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  • 9 – les amitiés en voyage

    9 – les amitiés en voyage

    Quand tu pars seul.e à l’étranger, au final tu l’es jamais vraiment.
    En vérité, tu rencontres tellement de gens sur la route.
    Et quand t’es loin de chez toi, c’est dingue à quel point les connexions, elles se créent super rapidement. Et tout ce que tu vis, tout ce que tu partages avec les autres, c’est intense, c’est fort. 

    Je crois que c’est parce qu’on vit des choses uniques ensemble. Peu importe d’où on vient, peu importe ce qu’on a vécu avant. On partage la même expérience de voyageurs. Surtout quand tu crées des habitudes avec les gens pendant des semaines, des mois. 

    Je vous promets que même si on sait que les au revoir ça fait partie de l’aventure, vraiment, c’est dur. C’est dur à chaque fois. Parce que c’est un peu les repères que tu te crées. C’est ce sur quoi tu te reposes. C’est justement ce qui t’aide à pas te sentir seul.e.

    Et au fond, dès que tu rencontres des personnes avec qui tu partages un petit bout d’aventure, tu sais que tu pourras plus jamais vraiment revivre l’amitié de la même façon. Même si on reste en contact, même si on reste amis, même si on se revoit. Et je crois que dans les amitiés à l’étranger, c’est justement ce caractère éphémère, cette sensation d’avoir vécu quelque chose d’unique, qui rend le truc encore plus beau et fort.

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    Contexte :

    Vous le savez forcément si vous êtes backpackers, on rencontre tellement de gens sur son chemin quand on voyage.

    En Australie, encore plus que quand j’étais expat à Munich (je pouvais le sentir aussi mais différemment parce que quand on est expat, on n’est pas dans cette dynamique de nomadisme), j’e sens’ai senti cette intensité qui va de paire avec le côté éphémère des relations.

    Il y a des connexions qui se créent au fil du temps, d’autres instantanément. On partage des moments ensemble, parfois juste pour quelques jours ou quelques semaines ou quelques mois, et tout est décuplé ici. Il y a quelque chose de spécial, probablement parce que l’aventure l’est aussi.

    Je dis pas qu’aucune amitié est destinée à durer dans le temps. En vrai j’aimerais bien rendre visite à bon nombre de copains rencontrés ici et qui viennent de partout dans le monde. Mais le truc c’est que ce sera forcément différent de ce qu’on a vécu, parce que c’est plus le même contexte. Et on peut pas garder la même intensité tout le temps, certainement pas avec tout le monde…

    Alors on se dit au revoir, on pleure, on se dit qu’on se reverra (et je pense qu’on y arrivera pour certains), et puis on continue notre chemin et on avance. On avance parce que ça fait partie de l’aventure, on le sait. Les séparations à répétitions, c’est dur, c’est triste. Mais c’est probablement ce qui fait aussi la beauté de chaque moment partagé.

  • 8 – être loin

    8 – être loin

    En partant au bout du monde, je ne pensais pas que je ressentirais autant le manque. J’avais déjà vécu à l’étranger et je pensais que c’était ok pour moi. Mais c’est la première fois que je reste si longtemps loin de mes proches.

    D’un côté, être à l’autre bout du monde et se sentir aimée et entourée malgré tout, c’est un sentiment incroyable. On est loin de nos repères mais on s’en crée de nouveaux et on vit des trucs uniques, et c’est beau. Mais de l’autre côté, il y a l’absence qui pèse. Pas tout le temps, mais à certains moments plus que d’autres. Ces soirées autour du feu que j’aimerais partager avec ma famille. Ces couchers de soleil où j’aimerais que mes amis soient là avec moi. Ces balades dans la nature que j’aimerais vivre avec ma maman. Je leur donne un aperçu de ma vie, mais ils sont pas là pour les vivre avec moi. 

