusionnelles. Chez moi, l’attachement a souvent rimé avec possession, contrôle, peur de perdre.
    Aujourd’hui, je travaille à créer un attachement plus sain : sans dépendance, sans emprise.
    Dans la bienveillance, le respect, et la liberté de chacun.e.

    Mais je sais aussi que la frontière est fine… entre détachement et distance, entre paix et fuite.
    Inconsciemment, je peux être dans une logique d’auto-sabotage : me détacher avant d’avoir mal, couper le lien avant d’être blessée.
    Comme si mon cerveau se mettait en mode “off”.
    Et je confonds alors ce vide avec de l’indifférence, alors que c’est peut-être juste la peur inconsciente, tapie en moi, qui parle. Mon plus grand défi c’est justement de trouver cet équilibre entre ressentir et lâcher-prise.

    Mais ce texte, c’est aussi une façon de rappeler que les gens qui sont autour de nous, ici et maintenant, ne nous sont pas liés à jamais. Notre entourage évolue en même temps que nous on évolue aussi.
    On attire les gens qui vibrent à la même fréquence que nous, et cette fréquence change.
    S’éloigner, c’est pas forcément trahir. C’est parfois grandir. C’est parfois juste avancer.

    Je pense que c’est ok de dire au revoir à des gens, sans drame, sans rancune, sans culpabilité. Juste parce qu’à ce moment-là, nos vies, nos visions, nos chemins, ne sont plus alignés.

  • oser dire non

    oser dire non

    (publié sur mon instagram, le 17 septembre 2025)

    Un nom.
    Trois lettres.
    Non.
    Un mot simple.
    Mais un mot dur.

    Non
    Un mot qu’on devrait pouvoir dire sans trembler,
    sans s’expliquer, 
    sans s’excuser.

    Mais dire non, ça déroute ;
    ça démange, ça dérange ;
    ça dénonce, ça démonte ;
    et ça fait peur parfois.

    Parce qu’on croit peut-être qu’une fois est coutume
    et qu’un sourire est un passe droit

    Ma gentillesse n’est pas une porte ouverte.
    Ce n’est pas parce que j’écoute, que je dois répondre. 
    Pas non plus parce que je donne une fois, que je devrai donner toujours.

    Alors j’insiste, je répète, je martèle :
    J’ai le droit de ne pas être disponible.
    Et je ne veux pas me sentir coupable.

    Je refuse cette pression.
    De l’interaction.
    De l’immédiateté.
    Des autres.

    Dire non, c’est dire oui.
    Oui à moi.
    à mon temps,
    à mon énergie.

    Dire non, c’est exister.
    Dire non, c’est décider.

    Sans me justifier.
    Sans m’excuser.
    Sans inventer.

    Non.
    Parce que j’ai besoin de temps.
    Pour moi.
    Pour respirer.
    Pour me recentrer.

    Alors je dis non,
    comme une décision,
    une direction,
    une libération.

    _______________________________________________

    Contexte

    Ce texte est un rappel : apprendre à dire non pour me préserver.
    Ce n’est pas fermer la porte mais c’est m’affirmer.
    C’est dire non aux avances non désirées, aux attentes qui ne me conviennent pas, aux modes de relation qui ne me respectent pas.
    C’est dire non à une disponibilité à la demande ; à cette pression d’être toujours là, toujours prête, toujours gentille.

    Je l’écrivais déjà en 2019 dans un texte de mon journal :

    « On ne peut entretenir une infinité de relations. C’est ingérable et, finalement, malhonnête. J’ai simplement décidé de ne plus être disponible pour tout le monde. Et j’ai parfois la sensation qu’on me le reproche. Qu’on me culpabilise de pas être là dès que l’on me sollicite. Non, je ne veux pas vivre sous pression, ni celle de la sociabilité ni celle de l’immédiateté, et encore moins celle des gens »

    Aujourd’hui je le réaffirme : je veux penser à moi, et je ne veux plus me sentir coupable pour ça.
    Le temps est ma valeur la plus précieuse. Si je passe ma vie à être celle qu’on veut que je sois, à dire oui à chaque requête d’attention, je ne vis plus pour moi.

    Mais je sais aussi que l’équilibre est là : apprendre à répartir mon énergie.
    Parce que parfois, dans mon silence, je peux blesser des gens que j’aime.
    Je le dis souvent : les interactions m’épuisent, alors je décroche, je disparais un peu.
    Mais je ne veux pas que mon absence devienne un « non » qui devienne un mur.
    Ne pas choisir peut aussi être perçu comme renoncer.

    Dire non, l’affirmer sans ambiguïté, c’est fermer la porte.
    Et c’est seulement comme ça que je peux choisir d’ouvrir celles qui comptent vraiment.