    Et me dire que je manque tellement de choses de la vie des personnes que j’aime, c’est pas simple en vrai. ça me fait mal de pas pouvoir assister aux événements importants, ni à tous ces petits moments du quotidien. Et parfois je me sens coupable. Coupable de pas être aussi présente que je le voudrais. De pas envoyer assez de nouvelles, de pas en prendre assez. Je sais qu’on vit sa vie pour soi et pas pour les autres. Et je suis reconnaissante pour tous ces moments incroyables que je vis. Mais il a fallu que je parte à l’autre bout du monde, pour réaliser à quel point c’est important pour moi d’être proche des gens que j’aime. Je suis loin mais si vous saviez à quel point je pense à vous.

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    Contexte :

    C’est dur parfois d’être celle qui est loin. Celle qui rate les petits et les grands moments de la vie des gens qu’elle aime. Celle qui voyage et qui ne sait jamais trop quand elle reviendra.

    Choisir c’est toujours un peu renoncer. Et en choisissant de partir, j’ai renoncé à cette vie que j’avais. En Belgique, mais aussi en Allemagne. A ces moments avec les personnes que j’aime et qui partageaient ma vie. A ces habitudes. A tout ce qui aurait pu être.
    Et je sais pourquoi je l’ai fait.
    C’est dur, oui, mais cette vie que je mène, j’en suis tellement heureuse. Et je ne voudrais revenir en arrière pour rien au monde.
    Et c’est en ça que ce sentiment il est ambivalent.
    Il y a le manque et la nostalgie de tout ce qu’on a laissé d’un côté,
    et puis la joie et l’excitation de vivre autant de choses qui nourrissent mon âme.

    Mon bonheur il se trouve à la fois auprès des gens que j’aime (et c’est aussi pour ça que je réalise désormais que je pourrais pas vivre aussi loin pour toujours), et dans les aventures que je vis pour moi (c’est pour ça que je pourrais jamais rester au même endroit juste pour être avec les gens que j’aime).
    Je pense que je pourrais jamais vraiment décider ce qui est le plus important. Je le veux pas d’ailleurs. Le seul moyen de pas trop en souffrir, c’est de trouver un équilibre entre les deux

  • 7 – être seule

    7 – être seule

    Je me rends compte de jour en jour à quel point c’est important, essentiel même, de vivre sa vie pour soi. De comprendre ce qui est bon pour nous, ce qui nous apporte de la joie, et d’aller vers ça. 

    Le truc c’est que si on attend sans cesse de nos relations, amicales, familiales, amoureuses – peu importe – qu’elles nous comblent, qu’elles nous définissent, on ne sera jamais réellement heureux.

    Apprécier les moments de solitude… Et même au-delà de ça, juste construire sa vie seul.e, être capable de penser à soi et à ce qu’on veut dans la vie, sans dépendre des autres, sans attendre les autres, ça s’apprend.

    Moi j’ai toujours cru que je n’aimais pas être seule. Peut être parce qu’être seule c’est me confronter à moi-même. A mes pensées, à mes peurs, à mes parts d’ombres aussi.

    Aujourd’hui j’accepte de plus en plus cet aspect de moi. Et je dirais même que j’ai besoin de ces moments à moi. Besoin de prendre mes propres décisions, de suivre mes propres envies. 

    Ça ne veut pas dire que c’est toujours simple, mais en vrai vous savez ce qui est incroyable ?  Le sentiment de se dire “Oui je suis actrice de ma vie”

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    Contexte :

    Je suis à Cooktown quand j’écris ces mots, dans le far north queensland, et je travaille dans un resort pour mes 88 jours. Je vis en communauté, entourée de gens, depuis plus de deux mois… Les moments où je suis seule sont rares, et j’ai compris à quel point je les chéris. C’est pendant cette période que je réalise véritablemen cette dissonance en moi entre la Sarah sociable et la Sarah solitaire. Ce moi introverti qui demande à reprendre sa place. J’ai, à ce moment-là, un vrai déclic, que je développerai à plusieurs reprises par la suite.

    Faire sa vie seul.e, ça ne veut pas dire qu’on l’est vraiment. Je me sens entourée et c’est quelque chose dont j’ai besoin. Mais ce que j’ai réalisé, et ce sur quoi je travaille depuis longtemps, c’est que je ne dois pas attendre des autres qu’ils me rendent heureuse. J’ai compris que mon bonheur c’est moi qui le crée. Je ne peux pas contrôler ce qui se passe autour de moi, ce que font les gens, ce qu’ils pensent. Mais je peux contrôler ma manière d’y réagir.

    Je me sens actrice de ma vie. Auteure même. Je la façonne à ma façon par les choix que je fais. Et c’est ça le truc : c’est moi qui prends les décisions pour ma vie et mon bonheur. Je ne me sens pas spectatrice de ce qui se passe autour de moi. Je me sens libre. Libre d’être où je veux, d’être qui je veux, de faire ce que je veux.
    Ça c’est incroyable.

    Partir en Australie, je crois que ça a été un game changer pour ça. Parce que plus que jamais je sais que rien ne peut m’arrêter. Que si j’ai envie d’atteindre quelque chose, je peux le faire. Et ça, ça me donne le sentiment d’avoir un vrai pouvoir sur ma vie.

  • 6 – me trouver

    6 – me trouver

    A 26 ans j’ai décidé de partir vivre à l’étranger. Et je me dis souvent
    que c’est comme si ma vie avait commencé à ce moment là.
    Comme si tout ce que j’avais vécu avant
    était une répétition.
    Ou plutôt un entrainement.
    Construisant la personne que je suis,
    en me préparant à ce que j’allais vivre ensuite.

    Je crois que c’est ce que j’attendais depuis toujours.
    Partir.
    Parce que j’ai toujours eu du mal
    à me sentir à ma place chez moi.
    J’ai toujours eu l’impression d’étouffer,
    de manquer de quelque chose.
    J’ai jamais, je crois, voulu partir pour fuir,
    mais plutôt pour me trouver.
    Pour découvrir autre chose.

    Et parfois je me dis que ce serait plus simple
    si j’étais en pilote automatique.
    Si j’avais suivi un chemin tout tracé.
    Carrière, maison, mariage, enfants.
    Mais j’arrivais pas à me projeter là dedans. J’aspirais à autre chose.
    Et c’est toujours le cas d’ailleurs.

    J’ai 29 ans
    et quand on me demande ce que je fais dans la vie,
    ou quels sont mes projets,
    je sais pas trop quoi répondre.
    Je me sens perdue parfois.
    Et je doute souvent.
    Mais ce dont je suis sûre,
    c’est que je veux me sentir libre.

    Découvrir le monde.
    Accumuler les premières fois
    et les moments qu’on n’oublie pas.
    Dans le frisson des nouvelles expériences.
    C’est là que je me sens à ma place.

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    Contexte :

    Je revenais d’Indonésie où je suis restée 3 semaines après avoir quitté Sydney, et ça m’a beaucoup questionnée (une fois de plus) sur la vie que je voulais. Après m’être projetée à Sydney, j’étais là sur un scooter à Bali en train de me dire que je pourrais vivre d’amour et d’eau fraiche, simplement, les pieds dans l’eau, entre deux séances de yoga et d’écriture.

    Depuis toujours, j’ai ce sentiment de vouloir toujours plus. L’envie de tout faire. De tout vivre. Je dis souvent que je cours après le temps. Parce que j’ai peur d’en manquer. Peur de rater des choses. De ne pas vivre assez. De ne pas trouver ce pour quoi je suis faite.

    C’est quelque chose que je ressens d’autant plus fort quand je me compare aux autres. Encore plus dans ce chapitre nouveau qu’est la trentaine (je n’y étais pas encore au moment de publier ce texte).
    Pourtant je sais que le timing est personnel et que chaque chemin est différent.
    Et on n’aspire pas toutes et tous à la même chose.
    Mais bon, ça génère beaucoup de questions et de peurs en moi.
    Quand on dévie de la route principale, on ne sait jamais si le chemin dérobé qu’on a choisi sera le bon chemin.

    Et depuis que je suis partie loin de chez moi, il y a ce sentiment d’instabilité permanente. Une instabilité qui me pousse d’autant plus à me remettre en question et à douter. Une instabilité qui me demande de sortir de ma zone de confort. C’est inconfortable du coup, mais en même temps je sais que c’est ce qui me plait.
    Quand j’ai peur, mais que ce n’est pas ça qui m’arrête .