  • en dehors du cadre

    en dehors du cadre

    (publié sur mon instagram, le 22 mai 2025)

    “Tu en fais trop”
    “Tu te disperses”
    C’est ce qu’on me dit toujours
    et ce que je me dis aussi souvent à moi-même.
    Mais comment je pourrais faire autrement ?

    Toute ma vie j’ai senti que j’avais ce feu en moi, ce besoin d’essayer plein de choses, de ne pas me limiter. 

    Je me laisse beaucoup porter par le moment, par les choses qui m’intéressent, qui me font envie ou qui suscitent ma curiosité. Et je décris souvent ma vie comme ça : plein de choses à découvrir, plutôt que quelque chose à atteindre.

    A chaque fois qu’on me dit « canalise toi, une chose à la fois, il faut prioriser », je l’entends, je le comprends, mais j’y arrive pas vraiment.

    Je me sens attirée par tellement de choses. Un rien m’inspire, un rien me stimule. J’ai mille idées en tête, l’esprit en ébullition, ça ne s’arrête jamais.

    Et à peine je commence un projet que je réfléchis déjà à un autre. Ecrire, créer, penser, connecter les gens, partager, et puis apprendre, toujours plus. 

    Tout se complète, tout s’entremêle.

    Ce n’est pas que je n’arrive pas à choisir, c’est que je n’en ai pas envie. Je veux tout. 

    Je ne peux pas me limiter à un seul chemin, tant il en existe une infinité, et tant chacun peut me faire vivre une nouvelle expérience et m’apporter une nouvelle perspective.

    Je ne cherche pas à rentrer dans une case. Je veux regarder au-delà. Explorer les marges et penser hors du cadre. Interroger ce qui semble évident, bousculer les normes, réinventer les possibles.

    Et c’est ok de dire parfois : “non, ça ce n’était pas pour moi” ou juste “j’ai envie d’autre chose pour le moment”. Apprendre à gérer l’énergie qu’on donne, à ne pas laisser mille onglets ouverts en même temps, au risque de surchauffer. Et peut-être aussi de ne jamais rien terminer.

    On a toujours au fond de nous un fil conducteur. Quelque chose qui nous ramène à chaque fois à ce que nous sommes, à ce qui nous anime. Il suffit de le trouver. Dans tout ce qu’on fait, dans tout ce qu’on apprend, c’est ce qu’on nourrit.  

    Chaque expérience, chaque essai, chaque erreur, chaque réussite, chaque moment… sont comme les pièces d’un grand puzzle qu’on assemble et qui dessine notre vie. Et c’est souvent en explorant de nouveaux chemins qu’on trouve les morceaux manquants. 

    _______________________________________________

    Contexte :

    Je crois qu’au fond, j’ai toujours su que je ne pourrais jamais suivre un chemin tout tracé. J’ai essayé en quelque sorte, mais je n’y arrivais pas.
    Pendant longtemps, j’ai vu cette envie insatiable d’explorer, cette attirance pour mille choses à la fois, comme une forme de fuite, d’indécision. Une lassitude chronique peut-être.
    Mais aujourd’hui je comprends que ce n’était pas ça.

    J’ai en moi une curiosité immense, vivante, brûlante.
    Petite, je posais toujours mille questions, je me rêvais mille vies. J’ai toujours eu une soif infinie de savoir, d’apprendre, d’expérimenter.
    Et ce n’est jamais parti.

    Je me suis souvent sentie “trop”.
    Trop intense, trop libre, trop dispersée.
    Comme si ma manière de vivre, d’aimer, de m’enthousiasmer, débordait toujours un peu des lignes. Aujourd’hui je fais de mon intensité, de mon instabilité aussi, une force.

    Je vis en quête. En mouvement.
    J’explore des chemins. Pas tant pour leur destination mais pour ce qu’ils me permettent de trouver.
    Je collectionne les expériences, les intérêts, les fragments de moi.
    Pas pour cocher des cases, mais pour sentir, vibrer, apprendre.
    L’essai, l’erreur, l’apprentissage.
    C’est ça qui me guide.

    Mon fil conducteur, c’est écrire. Penser, parler, articuler les mots. J’aime raconter des histoires.
    Je suis passionnée. Je suis mes passions. Et la plus grande qui brûle en moi c’est celle que j’ai de vivre.

  • j’ai rencontré mon moi du passé

    j’ai rencontré mon moi du passé

    (publié sur mon instagram, le 24 février 2025)

    J’ai rencontré la moi de 23 ans dans un café.
    On est toutes les deux arrivées avec 5 minutes de retard. Elle a pris un thé au gingembre parce que le café lui donne mal à ľestomac, moi j’ai hésité entre un cappuccino et un matcha au lait d’amande, mais j’ai finalement commandé le matcha. Et un pain au chocolat aussi. Elle m’a regardée, surprise. Je lui ai dit que je n’avais plus peur de manger et que mes troubles alimentaires ne me contrôlaient plus.