    J’ai encore beaucoup de choses à découvrir, sur le monde et sur moi-même. Je ne me sens pas toujours à la hauteur de mes ambitions, j’ai encore trop souvent des pensées et comportements limitants. Je sais que je douterai encore mille fois, et que je ne cesserai de remettre en question mes choix.
    Mais je sais aussi que ça fait partie du chemin.
    Et je crois que c’est ok 

  • 5 – mes paradoxes

    5 – mes paradoxes

    Je suis solaire,
    pourtant j’ai mes parts d’ombre.
    Je suis remplie d’espoir et de positif,
    pourtant je peux être très mélancolique.
    J’ai confiance en moi,
    pourtant j’ai souvent la sensation de ne pas être assez.
    J’aime aller de l’avant,
    pourtant parfois je ne peux m’empêcher de repenser à des situations passées.
    J’essaie de développer des relations saines,
    pourtant je peux avoir des comportements toxiques.
    Je suis remplie d’amour,
    pourtant je peux être très détachée.
    Je suis un petit coeur, pourtant je peux m’énerver pour un rien.
    Je suis quelqu’un d’extraverti et de sociable,
    pourtant c’est seule que je recharge mes batteries.

    Les paradoxes font partie de moi.
    Pas à pas, j’apprends à les dompter.
    Entre le jour et la nuit,
    le feu et la glace,
    le silence et le bruit.
    J’essaie de trouver un équilibre.

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    Contexte :

    Je suis pétrie de contradictions, je le sais. Quel humain ne l’est pas, vous me direz.
    Je vous parle souvent de l’intensité avec laquelle je ressens, avec laquelle je vis.
    Ça se marque aussi dans les paradoxes qui font de moi celle que je suis.
    Dans le contraste des contraires en moi.

    Parfois je trouve ça fou de me dire que je peux être si différente selon les moments.
    Comme si plusieurs personnalités coexistaient en moi.
    C’est pour ça que j’essaie toujours de comprendre ce qui se passe en moi. Ce qui déclenche tel ou tel sentiment, tel ou tel comportement. ça demande beaucoup d’énergie de s’analyser et de se remettre en question.

    C’est inconfortable aussi, parce que je prends conscience de mes défauts et des choses que je pourrais améliorer. Je me confronte à ces parts d’ombre qui ne sont pas celles que je veux montrer. Et qui existent pourtant. Que je ne peux cacher parfois. Mais je sais que c’est ce qui m’aide à apprivoiser ces paradoxes. Et à en tirer le meilleur. C’est ce qui m’aide à évoluer 

  • 4 – m’attacher

    4 – m’attacher

    J’ai jamais trop réussi à m’engager réellement, ni voulu je pense.
    J’ai toujours beaucoup papillonné.
    Toujours eu ce côté très libre et très changeant.
    Je me lasse vite et j’ai besoin de nouvelles expériences. 

    Du coup ca a toujours été très compliqué pour moi de m’attacher.

    Et puis, je crois que j’ai tellement toujours eu peur d’être décue, rejetée, pas aimée, que je me suis construite avec des barrières mentales qui me font toujours ressentir une forme de détachement.
    Je crée des connexions, oui. et j’aime beaucoup ça.
    Mais pas assez pour laisser les barrières tomber et m’attacher vraiment. 

    Pourtant, je vous jure, je brûle d’envie de ressentir des papillons dans le ventre.

    Et ça m’est déjà arrivé. De laisser grandir cet attachement, le rendant presque viscéral. Le genre de relation où on plonge à corps perdu. Où on se dit qu’on n’avait pas vraiment connu l’amour avant et qu’on le connaîtra plus jamais comme ça. 

    J’ai aimé, vraiment. Je me suis attachée. Très fort.
    Et j’ai souffert. Beaucoup.
    Et parfois, j’ai peur de ne plus tomber amoureuse. Que ce soit impossible de ressentir quelque chose de si fort, de si intense. Ni même de me laisser le ressentir tout court.
    Même si je sais que c’est pas comparable.
    L’amour passionnel c’est presque inévitablement toxique. On brûle donc on ressent très fort, oui. Mais on brûle, donc ça nous détruit.
    Et je veux plus ça.

    Mais j’ai peur que ce qui séduise chez moi ce soit précisément mon détachement. Ce caractère éphémère et insaisissable que je peux avoir. J’ai peur que la conquête de mon coeur soit juste un défi à relever. Alors que moi ce dont je rêve c’est quelqu’un qui soit prêt à conquérir le monde avec moi.

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    Contexte :

    J’avais commencé à écrire ces mots quelques semaines avant de publier ce texte sur instagram. Une succession de petites choses, et puis un déclic. Moi qui m’étais toujours un peu dit je ne pourrais jamais réellement m’engager dans une relation de couple, je commençais petit à petit à réaliser que ça pourrait être aujourd’hui quelque chose que j’aimerais beaucoup vivre. Et pour laquelle je pourrais être ouverte. Une relation saine et constructive, avec un coéquipier de choc. Une relation où on rit, on découvre, on cultive le plaisir, on se soutient, on s’inspire, on s’élève. Et ça c’est en grande partie parce que je vivais une romance à distance. Qui aura quand même duré quelques mois avant de s’essoufler (si au début la distance pouvait créer une forme de fantasme de la rencontre, mon détachement a repris le dessus, par l’absence de vrais contacts physiques et la disparition progressive d’un manque idéalisé)

    Ceci étant, je crois que j’ai compris à ce moment là, qu’aimer c’est une condition nécessaire pour une relation mais pas forcément une condition suffisante. On peut s’aimer mais s’aimer mal. On peut s’aimer mais ne pas se correspondre. Que même en étant attachés l’un à l’autre, même quand on ressent un amour infiniment puissant, ça ne veut pas forcément dire qu’il est sain ni qu’il est fait pour durer. Parce que l’amour ça se ressent, mais une relation ça se construit. Et il m’aura fallu vivre trois relations avec la même personne pour réaliser ça.

    Aujourd’hui, j’ai encore des peurs mais j’évolue, je le sens.
    Chaque expérience m’amène un peu plus à comprendre ce que je veux, et ce que je ne veux plus. Je peux dire que j’aimerais réapprendre à faire tomber mes barrières. Sentir que je peux prendre le risque et lâcher prise. Sans attentes, ni pression, j’ai senti à ce moment là, que j’étais à nouveau prête à aimer et à l’être.

    Aujourd’hui, c’est toujours un sentiment qui me traverse, même si je m’interroge beaucoup sur les modalités des relations auxquelles j’aspire. Sur ma sexualité, sur la définition de la liberté, sur le polyamour… Mais j’y reviendrai sans aucun doutes sur de prochains textes…

  • 3 – penser à moi

    3 – penser à moi

    J’ai souvent dit qu’il me faudrait deux vies au moins : une pour les autres et une pour moi. Mais c’est pas comme ça que ça marche. Et je suis seulement en train de le réaliser.

    J’aime profondément les gens. Créer des liens, connecter avec les autres. Et puis aussi cette sensation que me procure une conversation intéressante avec quelqu’un d’intéressant. Je me nourris beaucoup des interactions que j’aies.  Mais c’est presque comme une drogue… ça me fait du bien mais c’est pas forcément toujours bon pour moi. Je ressens trop souvent ce besoin de devoir me rendre disponible pour tout le monde. De devoir accorder du temps à chaque personne qui me sollicite. Tellement que je m’oublie. Je fais passer les envies des autres avant les miennes, leurs demandes avant mes besoins. Probablement parce que je cours après ce désir de me sentir aimée et importante.  Mais je commence à comprendre que je peux pas accorder mon temps à tout le monde. Que je peux pas vivre pour exister dans la vie des autres. Parce que la vie est précieuse. Parce que le temps est compté.

    J’ai des rêves, des envies  et des projets à réaliser. Et pour ça, j’ai besoin de temps pour moi,  et d’énergie aussi. Je me rends compte aujourd’hui que les personnes qui m’aiment, et qui croient en moi, elles me font pas me sentir coupable quand je suis absente.  Au contraire, elles me comprennent et me soutiennent.  C’est l’énergie que je choisis. Parce que c’est ma vie, et la vie n’ en a qu’une. C’est trop important. Si on vit pas en pensant à soi, qui le fera pour nous ? 