    Elle m’a demandé si j’écrivais toujours. J’ai souri en lui disant que j’avais compris qu écrire c’était ma raison d’être, mon fil conducteur et que, même quand je doute de tout, je ne doute pas de ça. Elle a souri aussi.

    Je lui ai raconté que javais vécu en Allemagne, que je voyageais beaucoup, que je revenais d’ailleurs d’un an en Australie, et que j’y retournais bientôt. Elle m’a regardée les yeux écarquillés en me demandant si j’étais riche. J’ai rigolé en lui disant que l’argent, ça va ça vient, mais que les souvenirs qu’elle créera sur la route, eux, resteront pour toujours.

    Elle m’a dit qu’elle avait du mal à imaginer comment l’avenir pourrait être lumineux tant son mal-être la ronge, mais qu’elle a envie d’y croire, elle a commencé une thérapie. Je lui ai répondu qu’elle s’apprendrait plus qu’elle ne peut limaginer et qu’elle devait faire confiance au processus.

    Elle a voulu en savoir plus, déjà prête à écrire une to-do list et un plan d’action. Je ne la blâme pas, je suis pareille. Mais je lui ai dit qu’on ne pouvait pas tout prévoir et que la vie était pleine de surprises.

    Avant de partir, elle m’a demandé si j’étais heureuse. Je lui ai dit que je me sentais heureuse d’être actrice de ma vie, que ça m’arrivait encore de me sentir perdue mais qu’au final c’était souvent le meilleur moyen pour me retrouyer, J’ai ajouté que le temps lui apprendra que le bonheur c’est un état d’esprit, une manière de voir la vie, davantage qư’un objectif. Que ce serait pas toujours simple, qu’ily aurait encore des tas de doutes, de peurs, de remises en question, et de moments où elle ne se sentira pas assez. Mais que ces moments seront de moins en moins fréquents et de plus en plus courts. Je lui ai dit que son hypersensibilité ne serait pas une fatalité si elle apprenait à en faire une force créatrice.

    On s’est prises dans les bras. Je lui ai murmuré que quoi qu’il arrive, elle devait se faire confiance et se mettre moins de pression. Qu’elle devait oser sans attendre que tout soit parfait. Je crois que je parlais autant à la moi de 23 ans qu’à la moi d’aujourd’hui à cet instant. J’ai payé pour nous deux, elle m’a remerciée en me promettant qu’elle m’inviterait en retour quand je reviendrai la voir. Elle m’a dit au revoir en me disant qu’elle était fière de moi.

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    Contexte

    J’avais vu cette trend passer plusieurs fois, mais j’ai mis du temps à la faire. J’avais l’impression que tout le monde mettait surtout en avant une version qui a « réussi » par rapport à son soi jeune. Et moi, je ne me sentais pas nécessairement légitime de dire ça comme ça.

    Soyons honnêtes, je ne coche pas vraiment les cases de la réussite selon ce qui est le plus communément perçu comme tel : je n’ai pas construit de carrière, pas lancé de business, pas de relation amoureuse stable, pas acheté de maison … et je ne sais absolument pas où je serai dans deux ans.
    Mais j’ai envie de dire que je vis selon ce qui me fait vibrer. Je me suis toujours vite lassée, j’ai toujours eu besoin de changement et de renouveau pour me sentir vivante. Alors oui, je suis mes envies et mon intuition. Et ça me mène souvent hors de ma zone de confort, vers l’inconnu et l’instable.

    Si je me compare à la Sarah de 23 ans, je réalise évidemment que j’ai changé. Les expériences m’ont fait évoluer, et j’ai vécu des choses que je n’aurais jamais pu penser possibles ou atteignables à l’époque. J’ai grandi, et je me sens capable de vivre selon mes propres règles.
    Pourtant, je lui ressemble encore sur certains points. J’ai encore des peurs, des doutes, et des freins. Je suis encore parfois cette petite meuf qui se sent pas assez. Même si j’ai davantage confiance en moi, j’ai encore du mal à avoir confiance en ce que je fais.

    Mais si la moi de 23 ans me voyait aujourd’hui, je crois qu’elle serait fière. Parce que je n’ai pas abandonné. Parce que j’ai transformé ce qu’elle appellait des rêves en réalité. Et je pense qu’aujourd’hui, elle me rappellerait que si je l’ai fait avant, je peux encore le faire.
    Alors, on se dirait toutes les deux que chaque nouvelle montagne, on réussira à la gravir, à condition d’y aller étape par étape.