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    Contexte

    Le fait que je sois sociable et empathique, ça me fait créer beaucoup de liens. Je me sens reconnaissante d’avoir autant de gens autour de moi, qui m’apprécient, qui prennent de mes nouvelles, qui veulent passer du temps avec moi… Mais d’un autre côté c’est beaucoup de pression.

    En prenant sans cesse du temps pour les autres, j’ai l’impression de créer des attentes aussi. Mais je ne me sens pas capable de laisser croire à quelqu’un qu’il ne compte pas ou que je m’en fous. J’ai peur que mon absence ou mon indisponibilité donne l’impression que l’autre n’est pas important. Et peut-être aussi me fasse tomber dans l’oubli. Je crois que j’ai besoin qu’on ait besoin de moi en fait. Besoin de me sentir utile, aimée, importante. FOMO (Fear of missing out) en plein dans le mille, ouais.

    Presque inconsciemment, je fais tout mon possible pour que ceux qui croisent mon chemin m’apprécient, mais cet effort permanent aspire mon temps et mon énergie, et me fait me sentir mal, inexorablement. Je finis souvent par me sentir coupable ou utilisée, et probablement jamais à la hauteur de l’omniprésence souhaitée.

    J’ai souvent écrit que j’allais prendre du temps pour moi et me détacher de ce besoin des autres. Mais cette fois je sais que je suis sur la bonne voie. Partir c’est souvent le meilleur moyen de déconnecter. Et aussi de voir les personnes qui restent dans notre vie. Peu importe la distance et le temps. Choisir les personnes qui nous soutiennent quand on doute et sont heureuses quand on se sent bien.

    It’s not your work to exist for people and give your life to them” disait Anthony Hopkins (dans une longue réflexion que je vous invite à aller lire). Ça m’a foutu une claque. Je suis tombée par hasard dessus, et j’ai pris ça comme un signe. J’ai compris que je ne pouvais plus distribuer mon temps et mon énergie sans limite. Pas pour ne penser qu’à moi, loin de là. J’en serai incapable de toute façon. Mais se mettre en priorité pour créer notre propre vie. Parce que personne ne le fera à notre place.

  • 2 – je déborde

    2 – je déborde

    Depuis toujours, je ressens tout très fort. Les joies comme les peines. Les moments de solitude, les moments de fête. Je suis dans une sorte d’hypersensibilité constante. Ce qui semble être un détail pour beaucoup, moi, peut me toucher très fort.

    Je suis bien souvent l’excès. Je suis bien souvent le trop plein. J’ai la sensation d’être en permanence dans des montagnes russes.  D’abord il y a l’ascension. Je ressens une énergie et une motivation sans limites, ce qui me donne l’impressionque je pourrais soulever des montagnes. Je me sens aimée et puissante. C’est dans ce genre de moment que mon esprit va s’agiter et que je vais réussir à donner corps à mon imagination. J’ai mille idées et la brûlante envie de les mettre en œuvre. Et puis il y a la redescente. Où j’étouffe sous la pression. Où je me noie dans le stress de mes envies et de mes ambitions. Dans ces moments-là, je me sens perdue, et j’ai l’impression d’être paralysée. J’ai cette sensation que j’évoque souvent, celle de ne “pas être assez”. 

    Et dans ces oscillations incessantes, j’ai l’impression parfois que je ne connais que peu la nuance. Soit j’exulte, soit je m’éteins. Qu’il s’agisse de plaisir, de mélancolie, d’amour, de rire, de pensées, de vie. En fait, je déborde toujours. Mais c’est qui fait que je me sens vivante.

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    Contexte :

    Depuis aussi loin que je m’en souvienne, ça a toujours été dur de gérer l’intensité de mes émotions. J’ai souvent cité Flaubert qui disait “ce qui érafle les autres, me déchire”
    Quelles qu’elles soient, elles arrivent bien souvent comme pourrait arriver une tornade. Et on n’arrête pas une tornade. On peut juste apprendre à reconnaître les signes, et à s’en protéger.
    J’ai appris à anticiper mais je me laisse quand même encore souvent emporter. C’est juste que, plus j’avance, plus j’apprends à me connaître et à comprendre ce qui va m’apaiser. Et moins je laisse la tornade faire des dégâts.

    Je ne peux pas m’empêcher de ressentir mes émotions mais je les canalise en rationalisant, en relativisant, et surtout, en passant à l’action. Quand je touche le fond, c’est précisément là que je rebondis le mieux. C’est là que je me force à créer l’impulsion qui me fera remonter à la surface. En d’autres termes, c’est là que je me bouge le cul.

    C’est aussi important pour moi d’accepter cette dualité en moi : on voit souvent mon côté solaire, et c’est vrai qu’il rayonne beaucoup ; mais j’ai aussi ma part d’ombre, et il peut apparaître avec la même intensité.

    Mais s’il y a une chose que j’ai appris à me répéter, c’est celle-ci : c’est dans la nuit la plus noire, qu’on apprécie la plus faible des lumières.
    Quand je souffre, je me rappelle toujours que l’intensité avec laquelle je ressens la douleur, elle sera la même quand je ressentirai le moindre petit bonheur. Chaque coucher de soleil, chaque nouveau paysage, chaque rencontre, chaque caresse, chaque rayon de soleil sur ma peau, chaque fou rire. Déborder de bonheur, c’est quelque chose vous savez. Et franchement, ne serait-ce que pour ça, je ne changerais rien.

  • 1 – être moi

    1 – être moi

    Ce que je trouve génial sur les réseaux, c’est ce champ infini des possibles. On échange, on s’inspire. Mais on se compare aussi beaucoup. Ce qu’on montre, c’est qu’une petite fenêtre de ce qu’on vit. Je le sais. Sauf que je me retrouve souvent dans une quête impossible de la perfection. 

    Parce que “suis-je assez si je suis pas parfaite ?”.

    Cette question elle m’ a toujours obsédée. C’est fou parce que je suis heureuse, et je suis plutôt fière de moi. Mais je finis toujours par voir tout ce que j’ai pas. Tout ce que je fais pas. Tout ce que je suis pas. Et à force de scroller, ça renforce mon sentiment de pas être assez. 

    Des fois j’ai juste l’impression d’être nulle, de pas avancer, de pas pouvoir réussir mes projets aussi bien que les autres. C’est un gros frein en vrai.

    Mais plus je réfléchis à tout ça, plus je me rends compte que moi ce qui me touche et m’inspire, c’est l’authenticité . 

    Et en fait c’est ça le sens que j’ai envie de donner à ce que je partage. 

    Être moi. 

    Avec ma curiosité et mon audace, et puis aussi mes peurs et mes failles. 

    C’est ce que j’ai envie de montrer et c’est ce que j’ai envie de voir aussi. Du vrai. Juste être soi, oui. Parce que c’est ce qu’on fait le mieux finalement. 

    Alors voilà ce que je veux qu’on voit de moi : précisément tout ce que je suis  quand personne ne me voit.

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    Contexte :

    Toutes ces choses que j’ai en tête, je les partage beaucoup en privé, dans la vraie vie ou par messages interposés. J’ai toujours essayé de donner corps à mes introspections. C’est aussi ce que je faisais en écrivant sur mon blog. Souvent je me perds parce que mon besoin de reconnaissance, mon perfectionnisme maladif et mon envie de briller m’amènent à trop réfléchir à l’image que je renvoie. J’ai toujours eu cette peur de pas être à la hauteur et qu’on ne voit pas tout ce que j’ai en moi. 

    Le truc c’est que spoiler alert : je suis pas parfaite. J’aime courir mais je suis pas marathonienne, j’aime écrire mais je sors pas des articles toutes les semaines, j’aime chanter mais je suis pas chanteuse, j’aime cuisine mais je me destine pas à être Chef étoilé, j’aime en apprendre sur le vin mais je suis loin d’être oenologue, j’aime créer du contenu mais je veux pas être influenceuse. 

    En fait, je suis juste moi. Avec mon envie d’essayer, d’échouer, d’apprendre, de progresser. Je suis juste moi. Comme la plupart d’entre nous. Intéressée par tellement de choses, mais sans être experte en tout.

    Plus j’avance et plus je suis convaincue d’une chose : ce qui m’anime c’est partager. Des émotions, des réflexions, des opinions, et des moments. J’ai cette soif immense de découvrir. De vivre intensément sans me mettre de limites. Et c’est ça que j’ai envie de transmettre ici. Dans toute la complexité et l’hétérogénéité de nos êtres. échanger c’est ce qui me nourrit. J’adore raconter ma vie, mais j’aime aussi beaucoup écouter ce que vous avez à raconter sur la vôtre.

    Alors tout ça prendra probablement plusieurs formes, plusieurs chemins. Je ne veux pas me limiter ou me catégoriser. ça évoluera et fluctuera en même temps que moi. Mais je sens que c’est ma voie. Mon fil d’ariane. 

    A l’heure où l’instantanéité est légion, tout va vite et les vues guident les contenus. A l’heure où on n’a pas le temps, moi j’ai envie d’en prendre. 

    Je fais ça pour moi, parce que j’en ai besoin. Mais aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule à avoir tout ça en moi. Peut-être pas toujours avec la même intensité, ni exactement de la même manière. Mais j’aimerais que vous qui, comme moi, vous sentez parfois seuls face à toutes vos émotions et pensées, vous puissiez sentir qu’en réalité vous ne l’êtes pas.

  • s’émerveiller

    s’émerveiller

    (publié sur mon instagram, le 4 août 2025)

    Je fais partie de ces personnes qui s’émerveillent de toutes les petites choses.
    Que je les trouve doux ces petits détails du quotidien.
    Que d’autres ne voient pas forcément,
    ou qu’ils ne remarquent plus.

    Les nuages qui dessinent des formes dans le ciel,
    les premiers rayons du soleil,
    le bruit des vagues,

    l’odeur du café et du pain grillé le matin,
    les draps frais après une journée de travail,
    la première bouchée d’un plat qu’on adore,

    le sourire sincère d’un.e inconnu.e,
    se sentir vraiment compris.e, croiser par hasard quelqu’un qu’on apprécie,

    une phrase qui résonne parfaitement en nous,
    une chanson qui arrive exactement au bon moment,
    une tache en forme de cœur,

    Un rien me touche. Un rien me fait sourire. 

    Parfois on dirait une enfant je vous jure.
    Je m’émerveille de tout.
    Et la chose la plus simple peut parfois illuminer toute ma journée.

    Redécouvrir les lieux qu’on connait,
    regarder autour de soi,
    voir les choses sous une autre perspective.

    C’est peut-être naïf,
    mais j’ai envie de croire
    que réussir à voir la beauté
    dans les petites choses de la vie,
    c’est une bonne façon de cultiver le bonheur.
    Et de se dire que la vie est belle.

    _______________________________________________

    Description:

    Voir le beau. Ou plutôt choisir de voir le beau.
    Parce que c’est un choix.
    Une manière de marcher dans le monde,
    les yeux un peu plus grands,
    le cœur un peu plus ouvert.
    C’est s’attarder sur les choses simples,
    les savourer.

    Le bonheur ne se trouve pas forcément dans les grandes réussites,
    les événements hors du commun.
    Il se glisse dans les interstices.
    Il chuchote,
    mais on peut l’entendre crier,
    pour peu de prendre le temps de tendre l’oreille.
    Il se niche dans un éclat de rire,
    une odeur familière,
    une chanson oubliée.
    Il est là, dans l’instant présent,
    si on regarde bien.

    Pour que ce ne soit pas l’extérieur qui dicte mon humeur,
    mais le regard que je choisis de poser sur lui.
    Et peut-être que c’est là qu’on retrouve le pouvoir, 
    dans la capacité à créer en soi de la lumière,
    même quand tout semble gris.
    Parce que le bonheur,
    ce n’est pas vraiment ce qui nous arrive,
    c’est ce qu’on décide d’en faire.